Transformé par la grâce

 

Message par Evert Van de Poll, le 7 avril 2013

Lecture de quelques passages en Actes 1-2 et résumer en quelques  mots les versets entre les passages : 1.12-15 / Pierre va conduire la communauté de croyants dans l’élection d’un 12e apôtre / 2.1-4 / le bruit attire une foule de gens curieux, ils entendent les disciples louer le Seigneur dans les langues de leurs pays / 2.12  / Pierre va expliquer ce qui se passe et annoncer l’Évangile / 2.38-39 / Trois milles personnes vont répondre à et appel à la conversion, c’est le début d’une croissance soutenue de l’Église de Jérusalem.

 

Nous sommes à Jérusalem, au tout début de l’Église primitive. Dans les Actes des apôtres, Luc relate comment la communauté de disciples de Jésus s’est développée, et comment est né un mouvement missionnaire  qui allait très vite se répandre au Moyen-Orient, en Europe, vers l’Afrique et plus loin encore.

Le personnage clé dans la première moitié du livre est l’apôtre Pierre. C’est à lui que nous allons nous intéresser, aujourd’hui et les dimanches suivants.

Nous allons suivre son parcours à partir du moment où Jésus, le Fils de Dieu, est enlevé au ciel pour monter sur le trône de Dieu le Père tout puissant.

Certes, Pierre a joué un rôle unique dans l’Église primitive. Mais qu’à cela ne tienne. Chacun d’entre nous a une partition à jouer dans le grand orchestre du l’œuvre de Dieu dans ce monde. Et là, nous pouvons beaucoup apprendre de Pierre, quant à la manière dont il a servi le Seigneur.

Nous commençons au début, aux chapitres 1 et 2. Ils décrivent les évènements qui se déroulent autour de la fête de Pentecôte, le 50 e jour après la Pâque. Là nous voyons Pierre vraiment dans son rôle.

 

Transformé par la grâce de Dieu...

En ces jours-là, Pierre se leva au milieu des frères, le nombre des personnes réunies étant d’environ cent vingt (1.15). Quelqu'un se lève pour prendre la direction. Il va conduire la communauté de croyants dans l’élection d’un 12e apôtre, afin de remplacer Judas. Le dernier a trahi son Maître. Rempli de remords et de honte, lui s’est donné la mort sur le champ qu’il s’était procuré avec l’argent de sa trahison. Maintenant, Pierre explique à la lumière de la Parole de Dieu pourquoi il faut compléter le nombre de douze apôtres, et comment faire pour sélectionner parmi les disciples ce douzième apôtre.

Mais qui est ce dirigeant qui se lève au milieu de cette communauté de croyants à Jérusalem, pendant les jours qui suivent l’ascension de Jésus ?

Ce n’est pas n’importe qui. Pierre a été le premier parmi les douze disciples les plus intimes de Jésus qui l’on suivi dès le début de son ministère sur terre. En fait, c’est le disciple dont nous savons plus que tous les autres.

Avec beaucoup d’honnêteté, les Évangiles décrivent son zèle, sa fidélité, son audace, son attachement au Seigneur, mais aussi ses gaffes, son manque de compréhension, ses questions critiques à ses échecs à répétition. Il se disait prêt à défendre Jésus et mourir pour lui, mais au final, il l’a renié à trois reprises, et il a lâchement fui la scène de la crucifixion.

On dirait la fin de l’histoire, la fin de son ministère d’apôtre. Qui pourrait encore lui faire confiance ? Qu’aurait-il à dire ?

Mais penser que c’est terminé pour Pierre, est sans compter sur la grâce du Seigneur. Lors de cette heureuse scène au bord du Lac de Tibériade, lorsque Jésus ressuscité apparaît à ses disciples, nous entendons le Seigneur poser la question : « Pierre, m’aimes-tu ? » Trois fois. « Oui, tu sais que je t’aime. Seigneur, tu sais toutes choses. »

C’est là que Pierre trouve la grâce du Seigneur, la grâce de son pardon. La grâce d’un nouveau départ. La grâce d’être rétabli dans un ministère spécial : « Prends soin de mes brebis, fais paître mon troupeau ».

Cette grâce va le transformer complètement. D’un homme sûr de lui, qui comptait sur ses propres forces et se cassait la figure par la suite,  Pierre devient quelqu’un de très humble qui ne comte que sur la force du Seigneur.

Il ne mérite plus rien et il ne le sait que trop bien. Tout est grâce maintenant. S’il se lève pour prendre la la direction dans l’Église primitive, c’est que le Seigneur lui a confié cette tâche, et qu’il était le premier à s’en étonner !

Moi ? Mais qui suis-je pour que le Seigneur me fasse une telle confiance ?

L’homme qui se lève, c’est un homme transformé. Transformé par la grâce de Dieu

Ainsi commence la deuxième partie de son histoire : son ministère dans l’Église primitive et dans la communication de l’Évangile.

Quelques jours plus tard, il va recevoir, comme tous les autres disciples, la présence du Saint-Esprit. Encore un don de grâce. Encore un cadeau pas du tout mérité.

Les actes de Pierre, le livre des Actes nous les décrit en détail. C’est impressionnant ce que Pierre va faire.

Non, je me suis mal exprimé.

C’est impressionnant ce que Dieu va faire au travers de Pierre.

On pourrait en rester là, rester dans l’admiratif.

Mais ce n’est pas tout. La vie de Pierre montre ce que Dieu est capable de faire en toi et en moi.

Vous allez me dire, peut-être, que Pierre est un cas unique. On n’est pas tous un roc sur lequel Jésus va bâtir son Église. On n’est pas tous apôtre.

Tant il est vrai que son rôle dans l’histoire était unique, chaque croyant est un cas unique. Personne n’est identique à qui que ce soit. Le Seigneur va un chemin particulier avec  chacun de ses enfants.

Et ce qui est vrai pour Pierre, est vrai pour chacun d’entre nous : quand nous accueillons la grâce de Dieu, la grâce de son pardon, la grâce de la présence de son Esprit, cette grâce va nous transformer, nous aussi.

Je vais me rendre compte à quel point je suis pécheur. Moi aussi, j’ai abandonné le Seigneur, chaque fois que je manque à mon devoir en tant qu’être humain. Je l’ai renié par mes actes par mes pensées, chaque fois que j’ai ignoré sa volonté.

Je ne mérite rien. Je ne peux changer mon cœur, je suis comme cela. En dépit de ma bonne volonté, je récidive dans des choses qui attristent le Seigneur. Et pourtant, il ne me demande qu’une chose : m’aimes-tu ? Veux-tu m’ouvrir ton cœur ? Veux-tu être mon disciple ?

C’est là la conversion : se tourner vers le Seigneur, s’abandonner à lui, ne compter que sur sa grâce.

Et alors, cette grâce va faire de toi et de moi un serviteur de Dieu.

Nous ne sommes pas tous apôtres comme Pierre, mais nous avons tous l’occasion de servir le Seigneur. Dans notre foyer, dans notre métier, sur notre lieu de travail, et surtout dans l’Église, la communauté de nos frères et sœurs.

Et vous allez-vous en étonner.

Ne pensez jamais trop petit de ce que le Seigneur peut accomplir dans la vie d’un homme ou d’une femme qui lui confesse ses péchés, qui lui apporte ses échecs, qui accueille sa grâc.

 

il prend sa responsabilité...

Revenons sur Pierre dans ces premiers chapitres du livre des Actes, pour en relever une deuxième leçon. Cette transformation, que je viens d’évoquer, ne s’est pas faite sans l’implication active de Pierre. Il fallait qu’il se lève. Nous le voyons à trois reprises.

D’abord, dans l’assemblée des disciples : « En ces jours-là, Pierre se leva… » (1.15).

Quelques jours plus tard, lors de la fête de Pentecôte, les disciples sont remplis du Saint-Esprit. Cela se passe dans le Temple. Quand une foule de gens curieux vient voir ce qui se passe, c’est de nouveau Pierre qui se lève :

« Alors Pierre, se présentant avec les onze, éleva la voix, et leur parla en ces termes: Hommes Juifs, et vous tous qui séjournez à Jérusalem, sachez ceci, et prêtez l’oreille à mes paroles ! » (2.14).

Interpellés par le message, ils disent à Pierre et aux autres apôtres : Hommes frères, que ferons-nous ? Alors, c’est encore Pierre qui se lève :

« Et Pierre leur dit: Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, pour le pardon de vos péchés; et vous recevrez le don du Saint Esprit » (2.38).

A trois reprises, c’est Pierre qui se lève pour intervenir, soit dans l’assemblée, soit auprès de ceux qui n’ont pas la foi en Jésus Christ.

Il y aurait beaucoup à dire sur les interventions de Pierre. Je laisse cela pour une autre fois. Aujourd’hui, je veux souligner, tout simplement, le fait que Pierre « se leva » pour régler une affaire dans l’Église, qu’il « éleva sa voix » pour témoigner de son Seigneur et pour lancer un appel  à la conversion.

Pierre se leva…

Il sait ce que le Seigneur demande de lui, « prendre soin du troupeau » et « annoncer l’Évangile », mais c’est à lui maintenant d’assumer sa tâche. Il décide d’agir. Autrement dit, il prend sa responsabilité.

La transformation par le Saint-Esprit ne se fera pas tant que nous restons les bras croisés, en attendant un miracle d’n haut. Si le Seigneur vous confie une tâche, quelle qu’elle soit, il faut y croire. Il faut y aller. Il faut l’assumer. Autrement dit, en langage biblique, il faut « se lever ».

Pierre a pris sa responsabilité, tout en faisant confiance au Seigneur qu’il lui donne la force, la sagesse et les compétences spirituelles requises.

Quelle est ta responsabilité dans la vie ? Quelle est ma responsabilité ?

Ah, vous me dites que vous n’avez pas reçu d’appel. Que vous ignorez le ministère que le Seigneur voudrait vous confier.  Alors, on ne bouge pas ?

Pas besoin d’attendre. Regardez bien : tu as déjà pas mal de responsabilités qu’il s’agit d’assumer, tout simplement.

Etudiant ? Alors, lève-toi, et fait te ton mieux pour réussir tes études. Lève-toi, et prépare-toi au mieux au métier de ton choix.

Marié(e) ? Alors, lève-toi, et prend ta responsabilité envers ton conjoint.

Parent ? Alors, lève-toi et occupes-toi comme il se doit de tes enfants.

Prof ? Commercial ? Infirmière ? Quelle que soit votre profession, c’est toujours une responsabilité à assumer. Que vous en soyez content ou non, chaque métier, chaque occupation est une mission à accomplir pour le Seigneur.

Priez le Seigneur et écoutez sa parole, chaque jour, afin de trouver la bonne attitude et la sagesse dont vous aurez besoin.

Remettez toutes vos occupations entre les mains du Seigneur, et levez-vous. Et tu verras ce que le Seigneur va accomplir dans les circonstances particulières qui sont les vôtres.

Vous sentez-vous appelé à une tâche pour le Seigneur, à vous former, à vous impliquer dans un service, à témoigner auprès de vos proches, à participer à une œuvre d’évangélisation ?

Lève-toi. Vas-y. Le Seigneur vous aidera, et cela vous changera.

A combien de reprises Dieu a-t-il adressé ces deux mots à ses prophètes, ses envoyés : « lève-toi ». Peut-être qu’il les a communiqué à Pierre, à lui aussi, lors de sa prière de matin, le jour où s’est effectivement levé pour prendre sa responsabilité.

 

...et sa place dans l’Église

Une troisième leçon pour aujourd’hui est que Pierre nous montre combien il est important de prendre sa place dans l’Église.

Où était-il après l’ascension de Jésus et le jour de la Pentecôte ?

Parmi les autres disciples, une l’assemblée d’environ 120 hommes et femmes. « Tous d’un commun accord persévéraient dans la prière » (1.14)

Où était-il le jour de la Pentecôte ?

Parmi les disciples, maintenant réunis dans le temple. Ils n’étaient pas seulement « tous dans le même lieu », c’est à dire le temple, mais aussi « tous ensemble », c'est-à-dire réunis d’un même cœur (2.1). C’est sur l’assemblée en réunion que le Saint Esprit va descendre :

« Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues…» (2.2-4).

C’était une expérience à la fois commune et personnelle. Etre remplis du Saint Esprit et prendre sa place dans la communauté étaient deux réalités indissociables.

Pierre prend sa place dans la communauté, tout au long de sa vie.

Qu’est que cela signifie pour nous ?

Qu’il est important de prendre sa place dans une Église locale, quelle qu’elle soit.   

C’est dans la communauté que vous et moi allons progresser dans la foi. C’est là que le Seigneur va nous enseigner et apprendre des choses. C’est là que nous vivons de façon particulière la présence de l’Esprit de Dieu.

Inversement, quand on décroche de la vie d’une communauté de croyants, sa vie spirituelle dépérit, sa ferveur pour le Seigneur disparaît, on n’a plus envie d’écouter la Parole, et l’on se laisse accaparer par les soucis de tous les jours. Alors, je vous prie, ne rejoignez pas cette nébuleuse que l’on appelle « chrétiens dans la nature ».

Vous allez me dire : « ceci est vrai peut-être pour Pierre, puisqu’il avait un ministère à plein temps, mais moi, j’ai mon travail dans le monde, j’ai une famille, j’ai par mal d’occupations,  à côté, moi je n’ai pas le temps d’aller à l’Église tous les dimanches. Je n’ai pas le temps de m’investir. J’ai déjà trop à faire. »

Laissez-moi vous dire que ce n’est pas une question d’emploi du temps mais de priorité.

Que nous ayons un travail à plein temps dans la société, une famille je ne sais pas combien nombreuse à nourrir et à éduquer, des études à faire, des responsabilités dans la société, cela ne doit jamais nous empêcher de prendre jamais notre place dans la communauté.

« Soyez des pierres vivantes dans la maison de Dieu ».Cet appel de l’apôtre Pierre nous concerne tous. Pourquoi ? Parce que c’est la maison de Dieu, justement.

Comment voulez-vous témoigner de votre foi dans le monde si vous n’êtes pas instruit dans la foi au sein de l’Église ? Comment allez-vous trouver des réponses aux questions qui se posent dans votre quotidien, et comment porter les soucis qui sont les vôtres, si vous ne priez pas avec vos frères et sœurs ?                                                                                                                   

Faisons comme Pierre. Prenons notre place dans la communauté.  Notre témoignage dans le monde s’en retrouvera renforcé.


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