Gardons la tête haute et le genoux fléchis

 

Série Pierre dans les Actes # 8 - Message par Evert Van de Poll, le 26 mai 2013

Lire : Actes 12.1-24

Un épisode très mouvementé dans l’histoire de l’Eglise primitive. Si je dois résumer la leçon de ces évènements, je dirais : En toutes circonstances, gardons la tête haute et les genoux fléchis. Ce matin, le Seigneur nous encourage à lui faire confiance, à ne jamais désespérer.

Nous sommes en l’an 38 ou 39 après J.-C, c’est-à-dire douze ans après la crucifixion et la résurrection de Jésus. Douze ans après la venue du Saint-Esprit et la naissance de l’Église.

Plusieurs personnes entrent en jeu. A commencer par Hérode. Hérode Agrippa Ier, plus précisément. Cet homme malfaisant faisait partie de la dynastie des Hérode, qui régnaient sur la Judée et la Galilée pour le compte de l’empereur de Rome.

L’Hérode de cette histoire était le petit-fils d’Hérode le Grand, qui avait ordonné le massacre des enfants à Bethléhem, et le neveu d’Hérode Antipas qui avait fait décapiter Jean-Baptiste. Voilà une famille caractérisée par l’intrigue et le meurtre.

Les Hérode étaient descendants des Edomites, et donc méprisés par les Juifs. Hérode Agrippa essaye de s’attirer leur soutien, en persécutant les chrétiens.

Il se mit à maltraiter quelques membres de l'Eglise de Jérusalem. Il fit tuer par l'épée Jacques, le frère de Jean. Quand il s’aperçut que cela plaisait aux Juifs, il fit aussi arrêter Pierre… Il le fit mettre en prison (v. 1-3).

 

1.   Malgré les attaques, l’Église demeure debout

Le premier à entrer en scène s’appelle Hérode. Hérode Antipas II plus précisément.

Il est le petit-fils du roi Hérode qui a fait tuer tous les tout-petits de Bethléem, juste après la naissance de Jésus-Christ.

Son oncle, du même nom Hérode, était également roi. C’est lui qui s’est rendu complice, avec Pilate, de la condamnation à mort de Jésus.

Maintenant, un autre Hérode. Il déteste l’Église, comme son grand-père et son oncle ont détesté Jésus le Messie. Il est bien déterminé de faire taire à jamais les hommes et les femmes qui répandent l’évêque de ce Jésus.

Il se mit à maltraiter quelques membres de l'Eglise de Jérusalem. Il fit tuer par l'épée Jacques, le frère de Jean. Quand il s’aperçut que cela plaisait aux Juifs, il fit aussi arrêter Pierre… Il le fit mettre en prison (v. 1-3).

Hérode a beau semer la peur parmi les chrétiens, il ne réussira pas. L’Église va survivre à ces attaques, comme elle a survécu à toutes les persécutions.

Il arrive que les croyants abandonnent Dieu. Mais Dieu, de sa part, n’abandonne jamais ceux et celles qui lui restent fidèles.

Par contre, les jours d’Hérode sont désormais comptés.

Cinq ans plus tard, il se laisse acclamer comme un roi divin. Il s’attribuait la gloire du Dieu vrai et vivant. Ce blasphème lui fut fatal.

Au même instant, un ange du Seigneur vint le frapper parce qu’il n’avait pas rendu à Dieu l’honneur qui lui est dû. Dévoré par les vers, il expira. Mais la Parole de Dieu se répandait toujours plus (v. 23-24).

Rappelons-le, beaucoup d’hommes puissants arrivent sur la scène de l’histoire et emportés par leur orgueil, ils s’opposent à l’Église.

Toutefois, leurs jours passent, ils sont comptés et tôt ou tard ces individus paraîtront devant le Juge éternel. Les années de gens cens sont éphémères, tandis que l’Éternel demeure à jamais ! Son Église paraît souvent fragile et vulnérable. Mais malgré les attaques, demeure debout à travers les âges. C’est le premier point de cette histoire

 

2.  La prière est notre force

Son Église, justement. Mais l’Eglise priait ardemment Dieu en sa faveur (v. 5). En faveur de Pierre dans la prison. La prière est vitale, est elle notre force en tant qu’enfants de Dieu.

C’est le deuxième point de cette histoire

La situation était grave. On pouvait s’attendre à ce que Pierre serait condamné à mort, tout comme Jacques. Un Hérode acharné, cela faisait peur. Les jours de Pierre semblaient être comptés. Et il ne serait pas le dernier à tomber. La persécution ne ferait que commencer !

Les chrétiens de Jérusalem ne pouvaient pas venir au secours de Pierre, ils ne pouvaient rien pour lui. Constatant leur impuissance, ils se sont alors tournés vers Celui qui seul peut tout.

Luc nous dit qu’Hérode avait fait arrêter Pierre pendant les jours des Pains sans levain, et qu’il voulait faire comparaître l’apôtre Pierre devant le peuple après la Pâque (v. 3-4).

Pendant la nuit juste avant sa comparution, Dieu va intervenir. La nuit avant le jour après la Pâque. Cela veut dire, pendant la nuit pascale.

La nuit où tous les Juifs commémoraient l’exode du peuple d’Israël de l’esclavage en Égypte. Comme ils le font aujourd’hui encore. Lors de cette nuit, cette veillée pascale, les Juifs célèbrent le repas de Pâques, et ils se racontent les miracles que Dieu avait opérés en Égypte pour libérer son peuple. Et ils prient plusieurs psaumes de délivrance.

Les croyants réunis dans les maisons pour prier, étaient tous des Juifs. Ils commémoraient l’exode, eux aussi. En plus, ils commémoraient la mort de Jésus, car le Seigneur avait donné sa vie à la croix juste avant la tombée de la nuit pascale.

Dans cette nuit solennelle, ils ont prié pour Pierre.

Lorsque nous prions avec nos frères et sœurs, nous nous sentons soutenus. Leur aide, leur soutien, comme leur écoute, nous permettent de sortir du désespoir et de surmonter nos craintes. Par la prière, nos regards se tournent vers l’Éternel et nous recevons de lui sa paix et sa joie. Il nous accorde alors la force de tout endurer, de supporter avec patience les épreuves et les difficultés.

Lorsque nous prions avec nos frères et sœurs, nous nous encourageons mutuellement, à tout niveau, émotionnellement et spirituellement.

agir.

 

3.  La confiance est notre sécurité

Lorsque les fidèles priaient à l’égard de Pierre, ils étaient sans savoir ce qui se passait réellement dans la geôle où Pierre attendait une mort certaine – humainement parlant.

Certes, Pierre n’en était pas à son premier emprisonnement. Quelques années plus tôt, il était échappé de façon miraculeuse.

Alors, Hérode avait tout fait pour éviter que Pierre ne récidive. Et le fait d’avoir fait tuer l’apôtre Jacques, disait sa détermination de faire subir à Pierre le même sort. Donc, il a pris ses mesures.

Il le plaça sous la garde de quatre escouades de quatre soldats chacune. Pierre était donc sous bonne garde dans la prison. La nuit qui précédait le jour où Hérode allait le faire comparaître, Pierre, attaché par deux chaînes, dormait entre deux soldats, et devant la porte de la prison, des sentinelles montaient la garde (v. 5-6).

Vingt soldats en tout !

Que ferais-je dans une situation pareille, sachant que demain je serais certainement pendu ou abattu par un bourreau ?

Prier, certainement. Mais regarder Pierre. Il dort. Son âme est tellement tranquille qu’il trouve le sommeil.

Ici pas quelqu’un dans l’angoisse de vivre ses dernières heures. Pas quelqu’un en train de pleurer son sort. Pas de contestation. Pas d’énervement.

Ici nous voyons Pierre totalement serein, si bien qu’il va s’endormir au milieu de ses féroces soldats qui vont bientôt recevoir des ordres de mettre fin à sa vie.

D’où vient cette paix ?

Elle vient d’une totale confiance en le Seigneur, quelles que soient circonstances.

Pierre est rempli de la paix que le monde ne peut donner. La paix intérieure qui vient d’en haut. Paix avec Dieu. Paix avec son sort.

Pierre endormi dans la prison de mort. Extraordinaire ? Peut-être pas pour Pierre.

Il savait qu’il est possible de dormir dans une barque ballotée par des vagues dans une tempête violente. Il l’a vu, des ses propres yeux.

Lui et les autres dans la barque craignaient pour leur vie. Le bateau étaient sur le point de casser en deux et de couler.

Mais Jésus dormait paisiblement.

Dans une totale confiance à son Père céleste.

Pour lui, la même barque était l’endroit le plus sécurisé qui soit.

Quand nous sommes au centre de la volonté de Dieu, nous sommes en sécurité.

Quand nous faisons confiance à lui, et que nous obéissons à ce qu’il demande, nous sommes en sécurité.

La confiance est notre sécurité. C’est la troisième leçon de cette histoire

Histoire d’un chrétien que le Seigneur a beaucoup utilisé pour aider les personnes en difficulté.

Il avait un ministère d’intercession et quand il priait pour les gens, des choses extraordinaires se produisaient. Des conversions. Des rétablissements.

Quel était le secret de ses prières si efficaces ? Quelqu’un voulait en avoir le cœur net. Il s’est caché dans la maison de ce chrétien, à côté de sa chambre où il faisait son culte personnel de tous les matins et tous les soirs. Sa prière de soir sera longue et spéciale, se disait le visiteur intrus. Quel n’était sa surprise d’entendre l’homme terminer sa journée en disant, tout simplement : Bonne nuit, Seigneur. Je te remercie de ce qui tu veilles sur moi.

Geste d’une confiance totale. Voilà son secret.

Les anglais ont une jolie formule pour la confiance : let go, let God. Laisse les choses, laisse Dieu agir.

Effectivement, c’est que Pierre a fait. Après sa prière de soir, il laisse le Seigneur agir. Le Berger de nos âmes ne dort ni ne sommeille. Il veille sur ma vie, sur ta vie.

 

4.  Dieu exauce au-delà de nos prières

Pendant que Pierre dort, le Seigneur va exaucer ses prières et celles de ses frères et sœurs au-delà de ce qu’ils ont tous imaginé. Voilà la quatrième leçon.

Pierre aura prié, avant de s’endormir. Il aura exprimé sa confiance en le Seigneur.

Qu’est-ce qu’il a demandé dans sa prière ? Que la paix du Seigneur remplisse son cœur ? Certainement. Que le Seigneur le libère de la prison, comme l’autre fois ? Je ne suis pas sûr. Quand l’ange de Dieu arrive sur place et qu’il le sort de la prison, Pierre a du mal à le croire. Il ne s’y était pas attendu du tout !

Il croyait rêver. Il croyait avoir une vision. Quand il ne voit plus les vingt soldats autour de lui, et qu’il est dans la rue, tout à fait libre de ses mouvements, il commence à se rendre compte du miracle : Alors seulement, Pierre reprit ses esprits et se dit: « Ah, maintenant je le vois bien, c’est vrai: le Seigneur a envoyé son ange et m’a délivré des mains d’Hérode et de tout le mal que voulait me faire le peuple juif » (v. 11)

Et les fidèles dans les maisons ? Qu’est-ce qu’ils ont demandé au Seigneur ?

Je pense que les fidèles ont imploré le Seigneur Dieu de donner à Pierre la force de ne pas renier sa foi, comme il l’avait fait pendant une autre fête de Pâque plus de dix ans en arrière. Là, il avait renié le Seigneur à trois reprises. Toute l’Église le savait. Donc ils ont certainement prié Dieu de lui donner la force de tenir bon, cette fois-ci.

Est-ce qu’ils ont pensé que Pierre allait suivre l’exemple de son Seigneur ? Qu’il allait subir le martyre ?

Ou alors, ont-ils considéré que le Seigneur pourrait le délivrer des mains d’Hérode tout comme il avait délivré son peuple d’Égypte ?

Je ne le pense pas. Pendant cette nuit, leur apôtre bien-aimé fut bien délivré de la prison, miraculeusement. Mais quand il les a rejoints dans la maison d’une certaine Marie, ils n’en croyaient pas leurs yeux. Ce qui se passe est presque comique :

Il frappa au battant de la porte. Une jeune servante, appelée Rhode, s’approcha et demanda qui était là. Elle reconnut la voix de Pierre et, dans sa joie, au lieu d’ouvrir, elle se précipita pour annoncer: C’est Pierre ! Il est là, dehors, devant la porte. Tu es folle, lui dirent-ils. Mais elle n’en démordait pas.  Alors, c’est son ange, dirent-ils (v. 13-14)

Quel ange ? Selon certains commentaires, ils auraient pensé à un ange gardien, mais c’est peu probable. Un ange gardien ne vient jamais seul, mais toujours avec celle ou celui qu’il garde.

En hébreu comme en grec, le mot pour ange est « messager ». Que ce soit un messager divin ou un messager humain. Tous les deux peuvent s’appeler angellos, messager. Vraisemblablement, les gens dans la maison ont pensé à un messager, venu de la part de Pierre ou de la part des autorités, afin de transmettre les dernières nouvelles concernant Pierre.

Pendant ce temps, Pierre continuait à frapper. Ils ouvrirent, le virent et en restèrent tout étonnés (v. 16).

Dieu avait exaucé au-delà de toutes les attentes. Il est capable de nous surprendre. Les jours des miracles ne sont pas révolus. Mais, un miracle n’arrive jamais sur commande. Toujours par la seule grâce de Dieu.

Il donne aux uns la grâce de souffrir pour lui, comme l’apôtre Jacques, et de connaître la joie dans la plus grande tristesse, comme les chrétiens qui ont pleuré sa mort.

Aux autres il donne la grâce d’être libérés.

Dans tous les cas, il se glorifie.

Parfois, notre joie est mitigée. Quoi qu’il arrive dans nos vies, en réponse à nos prières, que toute la gloire en revienne à notre Dieu tout puissant.

 

5.  Quand Dieu ferme une porte, il en ouvre une autre

Pierre ajouta : « Faites savoir tout cela à Jacques  et aux autres frères. » Ensuite, il repartit et se rendit « dans un autre endroit » (v. 17).

Pierre va disparaître de la scène. Il est un homme recherché par les autorités. La porte pour son ministère en Judée est désormais fermée.

Il va vers ‘un certain endroit’. Dans les livres des prophètes, cette expression signifie Babylone. Dans le NT, ‘Babylon’ signifie Rome. Plusieurs sources relatent que Pierre est arrivé à Rome en 42 après J.-C., pour un court séjour d’une ou deux années. Et qu’il y a travaillé vers la fin de sa vie, jusqu’à son martyre dans cette ville en 64.

Est-il parti pour se mettre en sécurité ? Dans un premier temps, oui, certainement,

Mais ce fut aussi un nouveau départ.

Quand Dieu permet qu’une porte se ferme, il en ouvre une autre.

Alors commence un nouveau ministère, auprès des communautés juives dans la Diaspora.

Nous n’avons que quelques traces dans le Nouveau Testament. En revanche, les sources post apostoliques en parlent beaucoup, parfois d’une manière légendaire d’ailleurs

 

6.  Pas de voyage tranquille, mais « bonne arrivée » assurée

Il ne nous a pas promis une vie comme un voyage tranquille. Bien au contraire, nous pouvons nous attendre à des difficultés de tous genres, puisque nous nageons à contre courant dans une société où les hommes suivent leurs propres désirs.

Alors, gardez les genoux fléchis. Remettez votre sort à l’Éternel.

En revanche, si le Seigneur ne nous a pas promis de voyage sans encombre, il nous a assuré une « bonne arrivée », pour reprendre cette jolie expression africaine.

Sa promesse est de nous préserver jusqu’à ce que nous arrivions au bon port.

Nous ne savons pas quand nous allons entrer dans sa gloire, et par quelles circonstances, mais une chose est sûre et assurée : quand nous avons fait de Jésus le Seigneur de notre vie, nous y serons un jour !

Les chrétiens de tous les temps en ont fait une très bonne habitude quotidienne. De préférence chaque matin au début de la journée.

Vous prenez un moment de silence devant le Seigneur, et vous prenez conscience de sa présence. Et vous fléchissez les genoux. Pourquoi pas littéralement. En tout cas spirituellement.

Vous lui dites, à haute voix : Seigneur Dieu, tu es le Créateur du monde, le Tout-puissant, je crois que tu es mon Père céleste. Je crois à tes promesses. Je m’en remets à toi. Que la présence de ton Saint-Esprit me remplisse. Que je ne t’oublie pas dans tout ce qui va se passer, et dans tout ce que je dois faire. Et conduis-moi, sur le chemin qui mène vers l’éternité dans ta gloire. Dans le Nom de ton Fils, Jésus-Christ. Amen.

C’est comme cela, par une prière aussi simple que profonde, que nous gardons la tête haute, en fléchissant les genoux.

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