Pas d'autres dieux, pas d'idoles

 

Message par Evert Van de Poll – le 29 septembre 2012 - Série Dix Commandements # 2

Pourquoi sommes nous sauvés, libérés, délivrés ? Pour servir Dieu. En nous délivrant du péché, Dieu ne nous donne pas seulement la vie éternelle mais il fait de nous ses serviteurs, ici sur la terre. Les Dix Paroles sont des repères que Dieu nous a donnés pour vivre heureux et dans la paix, selon sa volonté.

Un effort que le service du Seigneur ? Oui, nécessairement.

Un engagement ? Effectivement. Mais rappelez vous le préalable à tout ce qu’il demande de nous : « je suis l’Éternel, je l’étais et je le serai, votre Dieu libérateur ». Il nous aidera à le servir, par son Esprit et par ses Paroles.

Dieu est avec nous, il nous offre son amitié, sa présence, son Esprit. Il dit : « Je mettrai mon Esprit en vous et je ferai que vous suiviez mes prescriptions et pratiquiez mes ordonnances » (Ezéchiel 36.27). Voilà le secret, je dirais la dynamique  de la vie chrétienne.

Les catéchismes protestants nous enseignent, sous forme de question et réponse :  « Quel est le but de notre existence ? Glorifier Dieu et se réjouir de sa présence à jamais ».

Plus on se réjouit de sa présence, plus on aura envie de le glorifier et de l'honorer. Glorifier Dieu, c’est orienter tous ce que nous faisons vers sa volonté. Faire ce qui fait l’honneur de son Nom. Ceci n’est pas toujours facile, ce n’est pas toujours évident, il va falloir faire des sacrifices, renoncer à certains plaisirs du monde, aller à contre courant d’une société que s’éloigne de plus en plus des valeurs bibliques. Mais on le fera avec joie et avec détermination quand sait que Dieu est avec nous, et que l’on se réjouit de sa présence.

 

Dieu dit non par amour

Expression Le Décalogue est le résumé de la volonté du Seigneur pour nos vies, il résume tous les 613 commandements dans la Loi de Moïse. Ce sont 365 prescriptions (« tu feras ») et 258 interdits (« tu ne feras pas »).

Nous allons nous concentrer sur les dix plus célèbres interdits : les Dix Paroles que nous avons appelés les Dix Repères.

Les Dix Repères sont tous introduits par le mot hébreu lo, « non ».

Ils disent non à des comportements néfastes pour la vie des personnes comme pour le fonctionnement de la société.

Ils ferment la porte à des fausses bonnes idées que le monde nous présente, à des tentations, à des péchés qui souvent ne disent par leur nom.

Chacune des Dix Paroles exprime l’amour de Dieu pour nous. Dans les situations concrètes qui se posent à chacun de nous, notre Dieu nous vient en aide par ses commandements.

Quand il dit « non », ne fait pas ceci ou cela, il le dit par amour.

Ses paroles nous aident à discerner le mal à éviter, et ainsi à résister à la tentation.

Elles nous permettent de rester libres, libres pour servir le Seigneur, libres pour chercher le bien commun, libres face à l’injustice et la corruption qui règnent dans le monde.

 

Pas d’autres dieux

Ce matin nous commençons par le premier commandement : « Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face. »

Par ce premier interdit, le Seigneur ferme la porte au polythéisme. Il n’y a qu’un seul Dieu. Si les peuples dans l’antiquité ont adoré une multitude de divinités, la Bible est on ne peut plus claire : ses soi-disant dieux n’existent pas. Ce sont des représentations imaginées par l’homme, qui a perdu la trace du seul vrai Dieu.

Aujourd’hui, certaines cultures sont encore dans le polythéisme. Mais dans les sociétés européennes on a l’impression d’être tombé dans l’autre extrême. Autrefois dominée par le christianisme, cette religion y est marginalisée, sans que d’autres religions n’aient pris sa place.

La grande majorité de la population mène sa vie comme si le Dieu du christianisme n’existe pas, ou bien comme s’il n’y a pas de dieu. Quelques minorités de chrétiens, de musulmans et d’autres confessions sont tolérées, mais dans le monde de la science et de la politique, leur influence reste limitée.

Les athéistes prétendent qu’il n’y a pas de dieu du tout. Ils sont minoritaires, entre 10 et 20 pourcent de la population, selon les pays.

La plupart des gens sont agnostiques : ils ne sont pas sur que le Dieu de la Bible, ou un quelconque être divin n’existe. Dans leur quotidien, ils n’y tiennent pas compte.

« Je ne sais pas si Dieu existe, » nous disent-ils, « mais s’il ‘existe, il ne semble pas s’occuper de moi. Et moi, je ne m’occupe pas de lui ».

Cette culture ambiante d’une vie sécularisée, sans rapport avec Dieu, est très influente.

Nous, les chrétiens, en subissons la pression. Le monde nous offre des plaisirs sans Dieu, des solutions à nos problèmes sans Dieu, des guérisons sans Dieu, des richesses sans Dieu, des expériences fortes sans Dieu, une morale sans Dieu, une bonté sans Dieu, un amour sans Dieu.

 

Des dieux qui ne disent pas leur nom

Est ce que le premier commandement est inutile face de cette situation ? Ne devrait-on l’adapter à la modernité ? Par exemple : « Tu ne vivras pas sans Dieu devant moi ».

Je ne pense pas. Si le modernisme occidental a écarté le Dieu de la Bible du terrain, en tout cas de la vie publique, cela ne veut pas dire qu’il est sans dieu.

En fait, on voir qu’il y a des dieux qui ne disent pas leur nom. Ces dieux ne vivent pas dans un ciel, entouré d’anges, et opposés pas des démons. On ne croit plus aux divinités célestes, ni au diable, ni à l’enfer.

Non, les dieux de la modernité sont des idéologies, que les hommes ont inventées. Des systèmes politiques. Le communisme. Le fascisme. Le nationalisme. Le libéralisme du marché. Le technicisme.

Ce sont des idées qui règnent en maître. Les gens y croient. Les gens attendent d’elles leur salut, un monde meilleur.

Notez le langage religieux : Le communisme a demandé des « sacrifices ». Des dizaines de millions de victimes ont péri, sous la bannière de cette idéologie athéiste

Le nationalisme des dirigeants en Europe ont demandé des « sacrifices ». Ce fut le carnage de deux guerres mondiales.

Les politiques aujourd’hui nous demandent de faire des « sacrifices » pour la croissance économique.

Cela montre bien que nous sommes dans le domaine de la religion et des divinités.

Jésus nous a parlé de l’un de ces dieux qui ne disent pas leur nom, mais à qui les gens de son temps vouaient déjà un véritable culte : le Mammon. Et Paul a ajouté que l’homme qui se laisse diriger par l’amour de l’argent, est prêt à commettre n’importe quelle sorte de mal.

« Vous ne pouvez pas servir Dieu et le Mammon », a dit Jésus.

Ce fut sa manière d’actualiser le premier commandement : « tu n’auras pas d’autres dieux devant moi. »

Aujourd’hui, cette parole est plus pertinente que jamais.

Les gens vouent un culte à l’argent. Tout est marchandise. Tout s’achète. C’est le culte du matérialisme. Un autre dieu qui ne dit pas son nom et à qui beaucoup de gens vouent un culte est le hédonisme – vivre pour le plaisir. Pour cela, on sacrifie les normes d’autrefois.

Mais on voit les dégâts partout.

Le monde est plus prospère, mais moins heureux.

La science et la technologie apportent énormément de connaissance et de produits, mais elles ne peuvent combler le vide intérieur des personnes.

Et face à la mort, ils n’ont aucune réponse.

 

Le danger qui nous guette

Pourquoi le premier commandement aujourd’hui ? Pour éviter que nous changeons de religion ? Peut-être, oui, dans certains cas.

Mais je pense que le danger visé est plus subtil que cela.

Le danger qui nous guette, c’est que nous ayons d’autres dieux tout en croyant en l’Eternel qui nous a sauvés. « …d’autres dieux…devant ma face. »

Dans l’histoire d’Israël on en voit maints exemples. Tout en croyant en Dieu, le peuple se permet de servir d’autres dieux, des idoles, des idéologies, venants de l’extérieur. On avait le cœur partagé, divisé. On boitait de deux côtés, comme le disaient les prophètes qui leur reprochaient une double loyauté.

En tant que chrétiens nous ne sommes pas à l’abri de ce danger. Combien de fois on a vu le christianisme se corrompre, quand les responsables des églises ont fait alliance avec le pouvoir politique ! Et combien souvent voit-on des gens qui se disent chrétiens, s’agenouiller devant des idoles : l’argent, la richesse, le pouvoir, ou des statues d’un saint ou une sainte.

 

Tout peut devenir un ‘autre dieu devant le Seigneur’

Ce n’est pas dire que les choses du monde sont mauvaises en soi. « Tout ce que Dieu a créé est bon, e rien n’est à rejeter, pourvu qu’on le prenne ave actions de grâces, car tout est sanctifié par la parole de Dieu et par la prière » (1 Timothée 4.4-5).

Le danger, c’est de mettre quelque chose que Dieu a créé pour notre bien, entre le Seigneur et nous.

Combien de fois, notre cœur est-il partagé entre ce que le Seigneur demande de nous et ce que le monde nous propose : le plaisir, la carrière professionnelle, la sexualité à tout va, l’art, la richesse. Bref : tout peut devenir un ‘autre dieu devant le Seigneur’, c’est à dire, quelque chose qui exige notre dévouement, notre consécration, sans tenir compte de ce que Dieu nous a dit sur ce sujet. Et à la fois on reste chrétien, on va au culte, on prie le Seigneur de temps à autre…

On se dit chrétien. On l’est, bien sûr, parce que l’on croit en Jésus, on croît à la vérité de la Bible.

Mais dans certains domaines, ce n’est pas la Parole de Dieu que nous suivons mais tout simplement les règles du jeu de ce monde.

Le premier commandement nous met en garde. Quand on se met à suivre d’autres dieux, y compris des dieux qui ne disent pas leur nom, dans certains domaines de sa vie, on va perdre la paix de Dieu dans son cœur. Attristé, l’Esprit se tiendra à l’écart et la vie spirituelle s’étouffe.

 

Pas d’idoles

Le premier commandement est directement suivi par un second, sur le même registre. Il convient de les lire ensemble. Ils semblent viser le même mal : servir d’autres dieux. Le deuxième commandement dit : « Tu ne feras pas de statue, ni de représentation quelconque de ce qui est en haut dans le ciel, de ce qui est en bas sur la terre, et de ce qui est dans les eaux plus que la terre… » 

Le mot grec pour statue est idole, ce mot est retenu dans le français et d’autres langues occidentales.

Dans l’antiquité on faisait des statues, ou des idoles, pour représenter des divinités invisibles que l’on croyait dans les cieux.

Les gens rendaient un culte à ses statues, avec des sacrifices, des cérémonies et des rites. Des prêtres faisaient des prières pour implorer la faveur de ces dieux.

Dans notre société d’aujourd’hui, cela ne se fait plus, ou presque plus comme cela. Mais l’idolâtrie existe encore bel et bien.

On parle d’idoles, des personnes extraordinaires que l’on admire, mises sur un piédestal, vénérées, adorées comme des demi-dieux, ou presque comme des dieux. Héros militaires, sportifs, artistes, faiseurs de prodiges… Des foules s’efforcent à suivre leur traces, écouter leurs paroles, prier leur aide…

La Parole de Dieu nous interdit tout ce qui relève de cette idolâtrie.

 

Danger de syncrétisme

Mais quel est le problème qui sous-tend cette règle ? Quand on croit en un seul Dieu, on ne va pas s’agenouiller devant une statue d’une soi-disant autre divinité. Cela ne semble pas très logique.

Quel est le danger alors ? Pourquoi cet interdit ?

Parce qu’il y a danger de faire l’amalgame entre ces que représentent les idoles (autrefois ou aujourd’hui) et le vrai Dieu. C’est le danger du syncrétisme.

On va créer une autre image de Dieu. Faire de lui une divinité qui doit répondre à tout ce que je demande, sans que je respecte sa volonté. Faire de lui une source de miracles seulement. Faire de lui une expérience spirituelle sans conséquences pour les choix éthiques que je fais. Faire de lui le protecteur de ma nation quand elle se bat dans une guerre injuste. Faire de lui le Juge qui punira les peuplades que je n’aime pas…

La Bible du Semeur commente : « L’Éternel s’est révélé à son peuple par la manifestation de sa présence, et par le moyen de sa Parole et de ses actes, mais non pas sous une quelconque forme visible. Vouloir le représenter sous la forme d’une idole, c’est d’abord verser dans la caricature. L’Éternel ne peut ^troisième représenté par ces objets inertes que l’on peut posséder et devant lesquels les païens rendent un culte impersonnel et formaliste sans que cela affecte leur vie quotidienne. De plus, c’est oublier que la représentation de Dieu sur terre existe déjà : l’être humain, et c’est par conséquent porter atteinte à la dignité humaine. L’histoire montre d’ailleurs qu’idolâtrie et exploitation du prochain vont de pair : on traite la divinité comme un objet, un moyen de parvenir à ses fins, et le prochain de même. »

Le danger est que nous faisons tout cela dans le nom du Dieu et Père de Jésus-Christ !

 

Se réjouir de Dieu et le glorifier : « donne-moi un ‘cœur un’ »

Le premier et le deuxième commandement nous disent de rompre avec tout autre dieu, et avec toute sorte d’idolâtrie, même si cela se fait dans le nom du notre Seigneur Dieu.

Dans notre société, c’est un véritable choix que de s’en tenir à un seul Dieu, le Dieu d’Israël, le Dieu de la Bible, le Père de Jésus-Christ notre Sauveur. Mais nous le faisons, parce que nous savons que c’est lui la vraie source de sagesse. Mais que Dieu nous vienne en aide, puisque nous sommes faibles et vite tentés.

Servir Dieu par nos propres forces seulement, ce n’est pas vraiment possible. Nous avons besoin de la présence du Seigneur. Comme le disent les confessions de foi protestantes : Se réjouir de sa présence et le glorifier au jour le jour – ces deux vont ensemble.

Se ressourcer auprès de lui permet de trouver la motivation de le servir au quotidien. Dans la prière, nous nous rendons compte de sa grâce, et cela nous rend humbles.

Finalement, de quoi avons-nous besoin pour respecter le premier commandement ?

Les psaumes donnent la réponse. Avec la prière du Psaume 86 : « Je marche dans ta vérité. Donne-moi un cœur tout simple, afin que je craigne ton nom » (verset 11).

Un cœur tout simple. En hébreu, le texte porte, littéralement : donne moi un cœur un.

Un cœur fixe sur Celui qui est Un, ouvert à ce Dieu unique qui nous a sauvés et qui nous donne son Esprit. C’est l’Esprit, sa présence divine, qui change notre cœur si divisé et si affecté par le péché, pour en faire « un cœur un ».

Voilà une prière utile à exprimer chaque matin, chaque jour, et chaque fois que l’on a laissé la place à un autre dieu : « Donne-moi un cœur tout simple, afin que je craigne ton nom »

S’inspirant de ce psaume, Corinne Lafitte a écrit ce beau chant (J'aime l'Eternel, n° 709) :

Seigneur, ce dont j’ai besoin c’est d’un cœur brisé et contrit.

Donne-moi un cœur tout simple qui ne soit pas divisé.

Qui ne s’enfle pas de connaissance mais s’attache à ta présence.

Qui ne s’enfle pas d’orgueil mais qui vit, simplement, près de toi.

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