Sanctifiez le Nom ; ne le mettez pas à toutes les sauces

 

Message par Yanna Van de Poll, le 4 novembre 2012, série Dix Commandements # 3

 

Dans la réflexion des dix commandements, on en arrive au troisième commandement. Lisons-le en Exode 20 au verset 7.

Ce commandement ne porte pas sur le fait de prononcer le Nom du Seigneur, il nous met en garde de ne pas le prononcer en vain. Il ne s’agit pas du mot « Dieu », mais du nom personnel de Dieu, le nom qu’on utilise pour s’adresser à Lui.

 

 1.     Le nom personnel dans la Bible

Réfléchissons d’abord à l’importance d’un nom personnel dans la Bible. Imaginons, que nous n’avons pas de nom. Qu’est-ce qui se passera ? Qu’en pensez-vous ?

Heureusement, nous portons tous un nom, donné par nos parents. En fait, sans nom, nous n’existons pas pour les autres. Ils ne vont pas s’adresser à nous. Pas de contact, pas de relation. Cela montre bien que notre nom est plus qu’un nom. Au cours de notre vie, notre nom renvoie à notre caractère, à notre identité, à notre réputation.

Dans les Écritures, le mot " nom " est aussi lié à sa  réputation  (1Ch 14:17)). On met en relation le nom soit à quelqu’un de bon, c’est-à-dire quelqu’un qui suit les commandements de Dieu, soit à quelqu’un qui pratique la méchanceté (Prov 22:1). Dieu promit à Abraham de rendre grand son nom s’il quittait son pays et sa parenté pour aller dans un autre pays (Gn 12:1, 2). Abraham est grand dans les yeux de Dieu, car il obéissait à l’appel de Dieu.

De même, Dieu rendit grand le nom de David en lui accordant des victoires sur les ennemis d’Israël (1S 18:30 ; 2S 7:9, car il obéissait aux commandements de Dieu. En revanche, Salomon a écrit qu’ « un beau nom est préférable à d’abondantes richesses" (Prov 22:1). Pourtant, lui-même mourut avec la réputation de quelqu’un qui s’est détourné du Seigneur. Bref, dans la Bible le nom est lié à la réputation, qui dépend de notre obéissance ou désobéissance à Dieu.

Quand Jésus reprend ce thème, Il confirme encore ce lien étroit entre le nom et la relation de la personne avec Dieu, en disant : « heureux serez-vous, lorsque les hommes rejetteront votre nom comme infâme à cause du Fils de l’homme ». La réputation de notre nom ne dépend donc pas de ce que les hommes disent de nous, mais de notre fidélité à Dieu, qui nous sommes à ses yeux.

 

 2.     Le  Nom de Dieu

Maintenant, qu’est-ce que la Bible dit sur le  nom de Dieu ?  Dans l’Ecriture  il y a des hommes qui demandaient à Dieu son nom. Je vous rappelle le récit de Genèse 32, lorsque Jacob lutta avec l'ange qui lui apparut : « Jacob l’interrogea, en disant: Fais-moi je te prie, connaître ton nom. Il répondit: Pourquoi demandes-tu mon nom? Et il le bénit là » (v. 29).

Quelle est la réponse de Dieu ? Dieu ne lui répond pas.

Dans un autre endroit, nous retrouvons le même comportement devant l'ange de Dieu. En Juges 13.17-18 nous lisons: « Et Manoah (père de Samson) dit à l’ange de l’Éternel: Quel est ton nom, afin que nous te rendions gloire, quand ta parole s’accomplira? L’ange de l’Éternel lui répondit : Pourquoi demandes-tu mon nom? Il est merveilleux ».

Une traduction dit : « C'est un mystère, cela nous dépasse, c’est incompréhensible pour l’homme ».

En fait, on découvre que Dieu a plusieurs noms dans l’Ecriture qui sont autant de descriptions de son caractère. Il y a des descriptions de Dieu venant de la création par exemple. Dieu est comparé à un lion (Es 31.4), à un aigle (Dt 32.11), à un agneau ( Es 53.7), à un rocher (Dt 32.4), à un refuge (Ps 119.114), à l’étoile du matin (Ap 22.16), etc.  Ensuite, il dresse encore une liste encore plus étendu d’expressions empruntées à l’expérience humaine, par exemple : Dieu est époux (Es 54.4), juge et roi (Es 33.22), bon berger (Ps 23.1), père (Dt 32.6), etc.

Même si Dieu ne possède pas un corps physique, l’Ecriture se sert de diverses parties du corps humain pour décrire les actes de Dieu. L’Ecriture parle par exemple de  la face de Dieu (Ex 33.20), de ses oreilles (Es 59.1), de ses mains (Es 59.1), de sa bouche (Dt 8.3), de son pied (Es 66.1) etc. Cela veut dire : Dieu est présent, Il écoute les hommes, Il agit, Il règne sur l’histoire de l’humanité etc.

Même si la Bible donne de nombreux noms à Dieu, le nom retenu par les Ecritures avant tout est le nom que Dieu a révélé à Moïse. Quand  Moïse demandait à l’Eternel son nom, Dieu lui répond : « Tu diras aux Israélites que « Je suis qui je suis m’a envoyé vers vous ». Je suis qui je suis.

En hébreu, ce mot est un composé de quatre consonnes. Cela donne la prononciation Jahweh (ou quelque chose comme cela, puisque les voyelles manquent et que les spécialistes ne sont pas sûr de la prononciation exacte). Quand le texte porte ce mot, les Juifs le respectent tant, qu’ils prononcent un autre mot : Seigneur (adonai). C’est usage est adopté par les chrétiens, eux aussi. Ainsi, nos Bibles mettent Seigneur.

Les traducteurs français utilisent aussi un autre mot pour Jahweh : « Eternel », cela veut dire que Dieu est toujours Dieu, éternellement.

Jahweh, Seigneur, Eternel… c’est le Nom saint. C’est le Nom propre de Dieu. C’est par ce Nom que les croyants peuvent s’adresser à Lui. C’est le Nom avec une majuscule. Tout ce qui compte par rapport au  Nom de Dieu est sa présence : je suis qui je suis. Le Seigneur veut être  présent dans notre vie : Je suis avec toi, dit-Il à Moïse.

Jésus, le Fils de Dieu, porte le même Nom : Il nous dit encore aujourd’hui : Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Jésus  est Emmanuel, Dieu avec nous.


3.     Non à la magie

Venons-en au troisième commandement : comment comprendre l’expression de ne pas prononcer le Nom de Dieu en vain ?  La définition étymologique du mot en vain dans plusieurs traductions est très intéressante par sa variété et la force qui s’en dégage. Je vous cite quelques traductions de ce mot :

- « Tu ne prononceras pas à tort le Nom du Seigneur, ton Dieu » (TOB)
- « Tu ne prononceras pas mon Nom de manière abusive » (Bible en Français Courant)
- « Tu n'utiliseras pas le Nom de l'Eternel ton Dieu pour tromper » (Bible du Semeur)

La variété de ces traductions nous donne déjà une idée des différentes façons dont l’homme peut prononcer le Nom de Dieu, Jahweh, en vain : prononcer à la légère, prononcer n’importe comment, à faux, à tort, de manière abusive, sans tenir compte de sa sainteté.

Pour être plus clair, il ne s'agit pas simplement de prononcer ou dire le Nom du Seigneur mais de s’en servir, de le prononcer à tort, d’utiliser son Nom pour exercer un pouvoir. Pour tromper les hommes.
Se servir du Nom de Dieu, c'est l'utiliser comme une formule magique, comme on utilisait le nom des divinités pour valider des formules.

La nation d’Israël a eu le privilège d’être liée au Nom de YHWH puisqu’ils étaient ses témoins (Isaïe 43:10). C'est pourquoi Moïse pouvait dire du peuple d’Israël: « Tous les peuples verront que le Nom de YHWH est nommé sur toi, et ils te craindront » (Deut. 28:10).

Cependant, les Israélites qui devinrent apostats portèrent le Nom de Dieu d’une manière indigne.  Alors qu'ils se prétendaient d’être des adorateurs de YHWH, ils profanaient son Nom en suivant d’autres dieux. C'est pourquoi Dieu dit par la bouche du prophète Ézéchiel: « Ce n'est pas à cause de vous que j'agis de la sorte, maison d'Israël; c'est à cause de mon saint Nom, que vous avez profané parmi les nations où vous êtes allés » (Ezéch. 36:20-22).

Le dessein primordial de ce commandement était sans doute d'empêcher que le Nom de YHWH soit employé d'une manière irrespectueuse, profane ou blasphématoire. Pourquoi ? Parce que cela touche à la magie.

Selon la conception magique du monde qui prévalait au Moyen Orient à cette époque, utiliser le nom d’un dieu sert à avoir une emprise sur lui. Voilà pourquoi on trouve dans la Bible une interdiction absolue de pratiquer la magie, monnaie courante dans les peuples païens environnants. Et aujourd’hui encore, sous la forme d’occultisme. Pas seulement parce que l'occultisme est interdit, mais aussi parce que la pensée magique est complètement opposée à la pensée biblique. Elle fait de Dieu un instrument, un moyen pour arriver à ses propres fins.

Ce commandement est donc un non à la magie, un non aux formules magiques qui utilisent  le Nom de Dieu pour exercer un pouvoir sur Lui.


4.     Ne mettez pas le Nom du Seigneur à toutes les sauces

Ne pensez pas que nous serons exempts de telles pratiques.
Car Jésus lui-même reprend ce commandement quand Il nous met en garde contre un usage malhonnête et abusif du Nom de Dieu :
« Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais seulement celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour là : Seigneur, Seigneur, n’avons nous pas prophétisé en ton Nom ? N’avons nous pas chassé des démons en ton Nom ? Et n’avons nous pas fait beaucoup de miracles en ton Nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez vous de moi, vous qui commettez l’iniquité ». (Matthieu 7:21-23)

Autrement dit : gare à ceux qui mettent le Nom du Seigneur à toutes les sauces.

Utiliser le Nom de Jésus à tort et à travers, du genre: «  le Seigneur m’a révélé ceci ou cela »", «  le Seigneur Jésus me montre ceci », «  Jésus me dit cela", etc etc.

Remarquons, qu’au jour du jugement, ces individus insisteront sur le fait qu’ils ont accompli toutes ces choses au nom de celui en qui ils ont fait profession de foi. Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton Nom que nous avons prophétisé? En ton Nom que nous avons chassé les démons? En ton Nom que nous avons fait bien des miracles? À cet égard, ils s’attendaient à ce que Jésus les reconnaisse comme étant ses fidèles serviteurs. Mais à leur grande stupéfaction, Jésus leur dira, «  Je ne vous connais pas ».

Quel être humain peut accomplir des miracles sans s’appuyer sur la puissance de Dieu? Pourtant, Jésus dit clairement : je ne vous ai pas connus. Ils ont utilisé le nom de Jésus, le Fils de Dieu, et donc le Nom Saint de Dieu en vain, comme dans la magie.


5.     Connaître Dieu pour respecter son nom. 

Mais au juste, quelle  est le reproche de Jésus aux gens qui ont fait des miracles en son Nom ? Dans le passage cité, Jésus établit une relation directe entre l’usage de son Nom et le connaître personnellement : « je ne vous ai jamais connus ». Selon la Parole de Dieu, connaître le Nom de Dieu signifie connaître Dieu,  connaître Dieu intimement, et établir avec Lui une relation privilégiée. En Jésus, Dieu est présent dans notre vie. Porter le Nom de Jésus, signifie pour Dieu le connaître personnellement.  Jésus dit  en Jean 10:14 « Je suis le bon berger. Je connais mes brebis, et elles me connaissent ».

Jésus connaît ses brebis et ses brebis le connaissent. Lorsque nous prions Dieu, nous ne parlons pas à un être inconnu. Nous invoquons Celui que nous connaissons, avec qui nous avons une relation intime. C’est par Jésus que nous connaissons Dieu. Dans sa prière Jésus dit :  « Père juste, le monde ne t’a point connu ; mais moi je t’ai connu…..Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que je sois en eux ». (Jean 17:25-26). 

Maintenant on comprend que plus on connaît Dieu, plus on respecte son Nom. Inversement, moins on connaît Dieu, moins on respecte son Nom, et  plus on est tenté de prononcer son Nom en vain, de s’en servir pour arriver à nos fins comme dans la magie.

C’est important de comprendre ceci.  Car dans le 3ème commandement il y a un avertissement solennel. Dieu ne laisse pas pour innocent celui qui prendra son Nom en vain. Tous ceux qui ont abusé du Nom de Dieu, devront en rendre compte devant le tribunal divin. Comme le peuple d'Israël qui n’a pas honoré le Nom de Dieu,  Dieu les a punis par leur exil à Babylone.

Si nous abusons du Nom de Dieu, Il ne peut nous laisser impunis, mais il nous châtie avec mesure et nous pardonne lorsque nous revenons vers Lui humblement.


6.     Bon usage du nom de Dieu

Cela nous amène au dernier point :   qu’est-ce  donc un bon usage du Nom de Dieu ? Comment l’utiliser d’une manière digne ? Pour trouver une réponse, approchons-nous de Jésus, qui nous a appris à prier :  «  Notre Père qui es aux cieux ! Que ton Nom soit sanctifié « (Matthieu 6:9). 

Jésus nous apprend à prier : que ton  Nom soit sanctifié. Le Nom de Dieu est saint.  Dieu seul est « saint », c'est-à-dire que nul autre ne lui est comparable.

Quand nous prions à l’instar de Jésus ‘Que ton Nom soit sanctifié’, qu’est-ce que nous demandons à Dieu ? Nous demandons à Dieu que nous portions son Nom avec dignité, avec respect. Son Nom est sanctifié en nous par notre vie, par notre conduite, par le respect de sa volonté.   

Nous sanctifions son Nom quand nous nous soumettons à sa Parole. Il y a une relation étroite entre honorer le Nom de Dieu et vivre par et pour Lui.

En fait, quand nous prions que son Nom soit sanctifié dans notre vie, nous lui demandons de nous sanctifier, car nous ne sommes pas capables nous-mêmes de nous sanctifier. Dieu seul peut nous sanctifier par l’œuvre de Jésus. Et cette œuvre est une œuvre de purification, de pardon, de réconciliation et de libération. Car « Il n’y a sous le ciel aucun autre Nom donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés » (Actes 4.12).

En revanche, si nous vivons sans tenir compte de la parole de Dieu, sans mettre en pratique sa parole tout en nous disant croyants, le Nom de Dieu est déshonorée, voire blasphémé : « Le Nom de Dieu est blasphémé à cause de vous parmi les nations », écrit l’apôtre Paul aux Romains (Romains 2.24). Les chrétiens auxquels Paul écrivait ne vivaient pas à la hauteur de ce que Dieu leur demandait.

Autrement dit, ils ne respectaient pas le troisième commandement.

Donc, utiliser le Nom de Dieu nous met devant une grande responsabilité.

Que le Seigneur nous aide à honorer son Nom par notre manière de vivre, par nos actes. Que nous ne portions pas en vain le Nom de Dieu.

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