Honore tes parents et tu vivras mieux

 

Décalogue # 5 - Message par Evert Van de Poll, le 13 janvier 2013

Après quatre Paroles portant sur la relation entre l’homme et Dieu, le Décalogue passe aux relations humaines ? À commencer par : Honore ton père et ta mère.

Ce 5e commandement est le seul à être doublé d’une promesse : afin que tes jours se prolongent sur la terre que l’Éternel, ton Dieu, te donne (Nouvelle Segond), afin de jouir d'une longue vie (Semeur).

Honorer ces parents est donc très bénéfique.

Au premier vu, on a l’impression que cette promesse concerne seulement la longévité.

Mais des traductions dans d’autres langues portent : afin que tu ailles bien et que tes jours se prolongent. C’est aussi la traduction que Paul en fait dans son enseignement en Éphésiens 6, et il l’applique aux croyants dans le monde entier : afin que tu sois heureux et que tu vives longtemps sur la terre. La promesse concerne donc la longévité et la vie tout court.

Nous savons que l’espérance de vie ne dépend pas uniquement des facteurs physiques : avoir bon coffre, puis suivre un bon régime alimentaire, faire du sport, bouger, mais aussi et davantage encore des facteurs psychiques et spirituels : s’intéresser au monde, une attitude positive, vivre en paix avec son entourage. Des études américaines ont démontré que la foi en Dieu est un facteur important de longévité. On a trouvé que les croyants vivent plus longtemps que les non-croyants.

Un autre facteur important est notre attitude envers nos parents. Elle peut augmenter notre bien-être, ou bien ronger notre esprit et nous affaiblir, même physiquement. Notre attitude envers nos parents nous tire vers le haut ou vers le bas, selon que l’on les honore ou pas.

Quand on y réfléchit, ce commandement ne nous promet pas seulement une meilleure espérance de vie, mais aussi une meilleure manière d’assumer la vie de tous les jours. L’un est étroitement lié à l’autre.

D’où mon résumé de ce commandement, et le titre de mon message : « honorez vos parents, et vous vivrez mieux ».

 

Modèle de famille et de mariage

Si on a un père et une mère, c’est que l’on fait partie d’une famille. Et dire famille, c’est dire mariage : l’union d’un homme et d’une femme, qui accepteront d’accueillir et d’éduquer avec amour les enfants qu’ils mettront au monde, ou qu’ils vont adopter.

Ce modèle de la famille est fondée sur l’union de deux individus de sexes différents qui fondent un ménage, procréent et élèvent des enfants.

Selon les spécialistes, ce modèle apparaît comme un phénomène pratiquement universel. On peut le lire, par exemple, chez l’anthropologue Claude Levi-Strauss, Le Regard éloigné (1983).

En effet, il existe un lien quasiment universel entre un couple hétérosexuel, un engagement à vie de rester ensemble, filiation, et parentalité. Cet ensemble s’appelle mariage.

C’est une institution de la société depuis l’aube du temps. La Bible souligne son importance. Mais les croyants ne sont pas les seuls à la reconnaitre. Elle est reconnue dans toutes les cultures et par tous les états modernes. Elle est inscrite dans leur code civil.

 

Quel père ? Quelle mère ?

Or, la question se pose : quel père, quelle mère devons nous honorer ?

Selon le modèle de famille, nos parents sont lui et elle qui nous ont engendrés et éduqués.

Aujourd’hui, il y a de plus en plus de familles monoparentales. L’éducation est faite par une seule personne, presque toujours la mère.

Où est le père ? Divorcé ? Absent ? N’a-t-il pas reconnu l’enfant ? S’agit-il d’un viol ?

Etait-il un marin, un soldat, qui est parti après une histoire sans lendemain, avant que l’enfant soit né ? Dans ces cas-là, on ne sait même pas quel père on devrait honorer.

Quand on est né sous X, le même problème se pose.

Nombre d’enfants ont des parents éducateurs qui ne sont pas le couple qui les a mis au monde

Autre cas de figure, que l’on connait dans d’autres cultures mais aussi en France : les parents confient l’éducation de leur enfant à d’autres personnes. Les grands-parents. Un membre de la famille. Un précepteur ou une gouvernante.

Dans les pays africains, les sages du village peuvent/doivent intervenir dans l’éducation de l’enfant quand il fait des bêtises. Tout le village a le droit de le gronder, au nom de son père et de son mère…

Donc un enfant peut avoir deux pères, un biologique, l’autre parent éducateur.

On peut même avoir plusieurs pères et mères dans sa vie.

Faut-il les honorez tous ?

Eh bien, oui. Dans le domaine de la foi, nous avons aussi des pères et des mères spirituels.

Paul dit à l’Église à Corinthe : c'est moi qui vous ai engendrés en Jésus Christ par l'Évangile (1 Cor. 4.15)

Qui vous a amené à la foi ? Qui vous a introduit à la vie nouvelle en Jésus-Christ ? Qui vous a appris les premiers pas dans la vie de disciple en Jésus-Christ ? Ce sont vos parents spirituels.

Faut-il les honorez, eux aussi ? Bien sûr !

Certes, cela peut faire beaucoup de parents pour certaines personnes, mais c’est ainsi.

 

Actualité

Ces cas de figure existent aujourd’hui. Mais rien de nouveau sous le soleil : ils ont toujours existés, sans que cela ne mette en cause le mariage et la famille. Cette institution a toujours fonctionné comme modèle de référence.

Chaque être humain est enfant d’un père et d’une mère biologique. Et c’est important de les connaître. Nous voulons savoir de qui nous tenons nos traits de caractère, nos gènes. Souvent on comprend mieux ses propres enfants quand on connaît l’homme de ses propres parents et de leurs fratries.

Depuis quelques décennies, une partie de la société fait pression pour élargir cet ensemble de mariage, filiation et parentalité à des couples homosexuels. C’est très risqué, même d’un point de vu purement anthropologique, puisque cela brouille les repères morales des enfants, et donc des générations futures. La distinction entre les sexes n’est plus respectée. Les concepts de « père » et de « mère » deviennent flous. Quand on ajoute la procréation médicalement assistée, il y aura des enfants qui ne peuvent pas connaîtront leur père biologique. On ignore l’effet de l’homoparentalité sur les enfants sur le long terme.

Je ferme la parenthèse, puisque le sujet du cinquième commandement n’et pas le mariage, même pas de la famille, mais les relations entre enfants et parents.

 

1.         Honorer pendant l'enfance, c’est obéir et se soumettre 

Retour au commandement. Première question : à qui s’adresse-t-il ?

D’abord aux enfants. Honorer, c’est se soumettre aux parents, en leur obéissant.

Bien sûr, ce n’est pas toujours facile pour un enfant d’accepter les limites imposées. L’interdit de faire ceci, la contrainte de faire ses devoirs quand l’enfant préfère un jeu vidéo, c’est sourde de frustration. Et pourtant, la frustration  est un élément clé de l’éducation, elle permet à l’enfant de se construire, nous disent les psychologues. Paradoxalement, la limitation est libératrice puisqu’elle ouvre d’autres horizons, que l’enfant va découvrir.

Tout au long de la Bible nous trouvons des exemples du bienfait de l’obéissance. Elle est source de sagesse.

Jésus lui-même en a donné l’exemple suprême. Tout en étant le Fils de Dieu, il est venu dans la chair. En tant qu’enfant, il était soumis à Marie et à son père adoptif, Joséph. Il leur était obéissant, dit une autre traduction (Luc 2.51).

Paul exhorte les enfants : obéissez à vos parents en tout, car cela est juste, dans le Seigneur (Col. 3.20, Éphésiens. 6.1). Ces trois mots qu’il ajoute, sont de la plus haute importance : dans le Seigneur, selon le Seigneur. Cela veut dire que l’enfant est en droit de ne pas obéir quand les parents demandent quelque chose qui va à l’encontre de la volonté de Dieu. Et les parents n’ont pas le droit de l’imposer. Un acte de violence ou de racisme, par exemple.

Implicitement, le commandement s’adresse aussi aux parents. S’ils veulent que leurs enfants les respectent, cela ne va pas de soi. Ils ne peuvent pas les forcer aveuglement à l’obéissance. Ils leur doivent à leur tour, respect et amour également. Si les enfants ont beaucoup à apprendre, les parents aussi. C’est tout un apprentissage que de respecter l’enfant dans son singularité, dans son développement psychique, dans sa personnalité.

C’est pourquoi Paul ajoute : Et vous, pères (et mères), n'irritez pas vos enfants, de peur qu'ils ne se découragent, mais élevez-les en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur (Colossiens 3.21, Éphésiens 6.4). Ne les exaspérez pas, traduit la Bible du Semeur.

Il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet, mais comme je l’ai dit tout à l’heure, le commandement ne parle pas de la famille. Il s’adresse aux enfants. Donc retour aux enfants.

 

2.         Honorer après l'enfance, c’est respecter

Quels enfants ? Le commandement ne concerne pas seulement les enfants en âge d’enfant. Il ne dit pas : honore ton père et ta mère jusqu’à ce que tu prennes ton indépendance, jusqu’à ce tu entres en mariage, jusqu’à ce que tu deviennes à ton tour père ou mère.

En fait, on demeure toujours l’enfant de ce père-là et de cette mère-la.

Enfants que nous sommes, le commandement s’adresse à nous tous. Il nous demande d’honorer nos parents toute notre vie. A aucun moment n’en sommes-nous dispensés.

Mais, à un moment donné, les enfants ne sont plus les petits à la maison et les parents ne sont plus les éducateurs. La relation entre eux change. Forcément.

Honorer, ce n’est plus obéir et se soumettre.

Je pense qu’il est bien de prendre un moment pour marquer cette transition. De dire : « désormais je ne suis plus là pour t’éduquer, t’imposer des limites, te punir pour tes fautes. Désormais, je serai là pour toi, toujours, mais d’une autre manière. Désormais, nous aurons une relation d’adultes à adultes ».

Cela permet de ne tomber dans le travers de toujours vouloir diriger la vie des enfants adultes. Cela permet aussi de ne pas se sentir obligés d’obéir à ce que souhaitent les parents.

Mais tout au long de la vie, ils restent papa et maman et les enfants restent leurs enfants. Il faut continuer à les honorer, Qu’est ce que cela veut dire dans cette nouvelle situation ?

Honorer ne veut pas dire : être toujours d’accord avec eux. Aller les voir tous les jours puisqu’ils y insistent.

Honorer, c’est les respecter en tant que votre papa et votre maman.

Souvent les adultes prennent leurs distances avec leurs parents. Ils habitent loin, ne vont prendre la route afin de les voir. La relation n’est plus entretenue.

Parfois, ils les laissant à l’abandon.

Ou bien, il se développe un éloignement spirituel. On vit dans différents mondes, même si on habite presque côte à côte. On peut devenir concurrents, s’opposer, avoir des conflits.

Mais attention, celui qui parle mal de ses parents, met en danger sa propre vie. Maudire son père ou sa mère est une violation de la loi de Dieu, passible de la peine de mort (Exode 21.17).

 

3.         Honorer, c’est prendre soin. A quel point ?

La Bible dit que les enfants ne ramassent pas pour leurs parents, mais que les parents ramassent pour les enfants (2 Cor. 12.4). C’est l’héritage qu’ils leur laissent.

Mais que faire quand les parents peuvent plus ramasser ? Plus subvenir à leurs besoins ?

Faut-il les prendre en charge ? Les soutenir ?

Cette une épineuse question Dans les sociétés occidentales, on a créé des systèmes de pension de retraite, permettant de pourvoir à ses besoins quand on n’est plus en mesure de gagner sa vie. En plut, des structures ont été créées pour prendre en charge des personnes âgées malades ou incapables de se soigner elles-mêmes. Autrefois, il revenait aux enfants, ou à l’un des enfants, de prendre soin des parents vers la fin de leur vie.

Dans d’autres cultures, on connaît la famille élargie, où les parents vivent chez leurs enfants.

Comment les honorer quand ils ont des besoins financiers et des soucis de santé ?

Est ce que nous devons les entretenir quand ils deviennent dépendants?

Qu’est ce qu’en dit la Bible ? Rien de spécifique. C’est aux enfants de prendre leur responsabilité d’honorer leurs parents dans ces situations précises, par des solutions dignes et adéquates.

Et cela coutera ce que cela coutera.

Comme le cœur humain est tordu et comme les relations entre parents et enfants adultes ne sont pas toujours idéales, il arrive que les enfants n’aient pas envie de dépenser leur épargne pour leurs parents. Ils ont des projets à eux. Un crédit sur la maison, les frais de la fac pour leurs propres enfants, un certain train de vie….

À l’époque de Jésus, certains Juifs avaient trouvé la parade. On disait : tout ce que l’on destine à être donné un jour au service du Temple, ne peut plus être destiné aux parents. Ainsi pouvait-on jouir de ses biens presque toute sa vie, et puis les laisser comme un legs au Temple. Astucieux, non ?

Jésus n’en veut pas entendre parler. Il les appelle des hypocrites.

Donc, pas question de se dérober à sa responsabilité envers ses parents âgés et malades.

 

4.         Honorer, c’est enterrer ?

Comment honorer son père, sa mère, à l’heure de leur trépas ?

Ce sont les enfants qui enterrent leurs enfants. Comme Jakob et Esaü se sont retrouvés autour d’Isaac, leur père mourant, et l’ont enterré. C’est universel. C’est le dernier honneur rendu à ceux à qui je dois ma vie, humainement parlant, et qui m’ont tant donné.

C’est l’occasion de dire tout le bien que vous pensez de lui ou d’elle.

Mais attention : mieux vaut le dire de leur vivant à eux-mêmes.

Quand Jésus dit : ‘laisse les morts enterrer leurs morts,’ cela ne veut pas dire qu’il est interdit d’enterrer son père ou sa mère. La portée se trouve dans la dernière partie de sa phrase : ‘mais toi, viens, et suis-moi.’ Autrement dit, la priorité absolue dans la vie est la relation avec Dieu, par Jésus-Christ. Tout le reste doit y être soumis, même les funérailles dans la famille.

Quelle que soient les obligations familiales, elles ne peuvent jamais être plus importantes que mon engagement avec le Seigneur.

 

5.         Honorer, c’est travailler le fardeau du passé

Pourquoi tout le monde, ou presque va-t-il consulter un psy ? Puisque ça ne va plus dans la vie. Et qu’est-ce que le psy fait ? Il demande comment ça allait à la maison, puisque c’est là où se trouve la racine de nos problèmes insolubles.

La structure de la famille est d’une importance capitale pour le développement des enfants, et pour la stabilité de la société, il est d’autant plus douloureux quand elle ne fonctionne pas bien. Rupture de mariages, familles recomposées, enfants désorientés. C’est le mal du siècle, la grande douleur de notre société moderne.

Nul parent n’est parfait, et une éducation sans faute n’existe pas. Oui, il y aura des chamailles, et des conflits, surtout dans l’adolescence. Tout cela est au RDV dans les meilleurs milieux. Dans la majorité des cas, un enfant y survivra sans être traumatisé.

Mais quand il y a mépris, violence, abus, carence affective, négligence… alors là, l’enfance devient une histoire de toutes les peines.

Comment honorer ses parents dans de telles situations ?

Je dirais : travaillez le passé. Regardez la vérité en face. Essayez de comprendre ce qui s’est passé.

C’est bien de remonter à l’enfance. On parler va déjà soulager le cœur abattu.

Or, souvent le problème demeure, tant que l’on déteste ses parents pour ce qu’ils ont fait. Tant que l’on les accuse de tout, et rend coupables de tous vos propres échecs.

Reconnaissez votre part de l’histoire. Ne rejetez pas tout le tort aux parents.

En revanche, ne vous sentez pas coupables vous-même du mal que l’ont fait les parents.

Nul n’est pas responsable des péchés de ses parents (Ezéchiel 18).

 

6.         Honorer, c’est pardonner

Et puis, s’ouvre la voie de l’abandon et le pardon.

Abandonner la peine au Seigneur, sachant qu’il a porté cette peine sur la croix. S’en décharger devant le Seigneur, en lui demandant d’intervenir à sa manière à lui.

Et puis, pardonner. L’idéal serait qu’il y ait une demande de pardon de la part du père ou de la mère. Trop souvent, cela n’arrive pas. Mais cela n’empêche pas de pardonner unilatéralement, dans le sens où je ne leur tiens plus rigueur de ce qu’ils m’ont fait subir.

Accorder le pardon préalablement, c’est laisser leurs actes au jugement de Dieu, et de ne plus chercher de revanche.

Le pardon est une véritable source de guérison, elle peut panser les plaies et enlever la colère.

Il peut guérir les conséquences néfastes et douloureuses de mes éducateurs.

Oui, Jésus peux me libérer de leur vaine manière de vivre, dont je suis la victime. C’est entre autres pour cela que Jésus nous a rachetés par sa mort à la croix (1 Pierre 1.17).

Le pardon est aussi libérateur. Il ouvre la porte à une nouvelle vie, du fait que la relation avec les parents peut désormais se reconstruire. Devenir différent comme auparavant. On découvre des aspects de leur personnalité que l’on a jusque maintenant ignorés, un va les voir sous une autre lumière. Les apprécier. Bref, on arrive de nouveau à les honorer.

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