De l'inquiétude à la confiance

 

Série Sermon sur la montagne # 10 - Message par Yanna Van de Poll, le 2 mars 2014

Nous continuons notre réflexion sur le Sermon sur la montagne et aujourd’hui, nous en sommes au chapitre 6.24-34 de l’Évangile de Matthieu. Le message clé de ce passage est clair : ne vous inquiétez pas.

Mais qui d’entre nous ne s’inquiète jamais ?

La vie au 21ème siècle est l’une des plus stressantes qui existe! On s’inquiète de  la situation économique actuelle, on s’inquiète de son état de santé,  au sujet de ses enfants, de ce qui se passe à l’école, de son emploi, de ses relations personnelles, et j’en passe.

Pourtant, Jésus nous dit ce matin : « Ne vous inquiétez pas » Il le dit même à trois reprises dans le passage que nous venons de ‘lire (v.25, v.31, v.34), pour souligner combien il est important de ne pas s’inquiéter.

La nourriture et les vêtements sont des besoins de base de chacun. Combien entre vous ont mangé le petit déjeuner avant de quitter la maison pour venir à l’église ce matin ? Mais, si un jour il n’y a rien à manger dans l’armoire et dans le frigo, que feriez vous ? Vous seriez très inquiets ! Ah, vous me dites que c’est autre chose.

Je note aussi que vous êtes tous habillés ce matin. Merci au Seigneur! Mais, si un jour il n’y a que des papillons de nuit dans votre garde-robe ? Ah, ça alors, c’est un vrai problème. Nous ne pensons pas beaucoup à de telles choses jusqu’à ce qu’elles nous manquent.

Même si les choses dont Jésus parle ne font qu’une partie de nos préoccupations,  je crois qu’elles sont, quelque part, un symbole de tous nos besoins et de tous nos soucis que nous puissions avoir.

Alors, Jésus nous donne quelques clés pour vaincre l’inquiétude. Il nous en donne cinq.

 

Reconnaître que s’inquiéter ne nous aide pas

Première clé : Jésus nous dit clairement que se faire des soucis ne nous aide pas vraiment : « Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie? » Le mot ‘coudée’ parle d’une petite mesure. Jésus pose cette question en supposant que la réponse de ses disciples soit : « personne ne le peut ». Nous ne pouvons rien ajouter à la durée de notre vie. Et alors ’: « Si donc vous ne pouvez pas même la moindre chose, pourquoi vous inquiétez-vous du reste ?»

Comme nous somme incapables d’ajouter ne serait-ce qu’une seconde à notre vie, ’l’inquiétude ne nous aide pas vraiment. Au contraire, elle peut nous faire du mal. Si elle ne peut pas prolonger notre vie, il est bien possible de raccourcir la durée de notre vie par notre inquiétude. La peur de l’avenir peut nous emprisonner. Cette peur nous tient captive, elle nous paralyse. La peur nous empêche d’atteindre les buts du Seigneur. La peur.

Pire encore, elle peut nous entraîner dans une panique qui nous incite à prendre des mauvaises décisions qui peuvent être dramatiques. Pour illustre cela, écoutez cette histoire vraie.

Début Mars 1873, le paquebot « Atlantic » appareille de Liverpool pour New York avec un millier de passagers à bord. Il doit effectuer la traversée de l’océan sans escale. Mais le capitaine Williams s’inquiète, la crainte de manquer de charbon s’infiltre puis s’impose dans son esprit. Il décide de mettre le cap sur Halifax (Canada) pour « charbonner ». Le navire fait route à toute vapeur dans la nuit, lorsque des récifs sont signalés. Pris de panique, l’officier abandonne la passerelle pour chercher le capitaine au lieu de donner des ordres immédiats pour dérouter le navire. La conséquence est dramatique : l’ « Atlantic » sombre en six minutes, engloutissant près de six cents passagers. L’enquête révélera que le capitaine n’avait aucune raison sérieuse de s’inquiéter d’un manque possible de charbon. L’inquiétude lui fit perdre le sens de la réalité. Il accorda une priorité à un danger imaginaire pour diriger son navire vers un rivage dangereux, dont ils ne connaissaient pas les écueils.

600 morts à cause d’une inquiétude injustifiée ! Bien sûr,  nos inquiétudes entraînent rarement de telles catastrophes.

Par contre, ce qui est sur, c’est que l’inquiétude et la peur sont mauvaises conseillères.

Souvenons-nous d’Adam qui se cachait devant Dieu: « J’ai eu peur et je me suis caché », disait-il à Dieu (Genèse 3,10). Abraham avait peur, lui aussi, quand il a disait  au Pharaon d’Egypte que sa femme était sa sœur, afin de sauver sa peau.  ’ « Il craignait pour sa vie » dit la Bible (Genèse 12,10-20). La même crainte l’a poussé à faire le même mensonge auprès du roi Abimelec (Genèse 20).

L’inquiétude ne nous aide donc pas, elle est une mauvaise conseillère.

 

La nature : un modèle

Deuxième clé : Jésus nous invite à détourner notre attention de nos soucis et de contempler la nature, afin d‘en tirer des enseignements pour notre vie. Regardez les corbeaux, par exemple : « Ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’ont ni cellier ni grenier; et Dieu les nourrit ». Le corbeau ne sait jamais d’où va venir son prochain repas. Il ne travaille pas dur tous les jours, il n’a pas de lieu où stocker ce qui reste de son dernier repas, mais il vit. 

Attention, ce n’est pas un prétexte pour ne pas travailler. Mais les oiseaux sont un exemple de ce que c’est de vivre sans inquiétude. Un commentateur a dit que « les oiseaux ne se tracassent pas de ce qu’il y aura des vers dans la terre ou non; mais ils ne s’attendent pas non plus  à ce que les vers rampent dans leur becs, juste comme ça, sans rien faire».

Les oiseaux trouvent ce dont ils ont besoin, car Dieu pourvoit. Et Jésus nous pose la question : « ne valez-vous pas plus que les oiseaux » !

Est-ce que nous croyons que nous valons plus que les oiseaux ? C’est une question sérieuse. Si notre réponse est « oui, je vaux plus que les oiseaux »,  il y a tout de suite une autre question qui vient derrière : « pourquoi donc t’inquiètes-tu ? Si Dieu nourrit les corbeaux et tous les autres oiseaux, s’il pense à eux, insignifiants qu’ils soient, pourquoi penses-tu que Dieu ne va pas s’occuper de toi, son enfant ? »

Ensuite, Jésus prend une autre image tirée de la nature - les lis. Je ne suis pas jardinière, je ne connais pas les noms de toutes les plantes - ni en latin, ni en français, même pas en hollandais, mais je sais apprécier la beauté de ce que Dieu a créé. Cette contemplation est à la portée de nous tous. Un simple lis, une fleur qui est foulée aux pieds si on ne fait pas attention. Mais selon Jésus, il est plus beau que le roi Salomon dans toute sa splendeur. Quelle comparaison. ! Salomon était le roi le plus riche de tous les rois d’Israël. Salomon avait demandé à Dieu de lui donner de la sagesse afin qu’il gouverne bien le peuple de Dieu. Dieu lui a donné la sagesse et il a ajouté « Je te donnerai richesse, biens et gloire, comme n’en ont jamais eu les rois qui étaient avant toi et comme n’en auront jamais plus ceux qui viendront après toi ». Mais un simple lis au bord de la route est encore plus beau qui lui.

Les fleurs ne fleurissent pas longtemps. Mais Dieu donne à chacune d’entre elles une beauté merveilleuse. Une beauté qui ne peut pas être dépassée par les efforts des hommes. Le même Dieu qui porte tant d’attention à une fleur qui ne dure que quelques jours… ne serait-il pas capable de s’occuper de nous, qui sommes ses enfants bien-aimés ? « Si Dieu revêt ainsi l’herbe qui est aujourd’hui dans les champs et qui demain sera jetée au four, à combien plus forte raison ne vous vêtira-t-il pas, gens de peu de foi ? »  

Là, Jésus touche au vrai problème : gens de peu de foi. Cela veut dire que toutes nos inquiétudes viennent de là. De notre manque de foi. De notre manque confiance.

 

Faire confiance à Dieu

C’est la troisième clé : faire confiance en Dieu.  Des personnes inquiètes, Jésus les qualifie de « gens de peu de foi ». Pour sortir de nos craintes, Il nous invite à nous confier à Dieu qui connaît tous nos besoins, qui nous donnera tout ce dont nous aurons besoin. Comment ? Le chercher continuellement et dire que nous plaçons exprimer notre confiance en Lui. C’est un choix.  Sans confiance en Dieu, les inquiétudes et la peur domineront toute notre existence, avec parfois des conséquences dramatiques.  Comme dans cette histoire dont je vous ai parlé tout à l’heure.

Pour augmenter notre confiance en Dieu,  il n’y a qu’un seul livre qui peut nous aider : la Bible, la Parole de Dieu. C’est par elle que Dieu va renouveler et fortifier notre confiance en Lui.

Se souvenir continuellement des promesses de Dieu à notre égard, voilà ce qui peut apaiser notre cœur face à toutes nos inquiétudes.

Par exemple : « Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces ». (Phil 4.6).  Ou encore : « Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous ». (1 Pierre 5.7).
Dans ces versets, Dieu nous invite à  Lui confier toutes nos inquiétudes et toutes nos préoccupations et de les laisser à ses pieds.  La Bible dit que Dieu Lui-même prend soin de nous. Dieu est concerné par tout ce qui nous arrive. Aucune inquiétude n’est trop grande ou trop petite pour mériter son attention. Lorsque nous confions nos problèmes à Dieu, il ne promet pas de les résoudre illico presto, tout de suite, mais il promet de nous donner la paix qui dépasse toute intelligence, quelles que soient nos circonstances (Phil 4.7). Dieu est capable de nous secourir, en nous donnant la force de tenir bon. En fait, ne pas lui faire confiance est un affront à Dieu, car Jésus nous promet : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez le repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger » (Mathieu 11 :28-30). On peut avoir confiance en cette parole, car tout ce que dit Jésus est vrai et véritable.

Et je suis sûre que Dieu écoute la prière de ceux qui le cherchent sincèrement, avec foi.

 

Faire du royaume de Dieu sa priorité

Quatrième clé : se concentrer sur la mission que Dieu nous donne : « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus ».

Jésus nous invite à nous préoccuper avant tout d’une seule chose : le royaume de Dieu et sa justice!  Pour Dieu c’est une question de priorité : « premièrement ».  

Quand nous sommes honnêtes, nous savons que notre cœur naturel nous porte à accomplir en premier lieu tout ce qui se présente à nous sur le plan matériel, professionnel, familial et autre. C’est ça ce qui nous préoccupe sans cesse.

Le Seigneur Jésus ne veut pas que nos inquiétudes, nos soucis, nos besoins, nous empêchent de chercher le royaume de Dieu. Dans son amour, Il nous donne tout ce dont nous avons besoin. Cela nous libère de faire de sa volonté notre priorité. Concentrons-nous donc sur une chose : le royaume de Dieu et sa justice. Et tout le reste se mettra en place.

Mais au juste : le royaume Dieu et sa justice : cela veut dire quoi ?

Ce n’est pas une justice simplement morale selon le mode de vie des nations ; mais une justice fondée sur l’exemple de Jésus-Christ. Le royaume de Dieu est incarné en Jésus. Lui-même a déclaré : « le Royaume de Dieu est ici, il est parmi vous » (Luc 17). Ceux qui veulent suivre Jésus sont appelés à vivre selon les valeurs et les normes du Royaume de Dieu telles que Jésus les a montrées. en particulier celles de la droiture et de la justice, comme Jean-Marc nous a expliqué dans son message sur les Béatitudes dans le même Sermon sur la montagne. Nous sommes appelés à manifester ces principes dans la réalité du quotidien aujourd’hui. La justice… pour Jésus et pour ceux à qui il s’adresse, cette justice signifie être dans une relation juste avec Dieu par la foi. Cela implique l’obéissance à sa Parole. Dans l’Ancien Testament l’homme ou la femme juste était celle ou celui qui vivait en accord avec la loi de Dieu.

La « justice » et la « droiture » sont presque un seul mot dans l’Ancien Testament. La justice et la droiture sont des concepts importants dans la société, dans le commerce, dans les tribunaux et entre les nations sont un concept très large. Dans les Ecritures, la justice et la droiture signifient un souci actif et une action en faveur des pauvres et de tous ceux qui sont dans le besoin : les veuves, les étrangers, les personnes sans famille, les sans domicile, ceux qui ont faim, ceux qui n’ont pas de quoi se vêtir. La justice et la droiture signifient honorer Dieu et obéir à son commandement qui nous demande de nous occupe des autres qui ont besoin de nous.

 

A chaque jour suffit sa peine

Dernière clé : « à chaque jour suffit sa peine ». Cela veut dire quoi ? Cela veut dire que Dieu nous invite à vivre aujourd’hui, car se faire du souci à propos du lendemain n’est utile ni pour demain, ni pour aujourd’hui.

Les inquiétudes handicapent notre vie de ce jour et celle de demain. Quelqu’un a dit  : « tout être humain se crucifie entre deux voleurs de la joie de vivre : les regrets d’hier et les soucis de demain ».

C’est un mal de s’inquiéter de l’avenir et de permettre au lendemain de nous priver des bénédictions du jour présent.

 A chaque jour suffisent sa peine et ses malheurs, dit Jésus. Inutile d’en rajouter des peines à venir. Occupons-nous de ce qui nous incombe aujourd’hui. A maintes reprises Dieu met l’accent sur l’aujourd’hui : « Aujourd’hui, le salut est venu pour cette maison » disait Jésus à Zachée (Luc 19.9).

Ou encore :  « Vois, je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. Car je te prescris aujourd’hui d’aimer l’Eternel, ton Dieu, de marcher dans ses voies »  (Deut 30:15-16).
 « Aujourd’hui » et pas demain ! Selon un proverbe populaire, « il ne faut pas remettre à demain ce que l’on peut faire aujourd’hui ». Il en va de même pour notre obéissance. Dieu veut notre bonheur aujourd’hui. Cherchons donc aujourd’hui à mettre fin à toutes nos inquiétudes.

Comment ? Ecoutons les paroles du Psaume 37.3-5

« Confie-toi en l’Eternel et pratique le bien.

Demeure dans le pays et prends la fidélité pour pâture.

Fais de l’Eternel tes délices

Et Il te donne ce que ton cœur désire.

Remets ton sort à l’Eternel,

Confie-toi en Lui et c’est Lui qui agira.

Il fera paraître ta justice comme la lumière.

Et ton droit comme le soleil à son midi ».

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