Une Parole de vérité – trois attitudes

 

Message par Janna Van de Poll, le 28 avril 2013

Lire Actes 5.17-42.

 

La Parole de Dieu n’est pas liée

Dans notre chapitre tout tourne autour de l’annonce de la Parole de Dieu. Les apôtres proclament jour après jour la bonne nouvelle de la résurrection de Jésus. Il y a des signes et des prodiges qui accompagnaient la prédication de la Parole. Personne ne pouvait nier que Dieu était à l’œuvre d’une façon puissante parmi son peuple. Même pas le sanhédrin.

Pourtant, les chefs religieux  ne se réjouissent pas du succès des apôtres : « ils portèrent les mains sur les apôtres et les jetèrent  dans la prison publique ».

Mais Dieu veille sur sa Parole, la parole de Dieu n’est pas liée. Aucune prison ne peut lier la parole de Dieu. Comme le dit l’apôtre Paul :

« Mon Evangile, pour lequel je souffre jusqu'à être lié comme un malfaiteur. Mais la Parole de Dieu n'est pas liée » (2 Timothée 2:9). L’apôtre Paul établit une relation directe entre ses souffrances et son emprisonnement et le fait que la Parole de Dieu ne peut pas être liée. Comme les apôtres dans notre texte. Quand Dieu a  envoyé un ange pour sortir les apôtres de la prison, qu’est-ce qu’ils devaient faire ? « Allez, tenez vous dans le temple et annoncez au peuple toutes les paroles de cette Vie ». Les apôtres n’étaient pas libérés  pour s’enfuir mais pour retourner au temple pour  prêcher. C’est étonnant n’est-ce pas ? Pourquoi ce retour au temple ? Symboliquement, la prédication des apôtres au temple signifie que l’évangile est destiné au peuple élu, qu’il s’inscrit dans l’histoire de Dieu et d’Israël. C’est Dieu qui a choisi cet endroit pour répandre la bonne nouvelle. Toute tentative d’interdire aux apôtres d’y prêcher revient à « entrer en guerre avec Dieu » (Actes 5.39). Rappelons que Jésus a aussi beaucoup enseigné au temple, justement. Luc écrit dans son évangile : « Et tout le peuple dès le matin, se rendait vers Jésus dans le temple pour l’écouter » (Luc 21.38). L’objectif de Dieu était de faire entendre à cet endroit précis toutes les paroles de vie, c’est-à-dire, toutes les paroles de salut qui font entrer dans la vie, pour reprendre les propos de l’apôtre Paul que Luc a repris en Actes 13 (vs 26).

Cette histoire nous montre à quel point l’ennemi de Dieu craint le témoignage de l’église. Satan s’efforce de réduire le peuple de Dieu au silence. Mais les tentatives du diable pour réduire l’église au silence ont eu pour seul résultat de renforcer le témoignage, car Luc note dans le même chapitre que l’église grandissait à grand pas : « les multitudes d’hommes et de femmes qui croyaient au Seigneur augmentaient toujours plus » (Actes 5.14)

Ce qui nous intéresse spécialement ce matin c’est l’attitude envers l’évangile. L’attitude envers la vérité qui est en Jésus. Ce chapitre distingue trois attitudes. Contemplons-les pour en tirer quelques leçons pour nous.

 

 Attaquer la vérité-opposition

La première attitude qu’on rencontre est celle de l’opposition. Le souverain sacrificateur et les chefs religieux ne supportaient pas que les apôtres annonçaient l’évangile chaque jour au temple et ils s’en prennent aux apôtres. Ils ont trouvé trois raisons d’arrêter des apôtres et de les traduire devant la justice.

Pour commencer, Pierre et Jean n’avaient pas obéi à l’ordre officiel de ne plus prêcher au nom de Jésus-Christ. Ecoutez Joseph Caïphe, le grand prêtre et président du Sanhédrin : « Nous vous avions expressément ordonné de ne pas continuer d’enseigner à cause de ce nom-là ». Ils étaient coupables d’avoir transgressé  l’ordre donné.

Ensuite, le témoignage de l’église réfutait les doctrines défendues par les sadducéens en fournissant toutes les preuves pour démontrer qu’il y a une résurrection des morts, car Jésus-Christ était vivant. Il faut savoir que les sadducéens ne croyaient pas à la résurrection des morts.

Et troisièmement, les chefs religieux étaient selon notre texte « remplis de jalousie » devant le succès remporté par ces hommes sans éducation. La jalousie. Il est étonnant de constater combien la jalousie peut se dissimuler sous l’apparence de la défense de la foi. Les chefs religieux étaient bien éduqués, bien ordonnés et agréés, tandis que les apôtres étaient les laïques ordinaires, sans éducation. Pourtant, la puissance de Dieu œuvrait dans leur vie, tandis que les chefs religieux n’exerçaient aucun ministère de puissance. En réaction, le sanhédrin était jaloux.

Combien de fois la jalousie mène à la violence. Rappelons l’attitude de Saül envers David. Il était rempli de la jalousie envers David, car les femmes chantaient : « Saül a frappé ses mille, mais David ses dix mille » (1 Sam 18.7-8).  Depuis ce moment, il est écrit qu’une « très grande colère s’empara de Saül ». On retrouve le même phénomène dans notre texte. La colère s’emparait aussi du souverain sacrificateur  au point que prononcer le nom de Jésus était trop pour lui : « vous avez rempli Jérusalem de votre enseignement, et vous êtes bien décidés à faire venir sur nous le sang de cet homme ». (Actes 5:28.) Le message est clair : Cessez de répandre le nom de Jésus, sinon...

L’opposition des chefs religieux à l’évangile nous est utile car elle révèle les stratégies de Satan pour empêcher la croissance de l’église. Ce sont toujours les mêmes stratégies qu’il met en œuvre encore aujourd’hui pour tenter d’empêcher l’Eglise de grandir. Ce sont des stratégies de force, d’intimidation et de domination. Par l’intimidation, l’ennemi espère stopper la croissance de l’Eglise. Par la force et la domination, Satan espère générer la peur dans le cœur des chrétiens et ainsi les empêcher d’annoncer la Bonne Nouvelle.

C’est la première attitude dans notre histoire : s’opposer à la vérité de l’évangile. La deuxième attitude est la neutralité.

 

Neutralité - éviter la vérité-

Gamaliel est l’exemple de la neutralité. Ni pour ni contre. Il ne s’engage pas. Il verra bien ce qui va se passer dans l’avenir. Pour l’instant il ne prend pas position. Gamaliel était un pharisien érudit et très estimé par la population. L’apôtre Paul a été formé par Gamaliel (Actes 22.3).  C’est un homme qui était plutôt libéral dans son interprétation de la loi et apparemment modéré dans son approche des problèmes. Son conseil est écouté par tout le sanhédrin, ce qui montre à quel point Gamaliel était tenu en haute estime.

Le conseil de Gamaliel  consiste à encourager la neutralité, alors que le sanhédrin affronte une question de vie ou de mort. Il dit que si un mouvement ne vient pas de Dieu, il échoue forcément. Ce conseil a l’air d’être très sage. Que pensez-vous du conseil de Gamaliel : était-il sage ? C’est vrai, Dieu l’a utilisé pour sauver les apôtres de la mort. Et c’est vrai aussi, cela nous arrange, à nous aussi. Au moins on nous laisse tranquille. Mais plus précisément, en quoi consiste ce conseil ?

Pour commencer, Gamaliel classe Jésus au même niveau que des rebelles. A ses yeux, Jésus n’est qu’un Juif zélé de plus, qui avait voulu libérer le pays de l’occupation romaine, comme Theudas et Judas. Pourtant, Theudas et Judas ont-ils accompli les mêmes miracles ? Ont-ils ressuscité des morts ? Gamaliel met Jésus dans le même sac et il convainc le sanhédrin qu’il n’y a vraiment pas de quoi s’inquiéter. Les fauteurs de troubles vont et viennent.

Selon Gamaliel  l’histoire se répète. Theudas et Judas s’étaient rebellés, ils avaient été maitrisés et leurs disciples s’étaient dispersés. Donc selon cette logique, si on laisse à ces Galiléens suffisamment de temps et eux aussi disparaîtrons et nous n’entendrons plus jamais parler de ce Jésus de Nazareth. Il suffit d’être patient.

Gamaliel est un peu comme Pilate pendant le procès de Jésus. Il a essayé de sauver Jésus, mais il ne pouvait pas prendre parti. Il ne voulait pas risquer de contrarier la foule. Il ne pouvait pas risquer de se mettre le peuple à dos. Alors Pilate se soumettait à la foule. Il n’était pas contre Jésus, mais pas pour non plus, il ne voulait  pas s'engager pour lui, alors il l'abandonne à la mort. Donc, finalement, la neutralité peut conduire à l'opposition des chrétiens.

Dans la Parole la neutralité n’existe pas. Le nom de Jésus nous place devant un choix. Jésus lui-même a clairement affirmé qu’il était impossible de rester neutre vis-à-vis de Lui et son message : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi, disperse » (Matt 12.30). Ce n’est pas possible de rester neutre.Celui qui n’est pas avec moi est contre moi.

Même sans ses paroles de Jésus, Gamaliel et les pharisiens auraient dû le savoir, car le prophète Elie a déjà déclaré : « Jusqu'à quand clocherez-vous des deux côtés ? Si l’Eternel est Dieu : ralliez-vous à Lui » (1 Rois 18.21).

La troisième attitude est :

 

Affirmer la vérité

La troisième attitude est celle des apôtres. C’est l’attitude qui affirme la vérité de l’évangile. Les apôtres n’ont pas modifié leurs convictions après été jetés en prison. Ils ont continué à prêcher l’évangile malgré l’hostilité. Ils ont obéi à Dieu plutôt qu’aux hommes, car Dieu leur a dit de prêcher au temple.

Ce qui prime dans leur attitude c’est leur obéissance à la parole de Dieu. La Parole de Dieu est pour eux la vérité absolue. La Parole de Dieu est au-dessus de toute parole humaine. Jésus leur a donné un exemple. Rappelons ce que Jésus a dit à Pilate : « Je suis venu au monde pour rendre témoignage de la vérité ». En d’autres mots : nul ne peut m’empêcher de rendre témoignage de la vérité. Quand Pilate lui demande : « qu’est-ce que la vérité ? » (Jean 18.37-39), il faut se rappeler ce que Jésus avait déclaré auparavant : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie » (Jean 14.6).

Ce qui gênait à l’époque c’est cette déclaration de Jésus : Je suis le chemin, la vérité et la vie. Jésus est le chemin vers Dieu : nul ne vient au Père que par Lui. Hors de Lui il n’y a pas de salut. Il y a une seule vérité, une vérité absolue qui renvoie à une Personne : Jésus-Christ.

C’est cette même déclaration de Jésus que notre société  ne supporte pas non plus,  car pour elle  il n’y a pas de bien ou de mal absolu. Nos esprits modernes sont mal à l'aise avec l'idée qu'il y aurait une voie unique pour trouver Dieu. Il est à la mode de penser que chacun peut trouver Dieu par ses propres moyens. Avoir des convictions bien ancrées peut paraître de nos jours « fanatique ou fondamentaliste ». Les certitudes font peur, car l'intolérance et l'intégrisme viennent des individus qui veulent imposer par la force leurs idées aux autres. C’est pour cela que dans nos jours on voit la tendance que toute autorité, toute valeur et même toute morale doit dépendre des préférences humaines.  C’est la philosophie du relativisme moral, disant que chacun est libre de déterminer par lui-même ce qui est bien et ce qui est mal.

Dès que nous affirmons que nous croyons en Jésus et qu’Il représente en sa Personne la seule vérité, nous aurons un problème avec ce relativisme et notre conviction sera soupçonnée par nos contemporains.

Dans notre histoire nous voyons la détermination dans l’attitude de Pierre. Il continue à affirmer haut et fort, contre vents et marées, que Jésus-Christ est ressuscité d’entre les morts et pas seulement ressuscité, mais aussi glorifié. Il est à la droite de Dieu. La droite de Dieu est une place d’honneur, de puissance et d’autorité. Il ne se laisse pas intimider, il ne cache pas la vérité.

 

Quelle sera notre attitude?

L’attitude de Pierre nous amène à notre attitude : où en sommes-nous ? Quelle est notre attitude vis-à-vis la vérité de l’évangile ? Est-ce que nous l’affirmons de façon claire et nette ou est-ce que nous sommes frappés d’impuissance devant des évolutions négatives dans notre société qui nous semblent insurmontables ? Toute tentative de convaincre d’autres personnes au niveau de la foi est souvent perçue comme une tentative de faire du prosélytisme.

Cependant, si nous n’annonçons pas l’évangile, nous privons nos contemporains de la possibilité de connaître le salut en Christ.

Pour les apôtres : ils ne pouvaient pas ne pas parler de ce qu’ils avaient vu et entendu (Actes 4.20). Pour l’apôtre Paul la même chose : c’était pour lui une nécessité :  « malheur à moi si je ne n’annonçais pas l’Évangile » (1 Co 9,16 ; cf. Rm 10, 14).

Mais au juste, quel est le contenue du message de l’évangile qui suscite tellement de rejet ? L'apôtre Paul le résume en une phrase : « nous, nous prêchons Christ crucifié ».

Dès qu’on parle du Christ crucifié, on peut s’attendre à un rejet, car Paul y ajoute : « la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu ». (1 Corinthiens 1:18).

Ou encore : « La prédication du Christ crucifié est un scandale pour les Juifs et folie pour les païens,  mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs » (1 Corinthiens 1.23-24).

Que nous  soyons encouragés par l’attitude de Pierre et des apôtres qui n’avaient pas peur de souffrir pour Christ. Luc note même qu’ils étaient « joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le Nom du Seigneur » (vs 41). Plus tard l’apôtre Pierre fait référence à cet évènement quand il écrit dans sa lettre : « Si vous êtes outragés pour le nom de Christ, vous êtes heureux, car l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu  repose sur vous » (1 Pierre 4.14). Les martyrs et tous les témoins fidèles de Christ ont accepté les souffrances, sachant qu'ainsi la Parole de Dieu se répandait de plus en plus. Sommes-nous prêts à suivre leurs traces?

Que le Seigneur nous aide, nous aussi,  à témoigner de Christ avec courage et avec la force de l’Esprit Saint dès que l’occasion se présente.

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