La seconde Pentecôte, des païens

 

Série "Pierre dans le livre des Actes", # 7, Message par Philippe Leplang, le 19 mai 2013

LECTURE : Actes 10.1-48 et 11.1-18

L’église se développe à Jérusalem, dans la Judée et en Samarie parmi les juifs et les prosélytes (païens convertis au judaïsme).

RESUME :

Un officier romain de Césarée, nommé Corneille, qui faisait des aumônes aux juifs et priait Dieu, mais qui n’était pas circoncis ( les juifs les appelés les « craignant Dieu » ) a une vision venant de Dieu où un ange lui demande d’aller chercher un certain Simon surnommé Pierre chez un tanneur appelé Simon à Joppé ( message précis mais pas simple !). Il envoie un de ses soldats pieux, lui aussi, avec deux de ses serviteurs à plus d’un jour de marche.

L’apôtre Pierre, lui, vers midi le lendemain, a faim et s’installe sur le toit terrasse de la maison pour attendre le repas, mais lui aussi a une vision : Dieu lui fait apporter de la nourriture sur une grande nappe, mais il n’y a que des animaux impurs qu’aucun juif n’a jamais mangé et ne pourra manger ! Une voix par trois fois demande à Pierre de manger ce qu’il lui offre mais Pierre refuse deux fois puis la nappe disparaît…la voix dit « ce que Dieu a déclaré pur ne le regarde pas comme souillé ! » Pendant qu’il médite sur cette vision, le Saint Esprit demande à Pierre de suivre, sans attendre et sans hésiter, les trois hommes qui le demandent à la porte. Pierre accueil ces hommes, et obéit en partant le lendemain avec six frères en Christ de Joppé.

L’apôtre a eu une attitude très spirituelle et très sage qui mérite que nous nous arrêtions : Il va tout d’abord écouter, puis réfléchir et agir.

 

I - PIERRE ECOUTE 

 

a)     Pierre écoute Dieu 

L’apôtre Pierre va dans un premier temps écouter ce que Dieu lui révèle dans la vision sur la terrasse. Dieu parle à son estomac, mais aussi à sa conscience et à sa foi. Dieu lui demande de transgresser sa croyance, son mode de vie et la pratique religieuse de ses ancêtres, aujourd’hui cette question de nourriture peut paraître anodine de manger quand on a faim. Dieu va être obligé de s’y reprendre à trois fois ( un chiffre « saint » dans la Bible, mais aussi un chiffre qui colle à la peau de Pierre – trois reniements, trois demandes de Jésus pour savoir si Pierre l’aime vraiment après la résurrection ! ). En effet, Pierre est devant un choix difficile, à cause de la demande de Dieu, il doit changer ses convictions, remettre en cause ce qu’il croyait au plus profond de lui-même comme bon et comme la vérité ; et le message du Seigneur n’est pas encore très clair, avouez-le.

 

b)     Pierre écoute le Saint-Esprit 

L’apôtre Pierre va écouter ce que lui ordonne l’Esprit, alors qu’il médite sur la vision qu’il vient d’avoir, il ne peut rester seul à méditer, même s’il n’a pas tout compris des messages  de Son Seigneur, il est obligé d’enfreindre une deuxième fois ses convictions : Il fait entrer des païens chez lui et part avec eux pour aller chez un autre païen : ce qu’il n’avait jamais fait auparavant !  Il fait confiance à Dieu, à l’Esprit Saint qui lui parle et il se remet entre les mains de ces hommes qui auraient pu lui vouloir du mal.

Nous : Quels sont les préjugés, les croyances, les doctrines qui nous retiennent pour nous laisser conduire par Dieu, pour l’avancement de l’annonce de l’évangile ? Cela peut-être l’utilisation de nouveau média : En 1981, le début des radios libres a permis à des stations locales d’annoncer l’évangile par les ondes (FM EVANGILE 66 existe toujours aujourd’hui dans notre département !) D’autres utilisent internet. D’autres ont passé des bibles en contrebande, en Europe communiste, en Chine puis maintenant dans les pays Musulmans ennemis de l’évangile : Mission commencée par frère André aux Pays-Bas (Portes ouvertes). D’autres encore, ont ouvert leur maison aux sans domiciles fixes, aux toxicomanes ou alcooliques notoires, d’autres dénoncent les trafics humains et aident à s’en sortir les filles prostituées de force. Les exemples sont nombreux de personnes qui sont allés au-delà des préjugés et des bonnes manières pour apporter l’évangile à des êtres humains.


c)     Pierre écoute le centenier Corneille

L’apôtre Pierre va écouter ce que Corneille a à lui dire sur Dieu, cet étranger, ce romain païen. Corneille a fait les choses en grands, il a invité sa famille, ses amis et ses serviteurs, et Pierre remarque qu’il y avait beaucoup de gens réunis. Pierre ne va pas enfreindre pour autant toutes les règles auxquelles ils croient, il ne va pas accepter que Corneille l’adore ( comme s’était la pratique païenne ). Il va relever Corneille, en lui assurant que lui aussi est un homme et rien de plus. Pierre reste lucide et plein de sagesse malgré la révolution qu’il est entrain de s’opérer dans sa vie de foi.

Corneille raconte à Pierre et à ses compagnons, sa vision et comment Dieu l’a honoré en lui déclarant vouloir valoriser son attitude pieuse, sa bonne conduite et sa générosité, mais il sait que cela n’est pas suffisant pour être sauvé et il attend que Pierre lui révèle comment lui et sa famille peuvent hériter de la vie éternelle.

Dieu a tout préparé, bien disposé le moment, les cœurs de l’auditoire mais aussi le cœur, l’intelligence et le discernement de Pierre.

 

II - PIERRE DISCERNE, ANALYSE ET COMPREND LE MESSAGE DE DIEU

L’apôtre Pierre s’est, au départ, laissé guidé, il a accepté la vision et a médité sur la pureté ou non des aliments. Et il a compris que s’est Dieu qui décide de ce qui est pur et de ce qui ne l’est pas. Ce ne sont pas les bonnes règles, les bonnes habitudes, les bonnes pratiques et autres dogmes, mais il s’est laissé renouvelé par Dieu. Ensuite, avec l’aide du Saint-Esprit, il a transposé ; des aliments, il est passé aux relations des êtres humains entre la nation supposée supérieure avec les sous-nations, les êtres humains de deuxième catégorie. Pendant sa méditation sur la terrasse, puis durant le voyage, sa perception a mûri, il sait quand il voit Corneille que Dieu veut le faire évoluer, que Dieu aime tous les êtres humains, toutes les nations. Comme il le dit au verset 28 et 29, il est conscient d’enfreindre une loi ce qui pourra lui coûter cher, mais sa foi en Dieu est plus forte. Il a comprit que Dieu ne fait pas de favoritisme ( verset 34 ).

Pierre va ensuite prêcher et faire un résumé du message apostolique, qui est le plus complet de tout le nouveau testament.

Pendant qu’il parle et raconte l’évangile : mort de Jésus pour le péché de chacun de ceux qui croient et résurrection du Sauveur et Seigneur Jésus-Christ. Le Saint Esprit descend sur son auditoire, comme la première fois quand ils étaient les 120 dans la chambre haute à la Pentecôte. C’est une deuxième Pentecôte : « la Pentecôte des païens » comme certains l’ont appelée. La forme n‘est pas décrite, mais sûrement des langues de feu sont descendues sur Corneille, sa famille, ses amis et sur toute sa maisonnée ( en grec cela implique femmes, enfants et serviteurs ), et ils se mirent tous à parler dans d’autres langues des merveilles de Dieu et à glorifier Dieu.

 

III - PIERRE AGIT ET PREND SES RESPONSABILTES 

L’apôtre Pierre, l’un des douze va prendre l’initiative, il va ordonner le baptême de Corneille et les siens, car ils ont cru et accepté le moyen de Dieu pour être sauvé, ils ont reconnu en Jésus leur Seigneur et leur Sauveur au travers du témoignage de Pierre et de l’Esprit Saint. De plus, Dieu s’est manifesté de manière non équivoque pour Pierre et ses six compagnons chrétiens.

PARENTHESE : Dans les actes des Apôtres, il y a plusieurs façons dont Dieu vient habiter dans les croyants : Pour certains, ils sont baptisés ( le cas des apôtres même si les évangiles ne le disent pas, et tous ceux qui ont reçu le baptême de repentance de Jean Baptiste : cf. actes 8) et ensuite ils reçoivent l’Esprit Saint dans un deuxième temps. D’autres comme ici reçoivent le Saint Esprit puis sont baptisés : Dans les Actes des Apôtres il n’y a donc pas de règle fixe, pour que nous puissions établir un « dogme » immuable.

Le croyant sincère reçoit l’Esprit Saint, comme gage de sa foi et de sa consécration à Dieu. Il est à noter que les langues parlées à cette Pentecôte comme à la première sont des langues compréhensibles qui louent le nom de Dieu (et non « le parlé en langues » de 1 Corinthiens 14 ). Le baptême, ici, c’est le remplacement de la circoncision juive, pour marquer l’appartenance au peuple de Dieu, et cela va même plus loin car toute la maisonnée à participer à ce baptême. Ce baptême, pour Corneille et les siens, amis, familles et servants marquent leur entrée dans la famille chrétienne, dans l’Eglise Universelle. Là encore Pierre dépasse les préjugés, ses croyances les plus profondes : Oui Dieu aime toutes les nations, toutes les races, l’origine ne peut être un obstacle à la vie éternelle !

L’apôtre Pierre vient de franchir un cap important pour la construction de l’église. La porte du royaume est ouverte à tous comme Jésus l’avait annoncé. Pierre et ses six compagnons viennent de s’en rendre compte. Plus-tard, l’apôtre Paul écrira «  il n’y plus ni juif, ni grec, ni esclave, ni homme libre, ni homme, ni femme car nous sommes un en Jésus-Christ » Galates 3 v 28.  Il apparait même que les femmes aient été baptisées, comme celles de Samarie, alors qu’il semble que cela n’était pas le cas avant ! ).

Pierre et ses six compagnons d’évangélisation sont surpris mais confondus et ils acceptent l’enseignement de Dieu. Ils ont vécu une expérience impensable, inimaginable pour eux car ils se sont laissés conduire par Dieu au-delà  de leurs préjugés et de leurs présupposés, par amour et pour le salut d’êtres humains appelés par Dieu et pour la gloire du Seigneur Jésus.

 

CONCLUSION

Mais le récit ne s’arrête pas là, il va falloir convaincre les autres juifs messianiques de la Judée et de Jérusalem et cela n’est pas gagné (Actes 11.1 -18) !

Pierre et ses six frères de Joppé rentrent dans leur région, mais là l’accueil n’est pas aussi chaleureux. Les frères de Judée leur reprochent d’être entré dans la maison d’un incirconcis et d’avoir mangé avec eux. Pierre est donc obligé de se justifier : il raconte leur visite en insistant sur le fait que Dieu l’avait prévenu par la vision de la nappe et des animaux et que le Saint Esprit est descendu comme à la Pentecôte. Comment aurait-il pu leur refuser le baptême et l’entrée dans l’église, le corps de Christ. Pierre dit « pouvais-je, moi, m’opposer à Dieu ? » verset 17. Les frères de Judée et l’Eglise tout entière en conclure avec joie que « Dieu a donc accordé la repentance aussi aux païens afin qu’ils aient la vie ! Verset 18.

A partir de là, les générations qui ses sont succédées, nous bénéficions encore aujourd’hui, nous païens d’occidents convertis de cette grâce qui a été accordé à Corneille, à sa famille et à tous ses invités.

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