Gare au syncrétisme (Pergame)

 

Lettres aux sept églises en Apocalypse # 3 –  Message par Yanna Van de Poll, le 23 juin 2013.

Nous sommes toujours en voyage. Après avoir réfléchi aux lettres aux églises d’Ephèse et de Smyrne, c’est aujourd’hui le tour à la lettre à l’église de Pergame.  Lisons cette lettre en Apocalypse 2.12-17.

 

La ville de Pergame

Pergame est aujourd’hui un village modeste et sans importance. Mais à l’époque de Jean, Pergame était la capitale très riche d’une province d’Asie. Elle était avec Alexandrie, l’une des grandes villes de la civilisation hellénique. L’un des monarques qui la gouvernaient constitua en son sein une bibliothèque monumentale, forte de 200 000 ouvrages, bibliothèque destinée à rivaliser avec sa concurrente à Alexandrie. Pour la petite histoire, c’est de Pergame que nous vient le nom Parchemin, qui se dit en grec Pergamene. Dans cette région, on avait découvert un support à l'écriture différent du papyrus, ce qui permettait à la ville d'être, dans ce domaine, indépendante de l'Egypte.

A Pergame, dit un historien, tout devait être plus grand qu’ailleurs : bibliothèques, colonnades, temples, amphithéâtre… Si la ville est appelée le trône de Satan, ce n’est cependant pas pour ses richesses, mais d’abord et avant tout pour le nombre impressionnant de cultes à caractère occulte que la ville abritait. Pergame était un grand centre d'adoration païenne et on y trouvait un abondant mélange de différents cultes.
En effet, selon les historiens, on trouvait à Pergame :

  • un magnifique temple dédié à Athéna, la déesse de la sagesse
  • un temple à Bacchus, le dieu des festivités, du vin
  • le temple d’Esculape, le dieu grec de la santé qui avait fait de Pergame le rendez-vous des milliers de pèlerins venus y chercher la guérison (le dieu Esculape figure sur le logo que l’on retrouve à l’enseigne de toutes nos pharmacies)
  • un sanctuaire consacré à Jupiter. Le temple de Jupiter à Pergame a été démonté colonnes par colonnes, puis transporté en Europe et reconstruit avant la 1ère guerre mondiale à Berlin, dans le secteur Est de la ville
  • le premier temple dédié à un empereur romain, l’empereur Auguste : c’est peut-être pour ce fait plus que tous les autres encore que Pergame est appelée par Jésus le trône de Satan.


Bref, une ville où les religions sont nombreuses. Des religions qui véhiculent des idées et des pratiques inspirées des ténèbres. C’est pourquoi Jésus l’appelle  le trône de Satan.

 

L'église de Pergame

Dans une telle ville, on se pose la question : qu’en est-il de l’église ? Qu’est-ce que Jésus dit à l’église de Pergame ? Verset 13 : tu es attaché à mon nom. Ce n’est pas mal : ces fidèles ont retenu ou gardé le nom de Jésus-Christ, ce nom qui est au-dessus de tout autre nom dans le ciel, sur la terre et sous la terre, ce nom devant lequel tout genou doit fléchir. Malgré les nombreuses idoles, les faux cultes, les autorités religieuses contestables, les influences diverses, économiques, politiques, les rachetés de cette Eglise ont su rester fidèles à Jésus-Christ. Moi je dirais : bravo !

Plus encore, ils n’ont pas renié la foi même pendant les mauvais jours, les jours où Antipas, le témoin fidèle à été tué. Pendant la persécution, ils sont restés attachés au nom de Jésus-Christ et ont refusé de participer au culte voué à l'empereur. Ce refus pouvait être sévèrement sanctionné, parfois par la mort.

S’il y a de bonnes choses dans l’église de Pergame, le Seigneur relève aussi certains égarements. Le fait pour l’Eglise de Pergame de vivre dans un milieu difficile sur le plan spirituel n’est pas pour le Seigneur une excuse.  

A Ephèse l’église était exposée au risque de perdre son premier amour. A Smyrne l’église était face à la persécution. A Pergame nous sommes confrontés à un danger beaucoup plus subtil et pernicieux : le danger du mélange, un mélange entre le vrai et le faux, entre la vérité et l’erreur, entre des enseignements justes, bibliques d’une part et d’autre part des doctrines dont les sources et les origines n’ont rien à voir avec la Parole de Dieu.

C’est là, effectivement, ce qui, sur le plan historique, a marqué l’évolution l’église de Pergame. Citée après Smyrne, Pergame nous rappelle que satan, l’adversaire de Dieu, a recours à deux modes opératoires : le premier, celui utilisé à Smyrne est l’intimidation et la violence, le second, celui utilisé à Pergame, est la séduction et la corruption. L’un, la violence, est surtout un mode opératoire extérieur.  L’autre, la corruption et le mélange, est un mode opératoire qui agit de l’intérieur.

Ce que Satan n’arrive pas à faire avec l’oppression, c’est-à-dire détruire l’Eglise, il essaye de le faire par la confusion des doctrines et la corruption des mœurs. Lisons-le en verset 14 :

 

L'enseignement de Balaam

« J’ai contre toi certains griefs : tu as là des gens qui maintiennent la doctrine de Balaam ». C’est quoi la doctrine de Balaam ? Pour trouver une réponse il nous faut tourner vers l’origine de cette doctrine qui se trouve en Nombres ch. 21- 24
Alors que le peuple d’Israël s’approche des frontières du pays promis, nous le voyons remporter de grandes victoires militaires sur les rois qui habitent les territoires sur lesquels il passe. Nombres 21 nous rapporte qu’Israël vient juste de conquérir le territoire de 2 rois puissants : Sihon et Og.

Spectateur de ces victoires, Balaq, le roi de Moab qui est le prochain sur la liste pour être éradiquer, s’inquiète. Si les armes et l’option militaire ne réussissent pas, comment peut-il arrêter Israël ? C’est là que l’idée lui vint à l’esprit de faire appel au magicien Balaam, connu pour ses pouvoirs occultes et spirituels, un prophète corrompu qui faisait tout pour l’argent.  Balaq envoie des émissaires vers Balaam pour lui dire : « Viens je te prie, maudis-moi ce peuple, car il est plus puissant que moi, car je sais que celui que tu bénis est béni, et que celui que tu maudis est maudit » (Nombres 22.6).

Balaam pratiquait l'occultisme et la divination. Apparemment ses paroles étaient puissantes. La Bible le décrit comme quelqu’un qui «  est à la recherche de formules occultes ». C’est-à-dire Balaam voulait se servir du nom de Dieu pour maudire Israël, pour causer le malheur en Israël.

Pourtant, nous connaissons la suite : Dieu ne le permet pas, Il intervient, Il lui parle à travers de son ânesse. Et  finalement, Balaam prononce sur Israël une bénédiction au lieu d’une malédiction, car Dieu lui a donné ses paroles dans sa bouche.

On pourrait croire en lisant le livre des Nombres sans lire la lettre à Pergame en Apocalypse que l’histoire de Balaam s’arrête là. En fait, ce n’est pas le cas. Car Jésus nous apprend qu’après avoir béni Israël, Balaam, voyant Balaq déçu, a prodigué de nouveaux conseils.

Puisque les sorts et les enchantements n’ont aucun pouvoir sur Israël, Balaam a suggéré à Balaq une autre voie pour provoquer la chute du peuple de Dieu : la voie de la séduction.

C’est comme si Balaam avait dit à Balaq : Puisque tu ne peux pas vaincre Israël de l’extérieur, soit par les armes, soit par une malédiction, je te propose une autre voie : essaie de le corrompre de l’intérieur. Tu as un allié puissant avec toi au sein d’Israël : son propre cœur mauvais. Fais vibrer les cordes de son cœur naturel et je suis sûr qu’il y répondra. Ainsi, ce n’est pas toi qui détruiras ce peuple, mais lui-même en s’exposant au jugement de leur Dieu.

La ruse et l’enseignement de Balaam font mouche. Immédiatement après Nombres 24, on trouve Nombres 25,1 à 5 qui nous montre l’efficacité et le succès de la doctrine de Balaam toute entière fondée sur le mélange et le compromis. Séduit par les filles de Moab, les fils d’Israël adoptent leurs coutumes et commencent à offrir des sacrifices à leurs dieux.

Ce qu'il n'a pas pu accomplir par ses prophéties, Balaal le réalise par les femmes de Moab, qui parviendront à séduire le peuple d'Israël par l'immoralité et l'idolâtrie. Israël s'accouplait avec Baal Peor, nous dit l'Ecriture en Nombres 25:3.

La Parole nous apprend que la fin de Balaam est misérable. Il périt lamentablement dans une bataille avec plusieurs rois. (Nombres 31.8). Pour dire qu’on ne se moque pas de Dieu. Dieu est juge et son jugement finit par l'atteindre. Balaam a eu le tort de mélanger des prophéties vraies et justes aux éléments païens, notamment ceux de l’immoralité.

L’apôtre Paul a tiré pour nous cette leçon de l’expérience des enfants d’Israël devant l’enseignement de Balaam : « Ne nous livrons point à la débauche, comme quelques-uns d’entre eux s’y livrèrent, de sorte qu’il tomba vingt-trois mille en un seul jour ….Ces choses leur sont arrivés pour servir d’exemples, et elles ont été écrites pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin des siècles » (1 Cor 10.8,11).

 

Les œuvres des Nicolaïtes

Ce que faisaient les Nicolaïtes dans l’église de Pergame, allait dans le même sens. Le mot « Nicolaïte » veut dire : « dominateur, vainqueur du peuple » dans le mauvais sens du terme. Les œuvres des Nicolaïtes, ce sont les œuvres de ceux qui écoutent les opinions des hommes, et qui mettent en avant les traditions et les opinions des hommes, plutôt que la Parole de Dieu.

Les spécialistes appellent ce mélange le syncrétisme. Essayer de mélanger la foi en Dieu et les pratiques d’autres religions. 

Comme définition du syncrétisme on pourrait retenir cette parole biblique : "Ainsi ils craignaient l'Eternel, et ils servaient en même temps leurs dieux" (2 Rois 17:33).

 

Remède pour guérir

C’est ce mélange qui est entré dans l’église de Pergame. Quel remède le Seigneur préconise-t-il pour guérir cette église ? Il y en a un et il est tout simple: Repens-toi, un changement radical ! C'est toujours la solution en cas de péché.  Si la théorie est simple, la mise en pratique est beaucoup plus complexe. La repentance demande de l'humilité. La repentance demande une reconnaissance de ses torts devant Dieu. La repentance demande de la soumission et de la confiance. Si Dieu ne trouve pas de repentance, le Seigneur viendra lui-même et combattra avec l'épée de sa bouche (verset 16). 

Quand Jésus s’est introduit par « Voici ce que dit celui qui a l’épée aiguë, à deux tranchants », ce n’est pas par hasard. L’épée à deux  tranchants est la Parole de Dieu, qui est la vérité. La Parole de Dieu nous préserve des mélanges impropres à la vie avec Dieu, selon qu’il est écrit : « Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, elle pénètre jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles, elle est juge des sentiments et des pensées du cœur » (Hébr 4.12).

Dans un temps où la vérité se mélange avec l’erreur, le Seigneur est toujours à la recherche d’hommes saints sans compromis avec la Parole.

Face aux tentatives de corruption dont le Seigneur a lui aussi été l’objet dans le désert, Sa défense n’a été faite que d’une seule chose : par sa Parole. Chaque fois quand Jésus était tenté, il répondait par :  il est écrit. C’est ce mode de défense qu’Il nous demande aussi d’adopter. Cela nous met en garde: sommes-nous en mesure d'interpréter et d'évaluer les pensées du monde à la lumière de la Bible ?  

C’est là le défi particulier qui revient à tous les hommes de Dieu dans tous les siècles.

Récompenses promises au vainqueur

Pour terminer, Jésus conclut la lettre avec une récompense. La récompense promise au vainqueur est double, belle et encourageante. Le vainqueur recevra de la manne cachée, c'est-à-dire le pain du ciel, la nourriture céleste, comme les Israélites dans le désert ont reçu de la manne. Celui qui la reçoit est nourri et son âme se porte à merveille. C'est un bien très précieux.

Le vainqueur reçoit aussi un nom nouveau écrit sur un caillou blanc. Le blanc nous parle du pardon, de la pureté. Et le caillou ? A l’époque, on déposait un caillou à la place de chaque convive, pour qu'il sache où s'installer. Ainsi, le vainqueur aura sa place réservée le jour des noces de l'Agneau. A sa table seront tous ceux qui, au cours des siècles, étaient fermement attachés à la Vérité pour les faire siéger avec Lui à sa droite, dans les cieux ! Donc, il vaut vraiment la peine de vaincre!

Au regard de la mentalité de mélanger toutes les idées religieuses de la société qui nous entoure, l’église locale de Pergame nous interroge : qu’est-ce qui témoigne de l’influence du monde ambiant dans nos comportements, dans notre mentalité ? Dans quelle mesure y a-t-il un mélange dans nos pensées de ce que la culture ambiante nous présente et ce que la Parole de Dieu nous demande ? Quel est l’impact de la psychologie, du relativisme, du rationalisme, du matérialisme, etc etc  sur nous ?

Soyons vigilants. Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux églises.

Que Dieu nous accorde la grâce de rester fidèle à sa Parole et d’être trouvé par Lui parmi ces vainqueurs !

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