Discours sur la vie de disciple

 

Série de messsages sur le Sermon sur la montage # 1 - Evert Van de Poll, le 5 janvier 2014

Selon la tradition chrétienne, Matthieu est le premier apôtre à se mettre à écrire un Evangile. Une tradition que je retiens, bien que certains spécialistes supposent que Matthieu se soit servi de l’Evangile de Marc pour écrire le sien.

Papias, un chroniqueur de l’Église du deuxième siècle, nous dit que la première version de l’Evangile de Matthieu fut écrite en hébreu et qu’il la traduite en grec plus tard, afin d’atteindre un lectorat plus nombreux, le grec étant la langue internationale de l’époque.

 

Un nouveau genre de littérature

Le titre « Evangile » est important puisqu’il s’agit d’un nouveau genre de littérature, introduit par Matthieu et les autres « évangélistes » Marc, Luc et Jean. Avant eux, ce genre d’écrit n’existait pas encore. Un Évangile n’est pas seulement une biographie, bien qu’il contienne le récit de la vie de Jésus, mais aussi un enseignement pour l’Église, et encore un message adressé au monde.

Dans le Nouveau Testament, nous avons quatre évangiles que l’Église a reconnus comme étant authentiques, fiables, et inspirés par le Saint-Esprit. Il en existe plusieurs autres, à savoir les Évangiles apocryphes. Présentés souvent sous le nom d’un apôtre, ces textes sont pourtant de la plume de quelqu’un d’autre. Ils contiennent des informations intéressantes mais aussi des éléments douteux ou légendaires. C’est pourquoi l’Église ne les a pas retenus dans la liste de livres inspirés du Nouveau Testament.

Si Matthieu s’adresse aux Juifs en premier lieu, il vise également les croyants d’autres origines.

Il présente Jésus comme le Messie qui accomplit les promesses des prophètes d’Israël, le Roi des Juifs, le fils de David. C’est pourquoi il ajoute à plusieurs reprises que tel événement ou telle parole est l’accomplissement de telle ou telle prophétie messianique dans les Ecritures. Cela montre que Jésus est vraiment le Sauveur d’Israël.

Plus encore, Jésus est la révélation du Dieu unique.

Au premier chapitre, la naissance de Jésus, qui est « Emmanuel », « Dieu est avec nous », et à la fin, la parole de Jésus : « je suis avec vous », ce qui égale « JE SUIS (l’Éternel) est avec vous ».

 

Coup de projecteur sur l’Evangile de Matthieu

Regardons de plus près le premier évangile, le chef d’œuvre de Matthieu, le péager converti, l’un des douze apôtres.

Il est composé en douze parties : le récit de la naissance de Jésus en guise d’introduction ; puis cinq récits sur l’itinéraire de Jésus intercalés de cinq grands discours ; et enfin le récit de la crucifixion et de la résurrection.

La signification du nombre de douze ne peut nous échapper, il rappelle les douze tribus d’Israël, ainsi que les douze apôtres. Si le peuple juif d’antan était le canal pour recevoir et transmettre la révélation de Dieu dans l’Ancien Testament, les apôtres, tous Juifs d’ailleurs, étaient à la base du Nouveau Testament.

Matthieu a retenu cinq grands discours de Jésus. Matthieu nous a laissé une aide facile pour repérer les cinq discours. Ils commencent toujours par une mise en scène : Jésus se mit à enseigner la foule autour de lui, ou les disciples, ou les deux catégories ensemble, et chaque discours se termine par la phrase : « quand Jésus eût achevé ses paroles » ou « ses paraboles ».

Enseignant itinérant, Jésus a sans doute prononcé plus de discours que cela, et enseigné à plusieurs reprises les mêmes paroles et paraboles.

Si Matthieu résume tout son enseignement en cinq discours, c’est pour rappeler les cinq livres de Moïse (de la Genèse au Deutéronome). Ensemble, ils s’appellent la Torah, un mot communément traduit par Loi, mais qui signifie plutôt « direction » ou « instruction ». Les instructions de Jésus ne contredisent pas la Torah, ils s’y inscrivent profondément. Mais son enseignement va plus loin, il met la barre encore plus haute, et il montre combien toute notre vie dépend de la relation avec Dieu comme notre Père céleste.

Jésus montre le chemin sous la nouvelle alliance, tout comme Moïse, dans la Torah, avait montré le chemin au peuple sous l’ancienne alliance.

 

Evangile de Matthieu –5 discours

Discours 1 (ch. 5-7) - Comment suivre Jésus, Sermon sur la montagne

Discours 2 (ch. 10) - Mission des disciples

Discours 3 (ch. 13) - Le royaume de Dieu Sept paraboles

Discours 4 (ch. 18) - Discipline dans l’église

  Discours 5 (ch. 24-25) -La fin du Temple et la fin du monde actuel

 

Sermon sur la montagne 

Le premier discours s’appelle le Sermon sur la montagne. Quand Matthieu nous dit que Jésus s’est mis sur une montagne pour enseigner, il évoque sans doute la mémoire de Moïse qui devait monter sur le mont Sinaï, à plusieurs reprises d’ailleurs, pour recevoir les paroles de Dieu qu’il devait transmettre au peuple par la suite.

Ici, on voit le nouveau Moïse se mettre sur une autre montagne pour enseigner la volonté de Dieu.

Moïse lui-même l’avait déjà dit au peuple d’Israël : quand le Seigneur vous envoie un prophète comme moi, écoutez-le. C’est lui qui vous enseignera la volonté de Dieu. Ainsi, Moïse avait-il parlé d’un Messie à venir.

Maintenant, ce Messie, se Sauveur est venu. Et en tant que tel, il va enseigner la Loi de Dieu d’une nouvelle manière.

 

Foule et disciples – Fans et convertis

Jésus voit la foule et enseigne ses disciples (les futurs apôtres et d’autres encore). Il est clair qu’il s’adresse aux disciples principalement.

En même temps, il s’adresse également aux autres qui écoutent, tout en se tenant à une certaine distance. Cf. 5.1 et 7.28-29.

Il y avait là comme deux cercles, un cercle intime et étroit, et un cercle diffus et large. C’est une réalité que l’on trouve tout au long du ministère de Jésus, et tout au long de l’histoire de l’Église.

On pourrait dire que la foule représente ceux qui étaient très intéressés par Jésus, qui l’admiraient, qui cherchaient son aide pour les maladies et d’autres problèmes. Ils étaient ses « fans ».

En revanche, les disciples sont ceux qui ont accepté le sacrifice de Jésus pour leurs péchés, qui se sont convertis, qui suivent le Seigneur, qui vivent en relation avec lui et qui apprennent de lui comment vivre selon la volonté de Dieu.

Dans tous les temps, il y a eu des fans de Jésus en dehors de l’Église. Ceux qui ont admiré son enseignement, son éthique, son modèle de vie.

Par ailleurs, il y également des fans dans l’Église. Ce n’est pas parce que j’appartiens à une communauté d’Église que je suis automatiquement disciple.

Être fan, c’est déjà pas mal. Jésus ne dédaigne pas ces gens-là. Il les implique dans son enseignement. Tout ce qu’il dit aux disciples, il le dit à eux aussi, ouvertement. Ainsi lance-t-il un appel à tous ceux qui se tiennent encore à une certaine distance : vous pouvez avancer, vous aussi, et rejoindre le cercle des disciples. Un fan peut toujours se convertir

 

Culte public

Cette juxtaposition de deux cercles est importante pour l’Église. Nous ne sommes pas une secte. Nous vivons dans le monde et nous n’avons rien à cacher. Il n’y pas d’enseignement secrète. Pas d’initiation cachée, pas de séances fermées. Quand quelqu’un prend le baptême, tous ceux qui le souhaitent peuvent en être témoins.

Notre culte est un culte public. C’est-à-dire, ouvert au monde.

Bien sûr, le but principal de nos réunions est de louer le Seigneur, de prier le Seigneur et l’édification par l’enseignement de la Parole du Seigneur. Mais en même temps, nous nous adressons au monde. Venez. Ouvrez votre cœur. Le Seigneur vous appelle, vous aussi. Il est toujours temps d’avancer et de devenir un disciple de Jésus.

 

Discours sur le discipulat

Jésus s’est mis sur une montagne. Les disciples autour de lui. Une foule autour des disciples.

Et il va enseigner.

Matthieu va consacrer trois chapitres à cet enseignement.

Communément appelé « le sermon sur la montagne », l’essentiel de ce discours n’est pourtant pas le fait qu’il soit prononcé sur une montagne. Au regard de son contenu, on devrait l’appeler plutôt « discours sur la vie de disciple », ou « discours sur le discipulat », si vous voulez. En anglais, on parle de discipleship, que l’on pourrait traduire par un seul mot discipulat, mais aussi par vie de disciple, ce qui plaît davantage à l’oreille française.

 

Le verset clé – imitation du caractère de Dieu

Le verset clé est sans doute 5.48.

Il s’agit là de l’imitation de Dieu. Créés à son image, nous avons vocation à vivre à la hauteur de cette image.

 

Mission impossible ?

Reconnu comme la quintessence de l’enseignement de Jésus, ce discours pose problème. On a l’impression que Jésus met la barre trop haute. Que c’est une mission impossible que de suivre ces consignes.

Tendre l’autre joue quand quelqu’un vous frappe ?

Être miséricordieux envers les bons et envers les méchants ?

Être parfait comme Dieu ?

Ne jamais regarder avec désir dans la direction d’un autre homme (ou d’une autre femme) que son propre conjoint ?

Faire la paix en toute circonstance ?

Ne jamais s’inquiéter par rapport aux besoins matériels de subsistance ?

 

Vivre en relation avec Jésus : son exemple

Et pourtant, Jésus a bien voulu montrer un chemin praticable. Le problème, c’est que nous ne sommes pas capables de suivre ses directives par nos propres forces seulement.

Quand on essaie de vivre comme cela, on va vite apercevoir combien c’est difficile.

C’est pourquoi il ne faut pas dissocier ce discours de la vie de disciple.

Qu’est-ce qu’un disciple ?

Quelqu’un qui vit en relation avec le Maître. Jésus ne donne pas seulement un enseignement mais montre également l’exemple. Un disciple voit comment le Maître agit, il voit comment ça marche.

Nous aussi, nous avons besoin de l’exemple de Jésus pour comprendre la portée de son enseignement. Comment a-t-il réagi aux circonstances de la vie ?

Comment a-t-il prié ? Etcétéra.

 

L’exemple et le sacrifice de Jésus

Mais ce n’est pas tout. L’exemple de Jésus ne suffit pas. On a beau regarder comment il a vécu, comment il a entretenu une relation personnelle avec le Père céleste, etcétera, mais il y a quelque chose en nous qui nous empêche de vivre comme ça.

Tant que l’on n’a pas encore vraiment essayé de mettre en pratique les règles éthiques de Jésus, on peut encore se croire quelqu’un de bien, quelqu’un qui ne fait de mal à personne, quelqu’un de respectable. Mais dès lors que l’on se met à traduire ces paroles en actes, on va se découvrir pécheur.

Nous ne sommes pas dignes de vivre en relation avec Dieu notre Créateur et notre Père céleste. Chaque fois que nous manquons à notre devoir, c’est contre Dieu que nous avons péché.

Nous avons besoin d’un Sauveur qui nous réconcilie avec Dieu, en effaçant nos péchés. Un Sauveur qui change notre cœur, de sorte que nous ne soyons plus soumis à la puissance du mal.

Eh bien, le même Jésus qui nous montre le chemin dans le Sermon sur la montagne, est aussi celui qui paie le prix pour nos péchés, qui nous réconcilie avec Dieu, et qui remplit notre cœur de son Esprit.

Cela va nous changer profondément, et c’est ainsi que nous pouvons nous mettre sur le chemin qu’il nous a montré. N’a-t-il pas dit, à plusieurs reprises : ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu ?

 

La présence de l’Esprit

Jésus n’est plus sur la terre. Nous ne pouvons plus nous rassembler autour de lui. Impossible de partager la vie avec lui.

Mais il nous a donné un cadeau précieux : la présence de l’Esprit. C’est ainsi qu’il est encore présent parmi nous et dans notre cœur.

C’est par l’Esprit que nous pouvons marcher sur le chemin qu’il nous a montré.

Retour à la page précédente