Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu…

 

Série de messages sur David # 5, et préparation à la fête de Noël - Yanna VAN DE POLL - le 22 décembre 2013

Nous sommes dans le temps avant Noël. Si je vous demande, quel est pour vous l’élément le plus central de la fête de Noël, qu’est-ce que vous répondriez ?

Pour moi la clé de l’histoire de Noël est le mot adoration. Remarquons que les anges adorent le Seigneur dans le ciel, que les bergers laissent leur troupeau pour adorer Jésus qui venait de naître, et que les mages viennent de loin avec un seul but : adorer le nouveau roi des Juifs.

Ils ne venaient pas pour adorer un enfant, non, ils venaient pour adorer Dieu. Noël n’est pas une histoire touchante d’un enfant pauvre, mais la venue de Dieu, incarné dans un être humain. C’est pourquoi l’enfant est digne d’adoration. En lui, le Dieu unique, créateur de toutes choses, est venu dans notre monde.

L’adoration est pour moi le cœur de la fête de Noël et j’aimerais réfléchir avec vous ce matin à une attitude d’adoration. Comme nous sommes en train de suivre les traces de David et comme Jésus est le fils de David tant attendu, je vais mettre en parallèle l’adoration qu’on rencontre autour de la naissance de Jésus et une histoire étonnante de David pour mieux comprendre  l’adoration que Dieu attend de nous. Car on n’adore pas un enfant, ni aucun être humain. Seul Dieu est digne de notre adoration, comme Dieu a dit Lui-même : « Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu » (Deutéronome 6.16).

Lisons cette histoire de David qui se trouve en 1 Chroniques 15.1-3 et 15.25-16.1

 

L’adoration, c’est une manier de vivre.

D’abord la définition de l’adoration. C’est quoi l’adoration ? Dans les Ecritures c’est l’activité qui consiste à glorifier Dieu dans tous les domaines de notre vie. Tous les aspects de notre vie sont impliqués pour glorifier Dieu. En Esaïe 43.7, Dieu dit : « Quiconque s’appelle de mon nom, je l’ai créé, formé et fait  pour ma gloire ». Nous sommes créés pour sa gloire, nous sommes créés pour l’adorer. Il n’y a pas un but plus élevé dans notre vie que d’adorer Dieu. L’apôtre  Paul a un langage similaire quand il dit que « nous avons été destinés d’avance à célébrer sa gloire » (Ephésiens 1.11-12).

Cela veut dire donc que l’adoration ne se limite pas seulement au culte  avec des chants, des prières et la prédication d’un sermon. L’adoration comprend ces éléments, mais elle est beaucoup plus que cela.

L’adoration n’est pas non plus limitée aux activités dans l’église. L’adoration est notre mode de vie tout court. Chaque activité dans notre vie se transforme en un acte d’adoration si nous le faisons pour la gloire de Dieu. La Bible dit : « Que nous mangions ou que nous buvions, quoique nous fassions, faisons le pour la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 10.31). 

Nous sommes invités à adorer Dieu dans tous ce que nous faisons. Dans la Bible les gens ont adoré Dieu pendant qu’ils travaillaient à la maison ou dans les champs, en prison voire au lit ! L’adoration doit être la première activité  quand nous ouvrons les yeux le matin et la dernière activité quand nous  les fermons le soir. David dit, « Je louerai l’Eternel en tout temps, ma bouche publiera toujours ses louanges » (Psaume 34.1).
L’adoration, c’est une attitude, une manière de faire et d’être.

J’aimerais développer cette attitude d’adoration et je prends l’exemple de David pour le mettre en parallèle avec l’adoration qu’on rencontre autour de la naissance de Jésus.

 

Donner à Dieu la place qui lui revient

Le premier élément est de donner à Dieu la place qui lui revient. Après avoir conquis Jérusalem, David décida d’y amener l’arche de l’alliance à Jérusalem. Sa priorité était de faire de Jérusalem non seulement la capitale de son royaume, non seulement « la cité de David », mais surtout le lieu de culte par excellence, la cité de Dieu. Il voulait redonner à Dieu sa position centrale au sein de la nation. Mais David n’a pas suivi les instructions de Dieu par rapport à la manière de transporter l’arche de Dieu.

Lisons-le en 1 Chroniques 13.5-11

Rappelons ce que Dieu a dit à Moïse. Dieu lui a dit de construire un lieu de culte appelé le tabernacle. Après que le tabernacle fut terminé, on plaça l’arche de l’alliance dans le saint des saints. Seul le souverain sacrificateur pouvait se rendre dans le saint des saints et uniquement une fois par an pendant le jour de l’Expiation. Personne d’autre ne devait voir l’arche. Personne, même pas le souverain sacrificateur, ne devait le toucher. Quand il fallait déplacer l’arche, les fils de Qehath, un des clans de la tribu de Lévi, devaient porter l’arche sur les épaules à l’aide des barres. Mais interdiction de  toucher  à ce qui est saint, sinon ils allaient mourir.

Alors, qu’est-ce que faisait David ? Pendant sa première tentative de ramener l’arche dans la cité de Jérusalem Il a changé des règles en plaçant l’arche sur un char neuf. C’est au début de notre chapitre : « Ils mirent l’arche de Dieu sur un char neuf » (13.7). A ce moment critique, alors que David s’engageait à ramener la nation vers Dieu, le Seigneur rappelle sans équivoque que l’adoration n’est pas un jeu dont nous avons la liberté de changer les règles à notre convenance.

Nous sommes peut-être choqués par l’histoire d’Ouzza parce que notre mentalité est parfois, semblable à la sienne. Nous présumons que lorsque nous servons le Seigneur, que les bonnes intentions suffisent, que Dieu acceptera tout ce que nous lui offrons tant que nous sommes sincères. Personne n’a jamais accusé Ouzza d’un manque de sincérité ou d’une motivation cachée. Pourtant,  il mourut car il a touché l’arche, il n’a pas respecté les commandements de Dieu.

Les ‘règles’ auxquelles David se référait avaient été données par Moïse plus de cinq cents ans auparavant ; mais elles étaient encore de rigueur comme au premier jour. Certains pensent que nous avons le droit, et même l’obligation, de modifier les règles de Dieu afin de les adapter à notre tradition, à notre époque, à notre opinion. David apprit ce que nous avons tous besoin d’apprendre : Dieu seul a le droit de changer ses instructions, nous n’avons pas ce privilège.

Lire 1 Chroniques 13.12-14.

David l’a compris, car il est écrit que « David craignait l’Eternel en ce jour-là » (v. 12).

Cette histoire nous apprend que si nous voulons vraiment nous approcher de Dieu pour l’adorer, nous devons rechercher la sainteté dans notre vie personnelle. L’adoration véritable exige une attitude sainte, on doit l’adorer « d’une manière qui lui soit agréable, avec soumission et respect, car notre Dieu est un feu qui consume » (Hébreux 12.28-29).

Jésus dit que deux choses sont nécessaires pour adorer selon les Ecritures. « Dieu est Esprit, et il faut (impératif) que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité » (Jean 4.24). Nous devons adorer Dieu selon sa parole, en vérité  (Jean 17.17), et nous devons le faire avec une bonne attitude, en esprit. Nous devons faire ce qui est juste et de manière juste, car Dieu est un Dieu saint, voire très saint.

 

Une grande joie

Le deuxième élément d’une attitude d’adoration est la joie. Revenons sur l’exemple de David. Il est écrit que David et toute la maison d’Israël firent revenir l’arche à Jérusalem. Cette deuxième fois David a respecté les règles de Dieu : l’arche est portée.

David craignait Dieu, en respectant les commandements et en même temps, il se réjouissait grandement de l’entrée de l’arche de Dieu dans sa ville et dans le tabernacle. 1 Chroniques 15.28 nous dit que de nombreux musiciens jouaient, avec des cors, des cymbales, des luths, des trompettes, des lyres.

Il devait y avoir un bruit assourdissant ! Des milliers de personnes qui criaient de joie, des musiciens avec des instruments qui jouaient fortement et David qui dansait de « toute sa force ».

Une joie bien visible.

La joie est exprimée ici avec force. On n’assiste pas à un spectacle, pas à une tradition ou un rituel habituel, mais à une liesse débordante, extravagante même ! Tout le peuple est contaminé par cette joie, enfin presque... on va parler de Mikal un peu plus tard.

Cela montre aussi que l’adoration engage nos émotions. Nous pouvons adorer Dieu avec toutes nos émotions, avec toute notre force, avec tout notre cœur - mais ces émotions doivent être réelles et non pas forcées. Dieu hait l’hypocrisie. Il ne veut ni spectacle, ni prétention, ni faux semblant dans l’adoration. Il veut notre honnêteté et notre amour sincère. Nous adorons Dieu de façon imparfaite, forcément, en tant qu’êtres humains imparfaits, mais nous ne devons jamais L’adorer sans sincérité.

On peut pensez  que cette grande joie est exagérée. Pourtant, je ne pense pas,  parce que le peuple a pris conscience du privilège que Dieu veut être au milieu d’eux, Dieu veut être dans sa maison au milieu de son peuple.  Emmanuel : Dieu avec nous. Quand Jésus est né, Dieu est entré dans notre monde.

L’entrée  de Jésus dans notre monde s’accompagne d’une grande joie, comme l’entrée de l’arche de Dieu à Jérusalem : « Je vous annonce la bonne nouvelle d’une grande joie qui sera pour tout le peuple ; aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur » (Luc 2.10).

Une grande joie.

Quand les mages ont vu l’étoile, Matthieu écrit qu’ils « éprouvèrent une très grande joie » (Matthieu 2.10). Une très grande joie. De même, les berges, quand ils ont vu l’enfant : « ils retournèrent vers leurs troupeaux en louant et en glorifiant Dieu » (Luc 2.10).

Quand vous avez reconnu Jésus comme votre Sauveur et Seigneur, Il entre dans votre vie par son Esprit Saint. Alors, vous allez expérimenter cette joie immense. Comme le ministre d’Ethiopie qui s’est fait baptisé et qui a reçu l’Esprit Saint, il : « poursuivit joyeusement son chemin » (Actes 8.39).

Les premiers chrétiens après la Pentecôte « rompaient le pain dans les maisons avec allégresse, ils louaient Dieu » (Actes 2. 46-47).

L’entrée de Dieu dans notre monde et dans notre vie, s’accompagne de joie.

D’où vient cette grande joie ? Ce n’est pas une joie humaine, elle vient de Dieu Lui-même. Nous ne pouvons pas la produire nous-mêmes, car cette joie trouve sa source en Dieu: «  Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète » dit Jésus à ses disciples (Jean 15.11). Jésus, le Fils de Dieu,  nous donne sa joie par l’Esprit Saint.

 

Offrir des sacrifices

Troisième élément de l’attitude d’adoration : offrir à Dieu des sacrifices. Revenons encore sur l’histoire de David qui ramène l’arche à Jérusalem. Il est écrit : «  Après qu’on eut amené l’arche de l’Eternel, on la mit à sa place au milieu de la tente que David avait dressé pour elle et David offrit devant l’Eternel des holocaustes et des sacrifices de communion » ( 2 Sam 6.17).

Dans l’Ancien Testament, Dieu prit plaisir aux sacrifices d’expiation parce qu’ils préfiguraient le sacrifice de Jésus pour nous sur la croix. Mais depuis que Jésus a totalement payé le prix pour nos péchés, les sacrifices expiatoires ne sont plus nécessaires.
Mais il y a d’autres sacrifices qui restent de mise : les sacrifices de nos vies, de notre amour, de nos actions de grâce, de notre louange, de l’humilité, de la repentance.  Les offrandes d’argent, de prière ou encore : servir les autres, partager avec ceux qui sont dans le besoin.
En d’autres termes : la vraie adoration nous amène à offrir des sacrifices d’adoration. L’adoration nous coûte quelque chose. David comprit cela quand il affirme, plus tard : « Je n’offrirai point à l’Eternel, mon Dieu, des holocaustes qui ne  me coûtent rien » (1 Chroniques 21.24).

L’adorateur rend au Seigneur les précieux fruits de louange et d’adoration provenant d’un cœur rempli de la vie du Christ, par le Saint Esprit.

Quand Jésus a dit « Tu aimeras ton Dieu de toute ta force » il soulignait ainsi que l’adoration demande de l’effort : de toute ta force. C’est-à-dire que Dieu nous demande de le louer même quand on ne le sent pas. Cela demande un effort. Quand on se lève et on remercie Dieu pour la nouvelle journée, bien que l’on soit fatigué, on Lui offre un sacrifice d’adoration.  Quand on fait un effort pour aider les autres bien qu’on soit soi-même découragé, on Lui offre également un sacrifice d’adoration.

Le message paraphrasé de Romains 12.1 dit : « Prends chaque jour, les choses ordinaires de la vie, - ton sommeil, tes repas, ton travail, ta marche, et son train-train - et apporte les à Dieu, comme une offrande ».

Supporter des rejets

Quatrième et dernier élément de l’attitude d’adoration : supporter des mépris de nos proches, de nos collègues ou de notre entourage.  Quand David ramène l’arche à Jérusalem et qu’il adore Dieu avec joie, il est méprisé par sa propre femme Mikal : « Comme l’arche de l’Eternel entrait dans la cité de David, Mikal, fille de Saül, regardait par la fenêtre ; elle vit le roi David se démener et danser devant l’Eternel. Alors, elle le méprisa dans son cœur » (2 Samuel 6.16).  

Mikal regarda par la fenêtre du palais, vit David et « elle le méprisa dans son cœur ». Tandis qu’au départ de leur mariage, il est écrit : « Mikal, fille de Saül, aima David » (1 Samuel 18.20). Leur mariage était une histoire d’amour. Mikal aimait David.

Vous vous souvenez peut-être de l’histoire tragique de Mikal. Saül la donna à David ; puis, quand David devint un fugitif, Saül la donna à un autre. Lorsqu’Abner négocia avec David au sujet de son règne sur tout Israël, David demanda qu’on lui rende Mikal, ce que Saül a fait. Mais quand on sépara Mikal de son deuxième mari, cet homme courut derrière elle en pleurant jusqu’à ce qu’il soit forcé de rentrer chez lui.

Revenons sur la suite de notre histoire. Quand David retournait à la maison pour bénir sa maison, Mikal, irritée, sortit à sa rencontre. Elle dit sur un ton ironique : « Quel honneur aujourd’hui pour le roi d’Israël de s’être découvert aux yeux des servantes de ses serviteurs, comme se découvrirait un homme de rien » (2 Sam 6.20b).

« Se découvrir » ne veut pas forcément dire que David s’exposa tout nu (il portait un manteau et un éphod). La clef est dans les mots “un homme de rien”.  Aux yeux de Mikal, David s’était comporté comme  un homme de rien.

David s’attrista, sa vive émotion tomba. Il lui répondit que c’était Dieu qui l’avait choisi et exalté, et c’est pour cela qu’il adorait Dieu de tout son cœur et de toute sa force, même s’il devait s’abaisser. La fin de l’histoire de Mikal se termine par la tristesse : « Or Mikal, fille de Saül, n’eut pas d’enfant jusqu’au jour de sa mort » (2 Samuel 6.23).

Pour nous c’est un avertissement. Nous pouvons tomber dans le piège de regarder l’adoration des autres de façon subjective : cela ne me  plaît pas ou cela me plaît.

Nous avons besoin d’un rappel constant que l’adoration est tout d’abord la réponse de notre cœur envers le Seigneur, envers notre Dieu.  C’est Lui qui regarde notre cœur. Que Dieu nous aide à ne pas ressembler à Mikal, à ne pas critiquer et à ne pas mépriser ceux qui adorent Dieu de façon sincère.

Que ce temps de Noël soit pour nous un temps d’une vraie adoration. Une adoration qui plaît à Dieu. Une adoration sincère et joyeuse.
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