Comptez les bienfaits du Seigneur

 

Série sur David # 1 - Message par Yanna Van de Poll, le 8 septembre 2013

Cet automne nous allons nous intéresser à l’une des figures emblématiques de l’AT : David.
Lorsque l'on parle de David on évoque souvent celui qui était un homme selon le cœur de Dieu. Le verset clé : « L’Eternel s’est choisi un homme selon son cœur »  (1 Sam 13).
L’évangéliste Luc en parle en Actes 13 : 21-22 pour souligner encore l’importance : « Et Dieu leur suscita pour roi David, auquel il a rendu ce témoignage: J’ai trouvé David, fils d’Isaï, homme selon mon cœur, qui accomplira toutes mes volontés ».

Voilà le sujet d’une nouvelle série de messages  sur David : en quoi était-il un homme selon le cœur de Dieu ?

Cela m’a toujours intriguée : comment un homme qui a commis adultère et un meurtre, comment était-il devenu un homme selon le cœur de Dieu ? En quoi David était-il un homme selon le cœur de Dieu ? Quel était son secret?

J’aimerais de démarrer une série de prédications sur cette question : en quoi David était-il un homme selon le cœur de Dieu ? Et qu’est-ce que nous pouvons apprendre de David pour devenir un homme, une femme selon le cœur de Dieu ?

David, alors qu’il n’était qu’un simple berger, a su toucher le cœur de Dieu, si bien que parmi d’autres personnes plus importantes, Dieu le choisit pour être roi.

A la vue des hommes, David n’avait rien d’un roi : berger, dernier-né d’une famille nombreuse et jeune ; si bien que son propre père n’avait même pas pensé à lui quand le prophète Samuel était venu oindre l’un de ses fils pour être le futur roi. Mais Dieu a choisi David.

Dieu connaît David depuis sa naissance, il connaît les dispositions de son cœur. Et son regard est différent de celui de l’homme. L’Eternel sonde « les cœurs et les reins » et rien ne peut lui échapper.

Dieu a choisi David. Il avait choisi Saül aussi, le premier roi d’Israël et cependant : Dieu n’a pas dit que Saul était un homme selon son cœur. Alors, quel est le secret de David ?

Comme Dieu a choisi David pour être roi selon ses desseins, Dieu nous a choisis, nous aussi pour vivre selon ses desseins.  « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi, je vous ai choisis » (Jn 15 :16) dit Jésus à ses disciples et à nous aussi.

Dieu nous a choisis. Cela ne veut pas encore dire que chacun d’entre nous est un homme ou une femme selon le cœur de Dieu. Il nous a choisis en vue d’être un homme et une femme selon le cœur de Dieu.

Revenons à David. Qu’est-ce que nous pouvons apprendre de lui pour devenir un homme ou une femme selon le cœur de Dieu.

Je pense que le Seigneur s’appuie surtout sur son attitude, sur son comportement. David a plusieurs caractéristiques et ce matin je vous propose de réfléchir à un de ces caractéristiques : il avait avant tout une attitude de reconnaissance. Dans tous ces psaumes on peut lire combien David était reconnaissant envers le Seigneur. On reconnaît bien des phrases telles que : Mon âme, bénis l’Eternel, ou encore : Célébrez L’Eternel, louez son nom, ou encore : Louez l’Eternel, car il bon. Louez-le pour ses hauts faits.

David ne cessait de louer Dieu, c’est-à-dire il ne cessait  de Lui rendre grâce pour tous ses bienfaits. Nous aussi, nous sommes appelés à abonder en actions de grâces (Col 2.7).

Creusons  un peu plus son attitude de reconnaissance pour savoir comment abonder en actions de grâces.

Lisons Ps 105. 1-5. Le premier élément à souligner est  : souvenez-vous.

 

Souvenez-vous

David nous invite  à nous souvenir des actes de bienveillances de l’Eternel et ne pas les oublier.  « Souvenez-vous des merveilles que l’Eternel a faites »

Pourquoi est-il nécessaire de se souvenir des actes bienveillants de notre Dieu ? Parce qu’au fond de nous, nous sommes des gens ingrats.  Dostoïewski, un écrivain Russe très connu, déclare à propos du caractère humaine : « Si l’homme n’est pas stupide, il est monstrueusement ingrat ! ».

Shakespeare a écrit tout une tragédie sur l’ingratitude des humains dans le tragédie King Lear, le roi Lear. Un roi qui a donné toute sa richesse à ses filles à condition que celles-ci entretiennent le personnel et le palais. Mais elles l’ont refusé et par la suite elles ont carrément jeté leur père dehors de sorte qu’il erre dans les rues dans le dénuement total. Et Shakespeare lui fait soupire : « l’ingratitude, tu es un ami avec un cœur en marbre ».

Jésus le remarque aussi. Après la purification des dix lépreux dans l’Evangile de Luc, où une seule personne l’a remercié, Jésus se demande :  « Les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Mais les neuf autres, où sont-ils ? «  (Luc 17 : 17-18).

L’ingratitude, une attitude qui nous est familière, une attitude humaine. Dans notre société c’est même un fléau. Combien nombreux sont ceux qui souffrent d’un manque de reconnaissance dans leur lieu de travail ou dans leur foyer. C’est la source principale du stress au travail.

Dieu nous demande à cultiver une attitude de reconnaissance, ce qui n’est pas évident, c’est contraire à notre tendance. C’est pour cela que Dieu a instauré plusieurs fêtes annuelles qui rappelaient au peuple d’Israël les délivrances et la providence de Dieu.  Ces fêtes permettent de s’en souvenir et d’exprimer sa reconnaissance.

Mais nous savons tous que malgré toutes ces fêtes, le peuple de Dieu a oublié les bienfaits de Dieu. Ne pensons pas que cela ne nous arrive pas.

Quand nous sommes accablés par des soucis, des souffrances, nous sommes vite à oublier tous les bienfaits de Dieu. Pourtant, David nous apprend ce matin que l’oublie des actes bienveillants de l’Eternel est grave, voire un péché : « Nous avons péché comme nos pères, car ils ne se rappelèrent pas la multitude de tes actes bienveillants, ils se hâtèrent d’oublier tes œuvres  » (Ps 106 : 7, 13).

« Souviens-toi » n’est pas seulement une invitation, mais un mot d’ordre donné par Dieu à son peuple : « souviens-toi que je t’ai libéré de l’esclavage d’Egypte ». Le peuple devait se souvenir de la libération de son esclavage. Plus tard, Jésus dit à ses disciples quand il a instauré la sainte cène : « Faites ceci en mémoire de moi ». Nous aussi, nous sommes invités à nous souvenir de notre libération de nos péchés et de l’esclavage du péché par le sacrifice de Jésus.
La mémoire,  ça se travaille, disent des psychologues. Oui, et à l’école on nous a encouragés  tous les jours à faire travailler notre mémoire. On a dû faire  des « devoirs de mémoire ».

Se souvenir des bénédictions du Seigneur, c’est se souvenir de notre état pitoyable et lamentable duquel le Seigneur nous a délivrés.

Quand rien ne va plus, il est important de se souvenir comment Dieu est intervenu dans notre vie quand n’allait plus dans le passé. David dit dans Psaume 116 :

- « les liens de la mort m'avaient enserré » : il était dans l'angoisse, le péril, la haine des hommes...
- « J'avais atteint le fond de la détresse et du chagrin » : il se sentait sans espoir, déprimé, au fond du trou...
- « Je disais dans ma précipitation : tout homme est menteur » : il était  désabusé, découragé, déçu...
Si le psalmiste évoque ses détresses, c'est pour se souvenir que le Seigneur l'en a délivré !

Comment, on ne le sait pas... Mais il l'a fait !

« Oui, tu as délivré ma vie de la mort, mes yeux des larmes, mes pieds de la chute. » (v.8)
David était tellement perturbé par ses détresses, mais le Seigneur l’a apaisé.
- « Moi, je retourne à mon repos, car le Seigneur m'a fait du bien. » 

Oui, il nous arrive de traverser des passages difficiles. Au réveil, nous nous rappelons la situation à laquelle nous sommes confrontées. Les idées noires viennent en foule. Alors, à ce moment-là, souvenons-nous de la bonté du Seigneur :  « Mon âme est abattue au dedans de moi. Voici ce que je vais repasser en mon cœur, ce pourquoi j’espère. Les bontés de l’Eternel ne sont pas épuisées. Elles se renouvellent chaque matin ». Aujourd’hui encore cette bonté de Dieu s’est  renouvelée dans notre vie.

L’apôtre Paul nous dit : « Ne vous inquiétez de rien; mais, en toutes choses, par la prière et la supplication, avec des actions de grâces, faites connaître à Dieu vos demandes » (Phil 4.6). Au lieu de prier Dieu en exprimant des sentiments de doute, de découragement ou de mécontentement, nous devons nous approcher de lui avec reconnaissance.

 

Enumérer les bénédictions du Seigneur

J’en viens à un deuxième élément : énumérer les bénédictions du Seigneur, les dire et redire.David nous invite à compter les bienfaits du Seigneur. Lisons-le en Psaume 103: 1-10.
«  Mon âme, bénis l'Eternel, Et n'oublie aucun de ses bienfaits
Le cœur de David est marqué par la reconnaissance. Non seulement il se souvient  de la bonté du Seigneur, mais plus encore, il ne cesse de le dire et redire,  et encore redire. Dans notre psaume :  

« Le Seigneur qui pardonne toutes tes fautes » (vs 3)

« Le Seigneur qui guérit toutes tes maladies » (vs 3)

« Le Seigneur qui rachète ta du gouffre » (vs 4)
« Le Seigneur fait grâce et Il est juste, notre Dieu est compatissant. » (v.5)
« L’Eternel garde les simples. » (v.6)

« Le Seigneur m’a sauvé » (v.6)

« Le Seigneur a fait du bien à son âme » (v.7)

David était tellement conscient de ce que toutes les sources de son reconnaissance se trouvent en Dieu. Et il le souligne, il le répète chaque jour dans ses chants et ses prières, combien le Seigneur est bon, combien sa miséricorde est grande.

Vous connaissez sans doute le livre de Gary Chapman, qui fait toujours un tabac. Son titre : Les langages de l’amour. Il y en a cinq. Vous pouvez emprunter ce livre : il est sur la table d’info.

Un des langages de l’amour qu’il décrit dans son livre,  c’est de prononcer des paroles valorisantes.

Gary Chapman a découvert, dans sa pratique de psychologue, que les paroles valorisantes font tant du bien.

Adresser des compliments sincères à son conjoint ou à son ami, à son frère et sa sœur dans la foi, ou à son prochain  n’est qu’une façon de lui faire comprendre combien vous l’estimez et combien il compte pour vous. Dire chaque jour que vous l’appréciez améliore considérablement votre relation.

Salomon a bien dit : « la mort et la vie sont au pouvoir de la langue » (Prov 18 :21). Des compliments verbaux, des mots d’appréciation sont de puissants communicateurs d’amour.

Le célèbre écrivain américain Mark Twain a dit un jour : « Un bon compliment me permet de vivre deux mois ».

Dans la bible, Dieu nous dit à maintes reprises combien Il nous aime. Les paroles réconfortantes nous rassurent et nous restaurent. Et David nous apprend : comptons-les, n’oublions aucun de ses bienfaits. Souvent, lorsque nos passons par les difficultés, nous oublions tous les bienfaits dont nous avons bénéficié de la part du Seigneur depuis que nous existons. C'est pourquoi, au plus fort de la détresse, j'aime me rappeler cette chanson qui nous dit ; « Quand le vol de la tempête, vient assombrir ton ciel bleu, au lieu de baisser la tête, compte les bienfaits de Dieu. Compte les bienfaits de Dieu, mets les tous devant tes yeux, tu verras, en adorant combien le nombre en est grand ».Quels bienfaits ? Rappelons-nous, nous avons un Dieu qui :  

- nous délivre de la mort,

- essuie nos larmes,

- nous préserve de la  chute !
- nous restaure... et qui nous offre une espérance de vie même au-delà de la mort
- nous console, par sa présence en nous et par l'espérance qu'il met dans nos cœurs
- nous précède et qui nous montre le chemin...

- nous relève lorsque, malgré tout, nous nous retrouvons à terre !

- ne nous abandonne jamais.

Plus on énumère les bienfaits du Seigneur, plus on se rend compte  combien Dieu nous aime, et plus on abonde en reconnaissance pour sa bonté envers nous. Une caractéristique d’un chrétien mature est justement son attitude de reconnaissance.

 

Engagement

Pour terminer. Il y a encore un dernier élément. Dans le psaume 116, David va encore plus loin dans sa reconnaissance. Et plus loin aussi que d’énumérer chaque jour les bienfaits du Seigneur. Cette attitude envers Dieu le pousse à s’engager publiquement dans l’œuvre du Seigneur. C’est le troisième élément : son engagement.

Lisons-le en psaume 116.17-19.

- « Je t’offrirai un sacrifice de reconnaissance » vs 17
- « J'invoquerai le nom du Seigneur ; et j’accomplirai  mes vœux envers le Seigneur en présence de tout son peuple, dans les parvis de la maison de l’Eternel... » vs 18
David se précipite d’offrir un sacrifice de reconnaissance. Il veut plaire à Dieu de toutes manières.  Il s’engage publiquement, parce qu’il était touché par l’amour de Dieu pour lui.

Cela me rappelle une très belle histoire d’une femme pécheresse qui était tellement reconnaissante de ce que Dieu l’avait libérée, qu’elle a répandu un parfum précieux sur les pieds de Jésus. Elle ignorait même le mépris des gens autour de Jésus,  y compris celui des disciples. Elle n’avait  qu’une pensée : montrer à Jésus sa gratitude. Touché par sa reconnaissance, Jésus témoigne d’elle : « ses nombreux péchés sont pardonnés, puisqu’elle a beaucoup aimé, ». (Luc 7 : 36-48.)

La femme faisait preuve de beaucoup d’amour, parce qu’elle se savait pardonnée de tous ses péchés. Elle se souvenait de son état pitoyable avant que Jésus l’en ait délivrée.

Son acte public à l’égard de Jésus était sa manière à Lui montrer combien elle était reconnaissante pour son amour inconditionnel et immuable.

Pour David c’est pareil. En répondant à l’amour de Dieu, il s’engage à obéir à la loi de Dieu. Il la méditait constamment comme nous pouvons le lire dans le Psaume 119. 97-99 : « Combien j’aime ta loi ! Elle est tout le jour l’objet de ma méditation. Tes commandements me rendent plus sage que mes ennemis, car je les ai toujours avec moi. Je suis plus instruit que tous mes maîtres, car tes préceptes sont l’objet de ma méditation. Combien j’aime ta loi. » Et encore : « J’incline mon cœur à pratiquer tes statuts, toujours, jusqu’à la fin » (verset 112).

Je suis sûre que la reconnaissance de David et son désir de plaire à Dieu ont  particulièrement touché le cœur de Dieu. Il a vu que David n’était pas un homme ingrat, mais qu’il était toujours reconnaissant pour toutes les grâces que Dieu lui faisait. En plus, il faisait preuve d’obéissance et d’engagement en réponse de l’amour qu’il a reçu de la part de Dieu. Quoi que soit le coût.

Pensons à nos frères et sœurs persécutés dans beaucoup de pays. Pourquoi préfèrent-ils les souffrances plutôt que de renier le nom du Christ ? Pensons à d’autres qui vivent dans les situations difficiles pour accomplir des tâches risquées et mal payées, pour l’œuvre du Christ.

Pourquoi le font-ils avec joie ?

Parce que malgré les souffrances, la bonté de Dieu est là : heureux serez-vous,  lorsqu’on vous persécutera à cause de Moi (Mat 5.11). Un engagement peut entraîner beaucoup de souffrances, mais que cela ne nous empêche pas à rendre grâce à Dieu. Depuis sa prison, Paul écrit aux chrétiens de Philippes :

« J’ai appris à me contenter de l’état où je me trouve. Je sais vivre dans l’humiliation et je sais vivre dans l’abondance ». (Phil 4 : 11-12). Mais :  « En toute circonstance, rendez grâces, car telle est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ »  (1 Thess 5.18).

L’apôtre Paul était comme David un homme profondément reconnaissant. Cette attitude lui a permis de tout supporter. Car Il  y a un lien fort entre reconnaissance et obéissance. Plus nous sommes reconnaissants, plus nous L’aimons, plus nous désirons Lui obéir.

Voulons-nous être un homme ou une femme selon le cœur de Dieu comme David ? Voici les trois pistes à suivre :

Un : « Souvenons-nous des merveilles que l’Eternel nous a faites »

Deux : « Mon âme, bénis l'Eternel, Et n'oublie aucun de ses bienfaits ! »

Trois : « Accomplirons nos engagements envers l’Eternel en présence de tout son peuple »

Que le Seigneur bénisse sa parole
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