Il a tant fait pour moi, que je veux faire tout pour Lui

 

Message par Yanna Van de Poll, 12 août 2012, série Paraboles du Règne de Dieu # 3

Nous sommes en train de réfléchir aux paraboles du Royaume des cieux. Ce matin je vous propose deux autres paraboles qui se trouvent en  Matt 13.44-46. Deux paraboles très courtes, mais d’une richesse profonde.

Ces paraboles se ressemblent. Deux hommes, d’une façon ou d’une autre, découvrent un grand trésor, une perle et ils vendent tout pour l’obtenir.

En réfléchissant à l’explication des éléments dans ces deux paraboles, j’ai trouvé dans les commentaires deux lectures possibles.

 

 Première lecture :

1. Le trésor est le salut en Jésus Christ 

Dans la première lecture, l’homme dans les deux paraboles c’est vous et moi. L’un trouve un trésor presque par hasard dans un champ tandis que l’autre cherchait « de belles perles » et il trouve une perle de grand prix.

En ce qui concerne trouver un trésor dans un champ, c’est intéressant à savoir qu’en Palestine à l'époque de Jésus il n'y avait pas de banques. Ce n'était pas possible de prendre son argent et le verser dans un compte d'épargne comme nous le faisons aujourd'hui. Pour être certain de la sécurité de son argent il fallait le cacher hors de vu et loin de tout. Et cela était l'habitude des habitants du pays. Creuser un trou, déposer un pot d'argent et puis remplir le trou - en prenant bien note du lieu. Mais, des choses arrivent- la guerre, l'invasion, l'expulsion, entre autres - et l'argent caché est oublié. La loi rabbinique de l'époque disait que "si un homme trouve du fruit ou de l'argent répandu ils lui appartiennent." Ce que nous pouvons appeler "La loi de gardes de trouveurs".

Cependant le but de l'histoire n'est pas d'enseigner des théories économiques ou morales.

Ce qui est important dans cette lecture, c’est que le trésor ou la perle représente le salut en Christ, l’évangile de la grâce en Christ : « la richesse insondable du Christ » écrit l’apôtre Paul aux Ephésiens 3.8.

Le défi dans cette lecture est : cherchons-nous le trésor, la perle ? Sommes-nous comme l’homme ou le marchand qui sont à la recherche d’un trésor ? Heureusement, nous savons que Dieu attire des hommes à lui-même dans sa grâce et sa souveraineté. Quelquefois, comme l’homme dans le champ, ils trouvent le salut en Christ par surprise. Prenons par exemple  le geôlier de Philippes (Actes 9 et 16). Comme Dieu dit en Esaïe : « J’ai exaucé ceux qui ne demandent rien, Je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas » (Es 65.1).

D’autres fois, le Seigneur prépare le cœur, si bien que l’homme commence à chercher, sans bien savoir quoi. L’eunuque éthiopien, Corneille et Lydie en sont des exemples. La grâce de Dieu les poussa à chercher et leur permit aussi de trouver.

 

2. Pourquoi le trésor était-il caché ?

Deuxièmement, dans les deux cas, le trésor ou la perle est caché. Pourquoi ?

L’évangile du royaume se trouve maintenant dans le monde, il est venu en la personne de Jésus-Christ. Il s’agissait d’un mystère « caché de toute éternité en Dieu », comme le dit l’apôtre Paul en Ephésiens (Eph 3.8-9), mais qui commence maintenant à être mis « en lumière ». Il demeura caché pendant tout le ministère de Jésus mais, avec sa mort, sa résurrection, son ascension et la venue de Saint Esprit, ce mystère devient une réalité.

Que ce soit dans l’enseignement de la Parole de Dieu ou la prédication de ses serviteurs, ou dans la vie quotidienne de son peuple, ce mystère est maintenant dans le monde. Il se rencontre dans l’Eglise de Jésus-Christ, dans son message, dans son culte ainsi que dans le témoignage des croyants qui sont dans la société. Il s’agit de l’œuvre du royaume des cieux sur la terre.

Néanmoins, l’aspect caché du royaume demeure une réalité pour les non convertis (1 Cor 2.14). Les hommes spirituellement aveugles ne peuvent pas voir la lumière par eux-mêmes. Il faut que l’Esprit leur ouvre les yeux de leur cœur. En ce sens, l’évangile reste un trésor caché pour beaucoup de gens. Certains contemporains de Jésus souffraient également de ce problème : « Vous sondez les écritures », leur dit Jésus, « parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi. Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie » (Jean 5.39-40).

 

3. Le prix à payer

Troisièmement, afin d’obtenir cette richesse, ce trésor, cette perle, les hommes dans les deux  paraboles vendent toutes leurs ressources. Ils « achètent », l’un le champ et l’autre la perle. L’achat du trésor ne signifie en aucun cas que nous pouvons obtenir le salut en Christ par nos propres efforts ou par nos bonnes œuvres. La Bible enseigne de manière irréfutable que « c’est par grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Eph 2.8).

Lorsque l’Ecriture emploie la figure d’’achat’ en rapport à l’évangile, elle montre avec une clarté absolue qu’il s’agit d’un ‘achat’ de grâce libre et souveraine. Ainsi, en Esaïe, le Seigneur s’adresse à un peuple perdu : « Vous tous qui avez soif, venez aux eaux, même celui qui n’a pas d’argent ! Venez, achetez du vin et du lait sans argent, sans rien payer » (Es 55.1).

Le Seigneur Jésus-Christ Lui-même reprend la même image quand Il dit : « A celui qui a soif, je donnerai de la source de l’eau de la vie, gratuitement » (Apoc 21.6)

Acheter’ consiste ici en une réponse sincère, et pleine de foi à l’offre du salut en Jésus-Christ.

Pour ces deux hommes dans la parabole, la totalité de leurs possessions n’est pas un prix trop élevé à payer. Venir à Christ dans la foi est certainement l’achat’ d’un grand trésor « sans argent, sans rien payer », car effectivement le salut vient entièrement de la libre grâce de Dieu. Mais dans un autre sens, c’est la plus coûteuse transaction du monde. Car il s’agit d’une reddition inconditionnelle, à la fois de tout ce que l’on a et de tout ce que l’on est. Un tel homme quitte tout, y compris son propre égo, pour suivre le Christ.

L’homme doit se remettre sans aucune réserve à son Sauver. Nous devons quitter nos anciennes voies, nos anciennes façons de penser, les vieilles loyautés et relations subissent une réévaluation et un changement radicaux. Vous avez bien compris, ceci implique per nécessité de véritables sacrifies.

Comme Jésus Lui-même le dit : « Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera » (Matt 10.39). La vraie vie en Jésus est le vrai trésor. Venir à Lui revient à déclarer qu’il est d’une valeur estimable qu’on ne peut pas laisser de côté.

Comme Moïse, qui « estimait en effet que  l’opprobre du Christ était une plus grande richesse que les trésors de l’Egypte » (Hebr 11.26.

Le témoignage de l’apôtre Paul va dans le même sens quand il dit : « Toutes les choses de ma chair qui étaient pour moi des gains, je les regarde maintenant comme une perte, à cause de Christ. Et même je regarde toutes choses comme une perte, à l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ-Christ, mon Seigneur, pour lequel j’ai renoncé à tout, je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ, et d’être trouvé en Lui » (Phil 3.4).

 

4. La joie

Un dernier mot sur la première lecture concerne la joie. Dans la première parabole il est écrit : « dans la joie, il va vendre tout ce qu’il a et achète ce champ » (verset 44).

La joie a  rempli le cœur de l’homme après avoir trouvé le trésor,  et cette joie était sa motivation du rachat du champ. Trouver jésus comme son Sauver procure une joie immense : « Vous croyez en Lui », dit l’apôtre Pierre, « et vous tressaillez d’une allégresse indicible et glorieuse, parce que vous obtiendrez le salut de vos âmes pour prix de votre foi » (1 Pierre 1.8-9). A maintes reprises on trouve dans la Bible le lien entre le salut et la joie.

Esaïe a écrit : « Vous puiserez de l’eau avec l’allégresse aux sources du salut » (Es 13.3).

David écrit dans son psaume : « De mes lèvres j’énumère toutes les paroles de ta bouche. Je me réjouis en suivant tes préceptes comme si je possédais tous les trésors » (Ps 119.13-14).

Tous ceux qui ont trouvé le salut en Jésus Christ peuvent en témoigner. Le salut est une source d’une joie immense. Quand j’ai trouvé Jésus-Christ il y a bien longtemps, j’étais remplie d’une joie indescriptible et je ne pouvais plus me taire pour en parler. Evert en peut témoigner.

 

Deuxième lecture :

1. Le trésor représente les fidèles en Christ

Maintenant, une deuxième lecture de ces paraboles. Dans la deuxième lecture, le trésor ou la perle représente  vous et moi, les fidèles en Christ.  Selon cette lecture, l’expression « un homme » s’applique au « fils de l’homme », comme dans la parabole de l’ivraie (13:24. L’homme ou le marchand qui a vendu tout ce qu’il avait et a acquis avec cela le trésor ou la perle, est une image de la personne et de l’œuvre de notre Seigneur et Sauveur.

Nous, nous cherchons quelque chose parce que nous ne savons pas où cela se trouve, et nous trouvons quelque chose d’imprévu, par hasard. Mais dans la vie et l’œuvre du Seigneur Jésus, il n’y a pas de hasards, pas de surprises. « Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu », selon l’évangile de Luc (Luc 19.10).

Pourquoi ?

Parce que Dieu nous aime tant (1 Jean 4.11). Car nous sommes un peuple élu, choisi, un sacerdoce royal, une nation sainte (1 Pierre2.9). Nous avons du prix aux yeux de Dieu. Nous sommes précieux, car Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils. Nous sommes comme une perle pour Dieu.

Le trésor et la perle représentent nous, les pauvres pécheurs. Combien c’est merveilleux !

Mais là aussi, il y a un prix à payer.

 

2.  Le prix à payer

En tant que pécheurs, nous sommes esclaves du péché et du Satan. Par d’autres passages de l’Écriture nous apprenons que Dieu a permis qu’un autre, Satan, s’empare du monde avec le ‘trésor’ qui y était caché. Le monde est « tout entier au pouvoir du Malin » écrit l’apôtre Jean dans sa première lettre (1 Jean 5:19).

Nous avons donc besoin de quelqu’un qui est prêt à nous ‘racheter’ de cet esclavage. Ce quelqu’un est Jésus, qui dit Lui-même de sa mission : « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour se faire servir, mais pour servir lui-même et donner sa vie en rançon pour beaucoup » (Mc 10.45).  Si l’on considère le destinataire de la rançon, on se rend compte que l’analogie humaine du paiement d’une rançon ne correspond pas en tous points à l’expiation du Christ. Même si nous étions esclaves du péché et de Satan, aucune ‘rançon’ n’a été versée au péché ou à Satan lui-même, car ceux-ci n’avaient pas le pouvoir d’exiger un tel paiement.

Il suffit de dire que Jésus a payé le prix en donnant sa vie pour nous. « Il s’est dépouillés lui-même, en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes…Il s’est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort sur la croix «  (Phil 2.7-8).

Concrètement cela signifie trois choses pour nous :

  • Jésus-Christ a subi la peine de port que nous méritons à cause de nos péchés « Il est apparu une seule fois, à la fin des temps, pour ôter les péchés par son sacrifice » (Hebr 9.26)
  • Jésus-Christ nous a délivrés de la peur de la mort. Jésus-Christ est mort « pour délivrer tous ceux qui étaient réduits à l’esclavage leur vie durant par la peur de la mort » (Hébr 2.15).
  • Et troisièmement, nous avons été arrachés du pouvoir des ténèbres. Comme l’apôtre Paul écrit en Colossiens : Dieu le Père  « nous a arraché au pouvoir des ténèbres et nous a fait passer dans le royaume de son Fils bien-aimé en qui nous avons la rédemption, le pardon des péchés’’ » (Col 1.13).

Est-ce que nous nous rendons comptes combien précieux est le prix que Jésus a payé pour nous ?  « Vous avez été racheté à un grand prix », écrit l’apôtre Paul qui a expérimenté lui-même la valeur inestimable de ce prix (1 Cor 7.23).  

Voilà, le prix d’achat  qu’Il a payé pour obtenir le trésor enfouillé. En fait, Il « a tout vendu », Il n’a rien gardé pour Lui-même ! Il n’a pas seulement abandonné Ses droits comme Messie, mais aussi Sa propre vie. Oui, on peut dire avec l’apôtre Paul : « Il nous a aimés, et s’est livré Lui-même à Dieu pour nous …comme un parfum de bonne odeur » (Éphésiens 5:2).

 

3.           La joie de Jésus

Un dernier mot sur la joie que Jésus approuve en nous trouvant. Jésus se réjouit profondément de  nous avoir trouvé.  Pouvons-nous mesurer, ne serait-ce que quelque peu, ce que signifie que le Seigneur Jésus éprouve tant de joie à notre égard, nous qui sommes pécheurs ? Il est le Dieu tout-puissant, parfaitement un avec le Père, le Dieu trois fois saint, et pourtant Il nous considère comme un « trésor » précieux sur la terre, et Il s’en réjouit.

Sur la joie du Seigneur, nous trouvons dans la bible plusieurs passages Ainsi nous apprenons de Proverbes 8 que « Les délices de Dieu étaient avec les fils des hommes » (v. 31). En Matthieu :  « Bien, bon et fidèle esclave ! … entre dans la joie de ton maître » (Matthieu 25:21).

Luc souligne encore la joie que Dieu éprouve lorsqu’une personne se repent dans trois autres paraboles. L’une concerne un homme qui possédait cent brebis, mais il en manquait une ; la suivante décrit une femme qui avait dix pièces d’argent, et il lui en manquait également une. Le point souligné est qu’il était nécessaire d’entreprendre une recherche diligente pour les retrouver, et de montrer la grande joie que cela procura, en fin de compte. Ensuite, le Christ illustra le même point par une histoire plus longue, la célèbre parabole du fils prodigue. Celle-ci est également une histoire qui montre la grande joie que Dieu éprouve lorsqu’un pécheur se repent.

Le Seigneur ne nous a-t-Il pas dit : « Je vous le dis, il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent » (Luc 15.10).

À cause de la joie à l’égard du trésor, l’homme s’en va et « vend tout ce qu’il a » pour acheter le champ. Quelle description du chemin où le Seigneur s’est engagé ! Nous voyons souvent dans l’évangile de Jean, que Jésus utiliser justement cette expression « je m’en vais » pour parler de Sa mort et de Sa résurrection (voir par exemple Jean 8:21, 22 ; 13:36).

Bref, le Royaume de Dieu n’est pas uniquement un message de commandements et de jugement de Dieu, mais c’est avant tout une description de la joie intense de notre Père céleste, qui trouve ceux qui étaient perdus à cause de leurs péchés.

 

Synthèse

Faisons maintenant la synthèse de ces deux lectures. Quand j’étais en Angleterre à l’institut biblique, j’ai appris une devise qui résume et combine les deux lectures :

Il a tant fait pour moi, que  je veux faire tout pour Lui.

Alors, Il a tant fait pour moi : la deuxième lecture.

Je veux faire tout pour Lui : la première lecture.

Que nous puissions le dire de tout notre cœur et l'appiquer à ce que Seigneur nous donne à vivre et à faire, chacun dans les circonstances qui sont les sienne :  Il a tant fait pour moi, je veux faire tout pour Lui.

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