Quand deux mondes se croisent - qie se passe-t-il alors ?

 

Message par Yanna Van de Poll, le 14 avril 2013

Dans la série sur l’apôtre Pierre dans le livre des Actes, nous en arrivons aujourd’hui au chapitre 3. Lisons ensemble cette histoire.

 

Deux mondes

Ce qui frappe tout de suite c’est que les personnages dans cette histoire représentent deux mondes. Deux mondes opposés.

D’un côté il y a le monde de l’homme handicapé. Il  est déposé chaque jour devant le temple de Jérusalem pour y mendier. Au chapitre suivant, nous apprenons qu’il avait quarante ans. Un homme mature, en plus, il était bien connu, car cela fait des années qu’il est là.

Cet homme vit de l’une des trois « bonnes œuvres » demandées au croyant juif : l’aumône. Les deux autres étant le jeûne et la prière.

On dirait, son métier est «mendiant». C’est-à-dire qu’il est dépendant à tous les égards : dépendant de sa famille qui vient le déposer tous les jours, puis le rechercher ; dépendant de la générosité des Juifs qui viennent pour les prières tout au long de la journée.

On peut s’imaginer sa vie : elle est cloîtrée dans le quotidien de ce corps inerte ; elle est rythmée par les bons vouloirs des uns et des autres ; elle est pétrie de cette souffrance physique et morale de ne pas pouvoir se mouvoir seul.

Cette vie, on comprend qu’elle n’est pas rose. Je peux m’imaginer la solitude dans laquelle vivait cet homme.

Socialement,  c’est un boulet familial, voire une honte. Professionnellement, ce n’est pas une grande réussite que de vivre de la mendicité.  Spirituellement, son infirmité fait qu’il n’a jamais le droit d’entrer dans le temple, puisqu’il est considéré comme impur par la loi.

Bref, socialement, professionnellement, spirituellement, il est un raté, un marginal, un exclus, dont la seule espérance est de recevoir une pièce de monnaie pour qu’ils puisse nourrir son ventre.

De l’autre côté, il y a Pierre et Jean, deux apôtres de Jésus Christ. Remarquons qu’ils vont ensemble. Ils sont à deux. Cela rappelle l’évènement où Jésus a envoyé ses disciples  deux à deux en mission.  

Dans ce monde ici-bas  nous ne sommes pas seuls. Même si nous n’avons plus de famille,  Dieu nous a donné des frères et sœurs autour de nous. Dans notre texte Pierre et Jean vont prier dans le Temple. Luc nous rapporte l’heure de la prière, celle de l’après-midi, à trois heures. Pourquoi ce détail ? Il me semble important. Car la prière de 3h était courte, mais surtout, on n’offrait pas de sacrifice. C’était la seule prière du jour où l’on n’offrait pas de sacrifice pour le péché.

Et il est tout aussi intéressant de relever le contenu de la prière de 3 heures : le prêtre récitait la bénédiction suivante : « Que l’Eternel te bénisse et te garde ; que l’Eternel fasse luire sa face sur toi et qu’Il t’accorde sa grâce. Que l’Eternel tourne sa face vers toi, et qu’Il te donne la paix ».

Voilà, deux mondes qui se croisent : d’un côté notre monde, laissé à son compte, et de l’autre côté le monde de Dieu.

Ce qui est intéressant dans notre passage,  c’est la réaction  de l’apôtre Pierre par rapport à ce qui se passe autour de lui. Elle nous donne des sujets de réflexion concernant notre manière de communiquer notre foi autour de nous.

 

Changer de regard

D’abord, le regard. Ecoutons Pierre, quand il s’adresse au handicapé, il dit : « Regarde-nous ».  Regarde-nous. C’est surprenant n’est-ce pas ? Qui d’entre vous a jamais dit à un mendiant : regarde-moi ? Moi, jamais. On donne ou on ne donne pas, mais on ne s’arrête presque jamais pour lui parler. Je l’ai fait une fois, mais j’ai découvert que le mendiant était roumain et il ne comprenait rien de ce que je lui ai dit. Pierre commence sa communication par le regard. Pourquoi ?

Peut-être pour affermir à l’homme son dignité humaine. C’est un geste qui dit : pour moi tu existes. Si vous ne regardez jamais une personne dans les yeux, l’autre se sent mal à l’aise, non ? Lorsque vous évitez le regard de quelqu’un, cela pousse la personne en face de vous à se demander si vous êtes timide ou nerveux ou y a-t-il quelque chose à cacher ? Ou peut-être la personne se demandera s’il y a quelque chose en elle qui ne vous plait pas ?

Avec ces mots, Pierre souligne qu’il s’intéresse à lui, à sa personne.

Mais derrière cela, je pense qu’il y a encore autre chose. Avec ce geste, Pierre invite l’handicapé à détourner son regard de sa situation lamentable. Détourner son regard de son monde enfermé, où rien ne change jamais. Il demande à l’infirme de changer son regard. 

Car on ne peut pas découvrir l’intervention de Dieu dans notre monde sans changer son regard. Ps 121 dit : « Je lève mes yeux vers les montagnes, d’où viendra mon secours ? Le secours me vient de l’Eternel ». Pour sortir de sa situation, il faut changer la direction de son regard. Ne plus se concentrer sur ses maux, ses obstacles, ses souffrances, sa solitude. Changer son regard veut dire ne plus se confier aux choses de ce monde qui ne peuvent pas nous sauver, mais attendre un secours de Dieu par Jésus-Christ. Jean et Pierre ont fixé leur regard sur cet homme pour l’inviter à regarder au-delà de sa situation, à regarder vers Dieu par la foi.

Cet autre regard est donc un regard de foi. Par la foi on sait que Dieu pose son regard bienveillant sur nous.

Car Dieu ne nous regarde pas comme un spectateur regarde une scène de théâtre.

Le regard de Dieu n'est pas non plus un regard qui nous scrute, qui nous épie et qui cherche nos manquements, qui calcule tous nos délits. Non, le regard de Dieu est un regard bienveillant. Car en Jésus Dieu pose sur chacun de nous un regard d'affection, d'émerveillement, d’amour et de compassion. Pierre se souviens certainement du regard de Jésus, lors de sa trahison. Luc a noté : « Le Seigneur se retourna et regarda Pierre » (Luc 22.61). Je pense que ce regard de Jésus a tout changé dans la vie de Pierre.

Regarde-nous, disait Pierre. Pas parce qu’ils  peuvent le sauver ou le guérir. Un peu plus tard l’apôtre Pierre reproche aux Juifs, justement : « Pourquoi fixez-vous les regards sur nous, comme si c’était nous qui avions faire marcher cet homme ? » (v.12). Ne fixe pas ton regard sur les hommes, car les hommes sont impuissants à nous sauver. Fixes ton regard sur Jésus, car ton seul secours vient de Lui et non pas de ce monde. Ce monde ne peut te donner ce dont tu as besoin au plus profond de toi : le salut de ton âme. Comme le disait Jésus Lui-même : « Que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s'il perdait son âme ? Ou, que donnerait un homme en échange de son âme? » (Matthieu 16 : 26).

Mieux vaut fixer son regard sur Jésus et attendre de Lui un secours, comme on peut le lire en Hébreux 12.1 « fixons les yeux sur Jésus ».

C’est le premier point : changer le regard, fixer notre regard sur Jésus.

 

Le Nom de Jésus

Un  deuxième sujet de réflexion se trouve dans la suite des paroles que l’apôtre Pierre adresse au handicapé : « Je n'ai ni argent, ni or, mais ce que j'ai, je te le donne. Au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi, et marche ! »

Pierre n’a rien, ni argent, ni or. Il n’a rien à lui offrir. Pourtant, c’est cela que les mendiants cherchent, n’est-ce pas ? Ils veulent avoir de l’argent, c’est à cela qu’ils s’intéressent. Et pourtant, Pierre n’a pas d’argent. Qu’est-ce qu’il a ? Seulement un nom, le nom de Jésus. C’est tout.

En Actes, Luc insiste particulièrement sur le nom du Seigneur Jésus. Un nom n’a pas pour seul effet d’identifier son détenteur. Le nom est aussi porteur d’autorité, de réputation et de pouvoir. Si quelqu’un vous dit : tu peux te servir de mon nom, il est vivement souhaitable qu’il vaille la peine d’être utilisé. Si un ordre est donné au nom du Président de la République ou du Premier ministre, ceux qui le reçoivent savant qu’ils sont obligés d’y répondre. Par contre, si je donnais des ordres en mon nom depuis l’Elysée ou Matignon, personne n’y accorderait la moindre importance parce que mon nom n’est porteur d’aucune autorité politique.

Qu’en est-il du nom de Jésus ? Le nom de Jésus est très élevé, car Dieu lui a donné « le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux et sur la terre et sous la terre et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur » (Philippiens 2. 9-11).

Le nom de Jésus signifie : « Dieu sauve ». Le nom de Jésus exprime sa mission,  la raison de sa venue dans le monde. Son nom signifie la victoire sur les puissances de ce monde, la victoire sur nos péchés, la victoire sur nos maladies, la victoire sur la mort, la victoire sur les ténèbres, la victoire sur notre ennemi, le satan. Bien sûr, beaucoup de nos contemporains ne reconnaissent aucune autorité au nom de Jésus. A  l’époque de Jésus, on a tout fait pour éradiquer le nom de Jésus, pour faire taire pour toujours son nom en le crucifiant.  Mais, on n’a pas réussi. Pierre le dit clairement : « son nom même a rendu fort cet homme que vous voyez et connaissez » (verset 16). Jésus est vivant, son nom a rendu fort cet homme.

Ce miracle nous prouve que le nom de Jésus est plus qu’un nom, car il renvoie à la Personne de Jésus. Il renvoie à Dieu lui-même. La foi dans le nom de Jésus a complètement changé la vie de l’infirme.

Dans le nom de Jésus il s'est levé et il est entré dans le temple pour la première fois de sa vie, en sautant, en chantant, et en glorifiant Dieu. Ce fut un miracle puissant qui n’est pas resté inaperçu : « tout le peuple accourut vers eux ». Le peuple était stupéfait.

Et nous ? Que signifie le nom de Jésus pour nous ? Seulement un nom ? Le nom de Jésus est encore puissant aujourd’hui. Il est porteur d’autorité et de puissance. Les premiers chrétiens se souciaient beaucoup du nom de Jésus. Que nous ayons le même souci, que son nom soit glorifié et honoré dans notre vie car  son nom est « au-dessus de tout nom ».

 

Lève-toi et marche

Le troisième sujet de réflexion est la clarté e avec laquelle Pierre dit à l’infirme par l’Esprit Saint : « lève-toi et marche ». En saisissant la main de Pierre, l’infirme est guéri. On imagine sa joie, il sautait, il chantait et  il louait Dieu. Quel est son secret ? Il a accepté les paroles de Pierre en saisissant sa main. En d’autres mots : il a fait confiance à la parole, il a cru à la parole de Dieu et Dieu l’a béni.  

Lève-toi et marche est aussi une parole pour nous. Ne restons pas dans notre situation sans issue, mais levons-nous par la foi. Et Dieu va nous bénir. Marchons comme le prophète Michée a écrit : « Tous les peuples marchent chacun au nom de son dieu, mais nous, nous marchons au nom de l’Eternel, notre Dieu, à toujours et à perpétuité » (Michée 4.5). L’homme guéri marchait dans le nom de Jésus, le Fils de Dieu.

Comment marchons-nous  au nom de Jésus ? Ecoutons l’apôtre Paul  : « Quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus en rendant grâces par lui à Dieu le Père » (Col 3.17). On ne peut pas faire n’importe quoi dans son nom. Si nous marchons au nom de l’Eternel, que nous marchions selon les instructions qui nous ont été données dans sa parole.

 

Repentez-vous

Dernièrement, quand Pierre répond à la foule qui a accouru autour d’eux, il est aussi très clair : « Repentez-vous et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés ». Dans son discours, Pierre invite la foule à croire à la bonne nouvelle de la mort et la résurrection de Jésus. Il met chacun devant sa  responsabilité d’y répondre ou non. Comme l’infirme, ils ont le choix de saisir la main de Dieu on non. Dieu a envoyé Jésus, certes, mais avec un but : que chacun se détourne de ses mauvaises voies. Car Dieu nous offre un avenir glorieux.

Les paroles de Pierre sont très étonnants n’est-ce pas ? Il va droit au but, il prêche la repentance et la conversion. Nous avons peut-être un peu de mal, mais pas Pierre.

Rappelons encore l’expérience de Pierre lui-même.  Quand Jésus a posé son regard sur lui après sa trahison, Pierre se souvenait de la parole de Jésus qu’il allait le trahir et quand il se rendait compte de la véracité de ses paroles, Luc écrit que Pierre « pleura amèrement » (Luc 22.61). Pierre pleurait amèrement. Il avait honte, honte, honte. Il vivait une profonde repentance.  Dans le regard de Jésus il n’y avait pas de condamnation, mais de bonté. Comme l’apôtre Paul dit plus tard aux Romains : « la bonté de Dieu pousse à la repentance » (Rom 2.4).

C’est pour cela que la repentance est devenue pour Pierre le fondement de la foi. Chaque fois que Pierre prêche, il termine avec un appel à la repentance. Pour lui c’est clair : Dieu est amour et Il cherche les pécheurs. Plus tard il écrit dans sa deuxième lettre son plus vif désir : « Dieu ne veut pas qu’aucun périsse mais Il veut que tous les hommes arrivent à la repentance » (2 Pierre 3.9).

Le mot repentance est la traduction du Grec  metanoia qui veut dire : changer de mentalité, d’intention. C’est la tristesse qu’on éprouve de ses péchés, et la douleur d’avoir offensé Dieu. C’est un profond changement d’attitude et d’intention, auxquelles s’attachent les pensées de remords et de regret, à l’égard de Dieu et de sa Parole que l’on a ignorée, bafouée, et méprisée par nos nombreux péchés. La repentance se traduit alors par la conversion, qui signifie : « faire demi-tour, changer de route, tourner le dos ». La conversion est la preuve extérieure de la repentance qui est intérieure.

Changer de route, se tourner vers Dieu n'est pas seulement une adhésion intellectuelle à un credo, ou simplement admettre l'existence de Dieu. Dans ce sens-là, les démons croient en Dieu et ils tremblent, écrit l’apôtre Jacques (Jacques 2.19).

Non, se tourner vers Dieu c’est croire à ses paroles, croire que tout ce que dit la parole est la vérité. Cela veut dire abandonner vos propres idées pour vous mettre d'accord avec ce que Dieu dit dans sa Parole, la Bible. Croire à la parole de Dieu veut dire : prendre conscience de la gravité du péché, qui mérite le juste jugement de Dieu. Croire à la parole veut dire : reconnaître que je suis non seulement un pécheur, mais un pécheur  perdu pour l'éternité.

C’est pour cela que l’appel de Pierre : « Repentez-vous et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés » n’est pas seulement une parole pour la foule, il est aussi adressé à nous. Pourquoi ? Pour échapper à la condamnation. Pierre emploie encore des mots plus forts : « Quiconque n’écoutera pas ce prophète, Jésus, sera exterminé du milieu du peuple » (vs 23). Croire à cette parole veut donc dire : croire que Jésus-Christ a accepté de mourir à notre place pour subir la condamnation que nous méritons.

C’est ça la bonne nouvelle. Pierre ne laisse pas les Israélites dans le désespoir. Il souligne qu’ils avaient agi par ignorance. La loi de l’Ancien Testament distingue les péchés délibérés de ceux commis par ignorance (Voir Lévitique 4 et 5). Le pécheur par provocation était condamné, mais celui qui péchait involontairement et sans intention de nuire avait l’occasion de se repentir et d’obtenir le pardon de Dieu.

C’est pour le bien du peuple que l’apôtre Pierre souligne la repentance, sinon ils seront  perdus. Plus tard il écrit : « Dieu donne grâce aux humbles » (1 Pi 5.5). Et c’est toujours d’actualité, dans sa merveilleuse grâce, Dieu attend encore avant d’exécuter le jugement. Si les gens se repentent et se convertissent maintenant, « il y aura des temps de rafraîchissement de la part du Seigneur » (Actes 3.20).

Laissons-nous  encourager par cette belle histoire. Que l’amour de Dieu nous pousse aussi à nous humilier devant  Lui parce que nous avons aussi besoin de sa grâce.  Pierre a expérimenté la grâce de Dieu après sa repentance. Il a goûté à la bonté du Seigneur et il nous encourage : « si vous avez goûté que le Seigneur est bon, rejetez toute méchanceté et toute fraude, l’hypocrisie, l’envie et toute médisance et désirez comme des enfants nouveaux nés le lait non frelaté des la parole, afin que par Lui vous croissiez pour le salut » (1 Pi 2.1-2).

Le témoignage de Pierre a touché 5000 personnes, qui se sont convertis. Que le Seigneur nous permette aussi des véritables conversions dans notre église, dans notre beau pays Catalan afin que nous connaissions  « des temps de rafraîchissement », des temps de réveil.

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