Ceux qui gardent la Parole sont gardés (Philadelphie)

 

Sept Eglises dans l'Apocalypse, # 6, message par Yanna Van de Poll, le 11 août 2013

Nous poursuivons notre série sur les sept églises dans l’Apocalypse et ce matin nous en sommes à la sixième lettre : la lettre à l’église de Philadelphie.

Lire : Apocalypse  3.7-13

 

La ville de Philadelphie 

Le mot Philadelphie veut dire : celui qui aime son frère, ou bien, l’amour fraternel. Selon les commentaires il y a eu une réconciliation entre deux frères, le roi de Pergame et le roi de Lydie, longtemps opposés par des rivalités politiques. Cette réconciliation serait à l’origine de la ville, d’où son nom Philadelphie. Cette histoire est si belle qu’elle a inspiré  la fondation d’autres villes sous le même nom tout au long d’histoire. Par exemple Philadelphie aux Etats Unis. Alors  notre voyage vers Philadelphie peut très bien se poursuivre aux Etats-Unis  dans l’état de Pennsylvanie. Le mot Pennsylvanie porte le nom de son fondateur : William Penn, qui souhaitait que la Pennsylvanie montre un exemple aux autres nations. Elle se voulait tolérante, ouverte à toutes les religions et à toutes les races. Sylvanie veut dire au grec : paisible.

William Penn a fondé la capitale de Pennsylvanie et lui a donné le nom Philadelphie.

Il faut savoir que William Penn appartenait aux quakers. Le mouvement des quakers est fondé par George Fox en 1652.  Leur foi est basée sur la Bible et leur point fort est le respect de tous les êtres humains quelles que soient leur origine, leur couleur de peau, leur confession. Ils cultivent une amitié fraternelle entre tous les peuples, en refusant autant que possible de participer aux guerres et aux affrontements violents. Quand William Penn a fondé la ville de Philadelphie « amour fraternel » Il souhaiterait une ville où l’amitié fraternelle règnerait parmi tous les habitants. Il essaya d’attirer des immigrants par une politique de tolérance religieuse et de pacifisme. Cette politique a encouragé un développement rapide. Même aujourd’hui, Philadelphie est la cinquième ville des Etats-Unis, comptant 4 millions d'habitants. Ce qui est étonnant c’est qu’elle a su préserver une qualité de vie telle que nombre d'entreprises New-Yorkaises quittent actuellement Manhattan pour s'y établir.

Une ville née d’un rêve.

Par contre, Philadelphie en Turquie n’avait pas ce rêve. La ville a été construite sur les flancs d’une montagne au pied de laquelle coulait une rivière dans une vallée fertile. Malgré sa position avantageuse et son sol fertile, Philadelphie n’était pas une ville prospère à cause des éruptions volcaniques fréquentes dans la région qui n’attiraient pas les industries ni les affaires et dissuadaient aussi les gens de venir s’établir dans la ville.

En 17 après J.-C., la plus grande partie de la ville fut détruite par un tremblement de terre, puis reconstruite avec l’aide de l’empereur romain. Aujourd’hui encore, elle ne compte pas plus que 10 000 habitants.

Même si la ville ne correspond pas à un rêve, l’église de Philadelphie en revanche pourrait être née de ce rêve. Voyons ce que Jésus dit de cette église.

 

Présentation

D’abord, la présentation de Jésus. Il se présente à l’église de Philadelphie comme le Saint et le Véritable et celui qui détient la clé de David. Ca c’est intéressant. 

Cette description vient en opposition à ceux “qui se disent Juifs et ne le sont pas, car ils mentent” (3:9).

Les prétentions des faux Juifs n’étaient pas agréables aux yeux du Seigneur. En se nommant “le Saint”, Jésus montre qu’Il est sans péché et qu’Il est égal à Dieu. En ajoutant qu’il est “le Véritable”, le Seigneur donne l’assurance à l’église que, malgré le refus des Juifs de le reconnaître, Il est le véritable Messie. Dieu a été fidèle à ses promesses en envoyant ce Messie Sauveur. C’est également pour cette raison qu’il est “celui qui détient la clé de David”, c’est-à-dire celui par qui la promesse de Dieu à David s’est accomplie : «  j’affermirai pour toujours son trône royal » (2 Samuel 7:13).

Avec cette clé Dieu ouvre et ferme des portes. Cette déclaration est une citation du prophète Ésaïe : « Je mettrai sur son épaule la clé de la maison de David: Quand il ouvrira, nul ne fermera; quand il fermera, nul n’ouvrira » (Ésaïe 22:22). Ésaïe parlait alors du roi Éliakim, qui était une figure de Jésus, le Roi. Cette clé signifie que Jésus détient tout le pouvoir, Il détient le pouvoir royal sur toutes choses, ce qui le rend parfaitement capable d’accomplir le salut et d’exercer le jugement.

Ce qui est très beau dans notre lettre, c’est  que Jésus ne fait aucun reproche à l’église. Il n’y a que des encouragements, car Jésus voit beaucoup de qualités dans cette l’église. J’en relevé trois.

 

1. La qualité de leur faiblesse

La première qualité, qui pourrait être comprise comme un handicap, mais qui, aux yeux du Seigneur, n’en est pas un, est l’état de faiblesse apparente dans lequel se trouve l’église : v 8 : parce que tu as peu de puissance.

Trop souvent, lorsque nous parlons de faiblesse, nous les chrétiens la confondons avec la médiocrité. Jamais, dans la Bible et dans les yeux du Seigneur, la médiocrité ne nous est présentée comme une qualité ou une vertu. Ce que Dieu attend de nous, ses enfants est, non la médiocrité, mais l’excellence. Jésus dit : si votre justice et votre sainteté ne surpassent celles des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux (Matt 5.20).

Quand le Seigneur parle de la faiblesse de l’église, c’est plutôt au regard des puissances du monde. L’église se trouvait dans une situation de minorité,  à cause peut-être de leur petit nombre ou de l’absence de personnes d’influence en elle. De toute façon, l’église paraît comme un groupuscule insignifiant aux yeux du monde. Mais aux yeux de Jésus, elle se trouve dans les meilleures conditions pour qu’à travers elle, le Seigneur puisse montrer sa puissance et la force de son amour. Comme il en était pour l’apôtre Paul quand il se sentait le plus faible : « c’est alors que je suis fort » (2 Cor 12,8 à 10). Dieu manifeste Sa force aux faibles !

Je pense que l’église était tellement consciente de sa faiblesse qu’elle avait développé une confiance entière en la puissance de Dieu, comme un petit enfant dans les bras de ses parents. Et Jésus va la rendre forte.

En comptant sur la force du Seigneur, l’église est restée ferme dans la foi face malgré les dures attaques des Juifs. Si l’on compare la persécution de l’Église de Smyrne et celle de Philadelphie, on constate que toutes les deux ont une soi-disant synagogue de Satan qui leur empoisonne la vie. Mais en dépit des violences de la part des Juifs, l’église de Philadelphie restait profondément ancrée en Christ. Elle savait que ces épreuves étaient permises par son Seigneur, et qu’elle pouvait compter sur Lui. Cette détermination fut entretenue par le message d’encouragement de son Seigneur : « Voici: j’ai mis devant toi une porte ouverte que nul ne peut fermer, parce que tu as peu de puissance… » 

Jésus leur ouvre la porte pour l’évangile parmi les Juifs, Jésus bénit leur fermeté : « Voici: je te livrerai des gens de la synagogue de satan, qui se disent juifs et ne le sont pas, car ils mentent. Voici: je les ferai venir se prosterner à tes pieds et reconnaître que je t’ai aimé » (3:9). Jésus annonce qu’il va continuer de fortifier son église  dans son témoignage. Il va ouvrir la porte du salut aux Juifs incrédules et opposés à l’évangile. Un bon nombre d’entre  eux viendront à la foi. Comme c’est beau !

Cette parole est l’accomplissement de plusieurs prophéties de l’Ancien Testament, qu’on trouve notamment en Esaïe : « Les fils de tes oppresseurs viendront s’humilier devant toi, et tous ceux qui t’outrageaient se prosterneront à tes pieds, ils t’appelleront ville de l’Éternel, Sion du Saint d’Israël » (Ésaïe 60:14). Cette prophétie trouve donc un premier  accomplissement dans les églises qui restent fidèles à l’évangile, comme celle de Philadelphie. Ils viendront  et « reconnaîtront que je t’ai aimé ».

 

2. La qualité de leur persévérance

Une deuxième qualité est donnée au verset 10 : « Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi ».

Cette qualité peut signifier deux choses : d’abord ils ont gardé l’Évangile du Christ crucifié. Ils n’avaient pas mélangé l’évangile avec des fausses doctrines comme s’est passé à Pergame et à Thyatire. Ils ont veillé à ce qui est enseigné sur le plan doctrinal corresponde réellement à ce que le Seigneur a transmis par ses serviteurs.  Comme l’apôtre Paul écrit à Timothée : « O Timothée, garde le dépôt, en évitant les discours vains et profanes, et les disputes de la fausse science ! (1 Tim 6,12).

Nous pourrions penser, en voyant la faiblesse de l’église de Philadelphie, que celle-ci ne se trouvait pas dans les meilleures conditions pour persévérer. Or, c’est justement l’inverse qui s’est produit. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le fait d’être peu nombreux, une minorité, ou de ne pas avoir d’influence dans la société n’est pas un désavantage, mais un atout pour la persévérance. Souvent, c’est non dans la facilité, mais dans le creuset de la difficulté que, souvent, s’épanouit le mieux la fleur de la persévérance.  

En récompense de ce que l’église a gardé la parole de Dieu, Jésus leur promet au verset 10 : « Je te garderai aussi de l’heure de l’épreuve qui va venir sur le monde ».

Cette tribulation semble d’envergure universelle, car elle viendra “sur le monde entier”. Il pourrait s’agir de la période finale de la tribulation qui va venir avant le retour de Jésus.

Ou bien des persécutions à grande échelle qui se sont produites tout au long de l’histoire de l’église.

Une très belle expression de la vérité de cette phrase est donnée par le peintre Marc Chagall. Un juif Russe, qui a peint à maintes reprises la douleur de la communauté juive au début du 20ième siècle en Russie et Biélorusse. Les Juifs étaient  persécutés et expulsés. A travers ses tableaux Chagall nous donne cet encouragement : même dans les pires persécutions, il faut garder la torah de Dieu, la Parole de Dieu. Je vous donne quelques images des ces beaux tableaux.

En tout cas, la promesse est là : le Seigneur gardera et protégera son église dans ces épreuves. Le Saint et le Véritable leur sera véritablement fidèle jusqu’au bout!

La promesse de ce verset n’est donc pas qu’ils vont éviter l’épreuve, mais qu’ils seront capables de persévérer dans l’épreuve par la puissance du Christ.

Ce qui est remarquable dans l’histoire de Philadelphie en tant que ville c’est qu’elle était gardée pendant des siècles.  Elle était une cité chrétienne indépendante et neutre parmi le peuple des païens.  Elle a même pu résister très longtemps à  la conquête des musulmans et puis des turcs. Ce n’est qu’au XVI siècle qu’elle est tombée.

Jésus garde son église. Cette belle promesse est pour nous aussi. Jésus nous gardera, si nous gardons fidèlement sa parole, quelque soit l’épreuve. Il nous gardera comme Il l’a promis en Psaume 121 : 7-8 : « L’Eternel te gardera de tout mal, Il gardera ton âme. L’Eternel gardera ton départ et ton arrivée, dès maintenant et à toujours ».

 

3. La qualité de leur attente du retour du Christ

Une troisième et dernière qualité se trouve dans leur attente du retour du Christ. Le texte dit : « Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi ».

La phrase « la parole de persévérance » peut aussi être traduit par : « Parce que tu as gardé ma parole pour m’attendre patiemment ». Cette dernière traduction pourrait être correcte, d’autant plus qu’au verset 11 Jésus parle de son retour : « Je viens bientôt ».  Si tel est le cas, l’église n’est pas seulement louée par le Seigneur pour sa fidélité envers lui et envers sa Parole, mais aussi pour son attente de son retour. Au fond, les deux sens sont complémentaires.

Notre fidélité envers le Seigneur et son Évangile implique aussi que nous attendons patiemment le retour du Seigneur dans sa gloire. L’église a gardé dans son cœur la parole de Jésus qui, lui, a été fidèle et véritable dans ses souffrances jusqu’au bout. A l’instar de son Sauveur, l’église n’a pas renié son nom (vs 8).

L’objectif de notre ennemi acharné est de nous détourner de Jésus. L’église de Philadelphie est un exemple pour nous tous de persévérance et de confiance en Dieu.

Je viens bientôt dit Jésus. Le mot “bientôt” ne dit pas nécessairement que la venue du Seigneur est imminente dans le sens chronologique. Il veut souvent dire “ sans délai”. Le Christ doit accomplir une œuvre extraordinaire avant son retour. Cette œuvre ne sera pas complétée plus tôt, mais en son temps. Il viendra seulement une fois qu’il aura accompli tout son dessein. La venue du Seigneur est un encouragement pour son église de demeurer ferme dans la foi  même au milieu des épreuves : « Tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne ». Alors, les forces du diable ne réussiront pas à leur enlever leur couronne.

 

Promesses 

Pour terminer. Comme Jésus vient bientôt, Il veut que l’église aille jusqu’au bout :  « Du vainqueur, je ferai une colonne dans le temple de mon Dieu et il n’en sortira plus ».

Une colonne est un symbole de grande importance, de force et de durabilité. C’est surtout cette dernière qualité qui est soulignée. Ce qui est très  beau c’est que cette promesse est donnée à une église avec peu de puissance, ce qui montre que la puissance de l’église ne réside pas dans le grand nombre, la richesse ou des qualités particulières, mais dans la foi qui triomphe du monde (1 Jean 5:4). Une colonne est un signe de stabilité, de permanence. Une telle promesse devait être appréciée par les chrétiens de Philadelphie qui avaient déjà subi des tremblements de terre. Ils habiteront dans la nouvelle Jérusalem en permanence sans être perturbé. Ils ne sortiront plus jamais du temple, c’est-à-dire de la présence de notre Dieu.

Autrefois, il y avait souvent des inscriptions sur les colonnes de la part des vainqueurs. Les promesses suivantes rappellent cette coutume : « J’écrirai sur lui le nom de mon Dieu et celui de la ville de mon Dieu, la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d’auprès de mon Dieu, ainsi que mon nom nouveau ». En d’autres mots, le vainqueur recevra l’assurance d’appartenir à Dieu, à la nouvelle Jérusalem et au Christ. Il aura part à toutes les bénédictions et à tous les privilèges que cela comporte et cela pour toujours. Non seulement le vainqueur aura-t-il une place immuable dans le temple de Dieu, il aura aussi une identification permanente. Car porter le nom de quelqu’un signifie qu’il lui appartient et qu’il est reconnu par Lui. 

Ainsi se termine cette belle lettre.

Que le Seigneur nous permette de suivre cet exemple : de garder la parole de Dieu et d’être un lieu où l’amour fraternel règne, un vrai lieu de philadelphie.

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