Ceux qui se confient en Lui ne seront pas déçus

 

Série de messages sur 'David, un homme selon le coeur de Dieu' # 4 - Yanna VAN DE POLL - le 17 novembre 2013

Nous sommes en train de suivre les traces de David, qui était un homme selon le cœur de Dieu. C’est le témoignage de  Dieu lui-même qui a dit par rapport à David : « Je me suis choisi un homme selon mon cœur ». La question qui nous intéresse est : comment devenir une femme ou un homme selon le cœur de Dieu ? J’ai déjà abordé trois aspects de sa façon de vivre qui le rendaient agréable à Dieu, malgré sa multitude de fautes et d’erreurs. Un : son attitude de reconnaissance, deux : son attitude de bonté et trois : son attitude d’humilité.

Ce matin, nous allons réfléchir à un autre aspect de son caractère.  David était un homme plein de confiance. Beaucoup d’histoires dans l’Ancien Testament en témoignent. L’histoire la plus connue, bien sûr, est sa victoire sur le géant Goliath. Tout jeune qu’il  était, ses paroles de foi adressées à Goliath sont impressionnantes : « Aujourd’hui l’Eternel te livrera entre mes mains, .. et toute la terre reconnaîtra qu’Israël a un Dieu » (1 Sam 17.46).

Quelle confiance en Dieu !

Ce que j’aimerais souligner ce matin, c’est que la vraie  confiance se révèle surtout dans une situation douloureuse et pénible.

Par exemple, John Wesley, le principal fondateur du grand mouvement de réveil dans le 18ième siècle, pensait longtemps de lui-même qu’il était un bon chrétien. Jusqu’au jour où le navire qui l’amenait aux Etats Unis traversait  une grosse tempête. Poussé, battu, jeté à terre, il avait la peur bleue et il pensait que tous seraient engloutis dans l'abîme. Pourtant, à bord il y avait aussi quelques moraves : c’étaient des chrétiens qui avaient vécu un réveil, une plénitude du Saint Esprit à Herrnhut en Allemagne. Wesley voyait qu’eux, ils n’avaient pas peur. Pendant que des immenses vagues se déversaient sur le navire, déchirant la grande voile et remplissant d'eau jusqu'à l'entrepont, ils chantaient des cantiques. Tandis que Wesley poussait des cris de détresse et de désespoir, ces hommes et femmes moraves restaient calmes et continuaient à chanter. La tempête passée, il les a interrogés. Là il a compris pourquoi ils n’avaient pas peur. Ils se confiaient entièrement à Dieu. A ce moment-là, Wesley se rendait compte de ce que sa confiance en Dieu n’était pas du tout profonde, mais absente dans les difficultés.

David a traversé, lui aussi un évènement très douloureux où sa confiance a été mise à rude épreuve.

Lisons cette histoire qui se trouve en  2 Samuel 15.13-16 ; 2 Samuel 16.5-14 

 

Le contexte

Dans les commentaires on explique que les problèmes avec ses fils ont commencé après l’adultère avec Bath-Sheba.  Même après qu’il s’était repenti sincèrement et qu’il a obtenu le pardon, David devait subir  les conséquences de son péché pendant le reste de sa vie.  Dieu lui a dit par la bouche de son prophète Nathan : « Maintenant, l’épée ne s’écartera jamais de ta maison, parce que tu m’as méprisé et parce que tu as pris la femme d’Urie » (2 Sam 12.10).

Depuis ce jour sa vie de famille fut troublée par de nombreux problèmes. Amnon, son fils, viole sa demi-sœur Tamar.  Celle-ci est la sœur d’Absalom, le fils de David d’un autre lit. David ne dit rien. D’ailleurs, que peut-il dire, lui, l’assassin adultère ? Pour venger sa demi-sœur, Absalom tue Amnon et s’enfuit pendant 3 ans.

Pendant tout ce temps, David pleurait son fils.  Finalement, David pardonne à Absalom et le fait revenir à Jérusalem.  Par contre, Absalom ne pardonne rien. Il a toujours gardé une grande amertume envers son père. Pendant 4 ans il va préparer son coup d’état en séduisant des hommes pour lui. Au bout de quatre ans, il s’est fait proclamer roi à Hébron, la ville même où son père s’était fait proclamer roi dans le passé.

 

 Penser d’abord aux autres

Comment réagit David ? Eh bien, il s’enfuit.  « Levez-vous, prenons la fuite, car il n’y aura pas de moyen pour nous d’échapper à Absalom ». (vs 14). David s’enfuit. Pourquoi David, cet homme tellement courageux au temps de Goliath, cet homme plein de foi, plein de confiance en Dieu, prend-il la fuite devant son fils Absalom ?

Au premier vu, on pourrait penser que David a pris une mauvaise décision. Comme s’il s’est laissé guider par la peur. Comme  s’il a paniqué.

Pourtant, si on regarde un peu plus près, on s’aperçoit que cette fuite de David n’était pas une marque de lâcheté, ni de faiblesse, mais un acte de confiance en Dieu.

Quand David a pris la fuite, il ne pensait pas à lui-même pour sauver sa peau, mais il pensait surtout à sa ville Jérusalem et à son peuple d’Israël.  Jérusalem était précieux pour lui parce que c’est la ville où Dieu habite dans son tabernacle. C’est la ville où se trouve l’Arche de Dieu. David voulait épargner la ville d’une guerre civile et de la ruine que sa résistance à Absalom pourrait provoquer.  « Hâtez-vous de partir, sinon, il (Absalom) se hâtera bien lui-même de nous atteindre et d’attirer un malheur sur nous en frappant la ville du tranchant de l’épée » (2 Samuel 15 : 14).

David ne voulait pas qu’il y ait des morts parmi son peuple. C’est la première chose, David pensait d’abord aux autres.

 

Laisser à Dieu le jugement

La deuxième chose c’est que David laissait à Dieu le jugement. C’est étonnant, parce que c’est quand même un coup d’état ce qu’Absalom avait préparé. Une injustice totale ! David acceptait plutôt le rejet, le mépris et la  honte au lieu de la justice. Pas pour dire, qu’il était d’accord avec la situation. Mais parce qu’il se remettait entièrement en Dieu. Il laissait à Dieu toute la gestion de cette douloureuse situation. A  cette injustice de la révolte d’Absalom s’ajoutait une autre injustice, infligée par Chimeï qui le maudissait pendant cette fuite : « Dehors, dehors, criminel, vaurien ! » (2 Sam 16.7).

Mais là aussi, David laissait à Dieu le jugement : « Laissez-le, qu’il maudisse, car l’Eternel le lui a dit. Peut-être l’Eternel regardera-t-Il ma peine et me fera-t-Il du bien en retour de sa malédiction d’aujourd’hui » (2 Samuel 16 : 11-12).

Je trouve l’attitude de David impressionnante. A son époque la règle était : œil pour œil, dent pour dent. Au cours de sa vie, David a appris à s’humilier devant Dieu. Il a expérimenté que Dieu lui fait grâce quand il s’humilie. Il disait même que l’Eternel a permis à Chimeï de le maudire. Il laissait les choses entre les mains du Seigneur. Pas par lâcheté, mais par une confiance absolue en Dieu. Il savait que Dieu est un Dieu juste et qu’Il va agir selon sa justice.

L’apôtre Pierre explique plus tard cette attitude :   « c’est une grâce de supporter des afflictions par motif de conscience envers Dieu, quand on souffre injustement » (1 Pierre 2.19 à 24).

Soyons honnêtes : acceptons-nous de souffrir injustement ? Quelle est notre réaction ? Préparer notre défense ? Chercher des occasions pour obtenir gain de cause ?  Insister sur notre point de vue ?  Ecrire des lettres pour encore élucider notre opinion ? Faire tout pour que l’injustice soit écartée de nous ? Parfois il faut le faire, parfois non. Ca dépend de la circonstance. Pourtant, il est rare de rencontrer une personne qui vit l'injustice comme une grâce qui lui est faite !

Force est de constater que nous ne pouvons  pas toujours éviter l’injustice. Que nous devons la supporter. Dans de telles circonstances, la Bible nous appelle à suivre l'exemple de Christ qui a supporté l'injustice totale en mourant à la croix.   Heureusement, car si Jésus n’était pas mort pour nos péchés, il n’y aurait pas eu de salut. Donc, c’est une grâce immense que le Seigneur nous a faite en acceptant la  souffrance causée par l’injustice.
Le mot "grâce" vient du mot grec: "charis" dont la signification est un don immérité, un cadeau, une récompense, une faveur. La souffrance de Jésus est un cadeau immérité qu’Il nous a fait.
Bien sûr, avoir une telle attitude de confiance ne va pas de soi. C’est accepter la souffrance, c’est accepter que quelqu’un d’autre brise notre cœur. C’est alors qu’une attitude de confiance nous protège de l’amertume et nous permet de surmonter la souffrance.

Dieu nous fait parfois traverser des épreuves pour tester notre confiance en Lui comme Il a fait pour son peuple d’Israël : « Souviens-toi de tout le chemin que l'Eternel, ton Dieu, t'a fait faire pendant ces quarante années dans le désert, afin de t'humilier et de t'éprouver, pour savoir quelles étaient les dispositions de ton cœur …..» (Deutéronome 8:2). Bref, Dieu permet les épreuves pour faire grandir notre confiance. 

Charles  Spurgeon, le célèbre prédicateur baptiste britannique de la deuxième moitié du XIXe siècle, a dit : « une foi non éprouvée peut être une vraie foi, mais ce qui est sûr c'est qu'elle est une petite foi. La foi ne prospère jamais aussi bien que lorsque les choses lui sont contraires. Les tempêtes sont ses entraîneurs, et les éclairs l'illuminent ».

 

 S’appuyer sur la bienveillance de Dieu

J’en viens au troisième élément qui marque une attitude de confiance : s’appuyer sur la bienveillance de Dieu. Une tendance naturelle pendant la souffrance consiste à chercher le soutien des autres, à avoir leur point de vue. Cela peut nous soulager, mais David nous montre à qui nous devons nous adresser en premier lieu : à Dieu et pas aux autres. Quand l’injustice semble trop forte pour nous, Dieu est le seul capable de changer l’injustice en justice. Il est écrit dans notre chapitre que : « David monte sur la colline des Oliviers. Il montait en pleurant et la tête couverte, et il marchait nu-pieds. Et tous ceux qui étaient avec lui se couvrirent aussi la tête et ils montaient en pleurant » (2 Sam 15 : 30).

Dans sa souffrance, David n’avait qu’une pensée : chercher la face de Dieu. Verset 32 : « Lorsque David fut arrivé au sommet, il se prosterna devant Dieu ».

Sur la montagne des Oliviers, David pleurait devant Dieu. Il épanchait son cœur.  Il disait tout son désespoir, toute sa douleur, toute sa déception. Pas pour souligner ses droits, mais pour obtenir la grâce de Dieu.

Cela me touche énormément, parce que cela me rappelle tout de suite l’histoire d’un autre Roi, bien plus grand que le Roi David. Lui aussi, a souffert sur le mont des Oliviers. Sur la même montagne, le Mont des Oliviers, Jésus, notre roi a lutté, littéralement « agonisé ». Il portait toutes les douleurs de l’humanité, qui s’est révoltée contre Dieu. Jésus pleurait pour nous parce qu’Il ne voulait pas que l’ennemi nous détruise. Il acceptait le mépris, le rejet à cause de nous. Comme le dit bien le prophète Esaïe : « Méprisé et abandonné des hommes, ….il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités » (Esaïe 53.3-5).

Je pense qu’on touche ici le cœur de la confiance en Dieu : c’est-à-dire : se remettre totalement  à la bienveillance de Dieu. Lui faire entièrement confiance, car Il est notre Père céleste.

Je vous raconte une histoire qui illustre bien cette vérité.  Je ne sais pas si c’est une histoire vraie, mais c’est une très belle histoire. Un funambule offrait un spectacle grandiose. Il a laissé tendre un câble au-dessus des chutes du Niagara. A 30 mètres au-dessus du vide,  sur cette corde, il allait et venait avec une aisance remarquable. C’est déjà impressionnant.

Après, il prit une brouette avec un sac de pommes de terre d'environ 80 kilos, pour repartir sur le fil, et tout le monde retint son souffle ! Mais comme avant, il parcourut sans problèmes les centaines  de mètres au-dessus du vide avec cette brouette chargée.

A son retour, la foule applaudit pleine d’admiration. Par la suite, notre funambule posa la question : « Croyez-vous que je peux faire la même chose avec une personne dans ma brouette ? ».

«  Oui, oui !! » répondit la foule unanime, qui voulait voir ce spectacle.

L’homme s'avança alors vers le premier rang où un monsieur applaudissait très fort... : « Monsieur, je vous en prie : venez ».

« Ah non merci, non, non, pas moi. Quelqu'un d'autre, d'accord, mais pas moi ». Même chose pour la deuxième personne et la troisième. Au final, nul ne voulait monter dans la brouette. L’homme attendit et d’un coup, un garçon s’avança et sans peur il se laissa conduire par l’homme dans la brouette au-dessus du vide. La foule retentit son souffle, mais tout se passait à merveille.

Le secret de cette histoire ? Le garçon était son fils. Il avait parfaitement confiance en son père, parce qu’il le connaissait.

Ce garçon pouvait être David, qui s’est entièrement confié à son Père céleste.

Dieu seul  donne la victoire

Dernier élément : David s’attendait à Dieu parce que Dieu seul peut lui donner la victoire.Sur la montagne des Oliviers, devant le trône de grâce de Dieu, David a remporté la victoire. Il s’est remis à Dieu, comme Jésus l’a fait dans le jardin du Gethsémané avec une seule pensée : que la volonté de Dieu soit faite. Le texte ne nous donne pas le contenu exact de sa prière, mais l’attitude de David exprime une entière soumission à la volonté de Dieu, même si c’était très douloureux pour lui. Comme Jésus. Son cœur s’attendait totalement  à la miséricorde et à la toute puissance de l’Eternel.

Dans Ps 3 où David décrit cette histoire douloureuse, il témoigne de sa certitude que Dieu va lui donner la victoire : « Tu es ma gloire, et tu relèves ma tête » (Ps 3.4). Tu es ma gloire. Absalom et ses hommes pensaient avoir pris la gloire de David. Ils lui avaient pris son trône, son palais et ses femmes, sa ville et son pays. Cependant, ses ennemis se trompaient de cible. Dieu lui-même est sa gloire.

Réfléchissons un instant. Quelle est notre gloire aujourd’hui ? Notre position sociale ? Notre argent ? Notre maison ? Notre travail ? Nos compétences ? Tout cela peut nous réjouir, mais aussi partir très vite... Seul le Seigneur demeure.

Si donc Jésus est notre gloire, celle-ci ne nous sera jamais ôtée. Si l’Eternel est notre gloire, la terre entière peut se lever contre nous, mais elle ne peut pas nous enlever notre gloire qui est en Dieu.

Après cette prière sur la montagne des Oliviers, alors que David risquait d’être massacré pendant la nuit, il a retrouvé son calme intérieur. Après, il s’endort en paix :  « Je me couche et je m’endors » (Ps 3.6).

Une confiance parfaite de ce que Dieu va agir : « Il me répond de sa montagne sainte » (Ps 3. 5).

David pouvait se reposer, car il savait que Dieu va agir. Lui qui ne dort ni sommeille (Ps 121).

Et l’histoire se termine bien, car Dieu le fait revenir à Jérusalem et Il a confirmé sa royauté.

Et nous ?

Pour conclure : où en sommes-nous ? Peut-être sommes-nous dans une situation d’injustice comme David aujourd’hui ? Ou dans une situation douloureuse, sans issu, sans espoir? L’attitude de David peut nous aider ce matin. La véritable confiance en Dieu se développe dans le lieu secret de la prière. Passez du  temps dans la présence de l’Eternel et Il fera naître la confiance dans votre âme comme vous ne l'avez jamais expérimentée. Ceux qui se confient en Lui ne seront jamais déçus. Je répète, car c’est tellement important : ceux qui se confient en Lui ne seront jamais déçus.Comme témoigne David dans un autre psaume : « Quand on regarde à Lui, on resplendit de joie et le visage n’a pas à rougir » (Ps 34.5-6).  

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