Pentecôte, Vous recevrez de la puissance

 

Message par Yanna Van de Poll, le 20 mai 012, dans l’Église Évangélique Baptiste « Partage » de Perpignan

Jeudi dernier c’était la fête de l'Ascension. Vous l’avez vécu comment ? Comme une fête ? Ou bien comme une occasion de faire le pont de l'Ascension ? Pourtant,  rassurez-vous, c’est bien vrai, l’Ascension est un pont, un pont vers le ciel où Jésus est monté, qui nous permet de passer d’une rive à l’autre. Jésus a inauguré ce pont. L’histoire de l'Ascension nous raconte le début pour les disciples de marcher par la foi sans avoir Jésus physiquement parmi eux. Comme nous. Mais, Jésus ne les laisse pas seuls, pas comme des orphelins.

Lisons cette histoire en Actes 1, 1-14

Une belle histoire, qui nous encourage nous aussi. J’aimerais en tirer quelques points essentiels qui sont également des encouragements pour nous.


1.      Nous recevrons une puissance d’en haut

D’abord, l'Ascension annonce le don de l'Esprit Saint, la puissance d’en haut. C'est le Christ lui-même qui l'annonce au moment de monter vers le ciel : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous » (Actes 1, 8).

Jésus appelle le Saint-Esprit une ‘force’, une ‘puissance’. Pourtant, le Saint Esprit n’est  pas une puissance neutre, ni une force neutre, mais une puissance personnifiée de Dieu, car l’Esprit Saint est une Personne, Il est Dieu. Le don de l’Esprit n'est pas seulement la présence de Dieu dans notre vie, mais le revêtement de sa puissance, de sa force en nous.

Pour mieux comprendre la puissance du Saint Esprit, je vous cite trois autres paroles de Jésus qu’on trouve dans l’évangile de Jean, car elles nous éclairent sur l’œuvre puissante du Saint Esprit dans notre vie.

La première parole parle du commencement d’une nouvelle vie en Christ : « Si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut voir le royaume de Dieu » (Jean 3, 5). Né de nouveau, c’est né de l’Esprit et d’eau, qui signifie le baptême. Le commencement de notre nouvelle vie en Christ est divin, céleste, spirituel : par son Esprit. Nous ne pouvons pas ‘produire’ par nous-mêmes cette nouvelle naissance. C’est l’œuvre de l’Esprit de Dieu en nous.

La seconde parole parle de la plénitude de cette nouvelle vie en Christ : « Celui qui boira de l'eau que je lui donnerai, n'aura jamais soif ; au contraire, l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau jaillissant en vie éternelle. » (Jean 4, 14). Jésus compare le Saint Esprit à une source qui ne se tarit jamais.

Cela veut dire, que pas seulement le commencement de notre nouvelle vie est spirituel,  mais aussi vivre notre nouvelle vie en Christ est spirituel, céleste, car celui qui boira l’eau n’aura jamais soif. Nous avons besoin de l’Esprit Saint à chaque instant, pour toutes les circonstances dans notre vie.

Et puis, la troisième parole de Jésus souligne encore de la surabondance de cette nouvelle vie par l’Esprit  : «Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive découleront de lui » (Jean 7, 38).

Ces trois paroles nous montrent que l’Esprit Saint est à l’origine de notre nouvelle vie en Lui. En plus,  quand Dieu nous offre une nouvelle vie par son Esprit, il la donne durablement, éternellement,  et  avec abondance à chacun de ses enfants. A ceux qui croient en Lui, à ceux qui se confient en Lui. Et chaque jour on a besoin de boire de cette eau vive.

L’apôtre Paul va dans le même sens quand il écrit aux Ephésiens : «  Soyez remplis de l’Esprit Saint », (Eph 5.18). Cela veut dire en grec : soyez continuellement remplis. Ce n’est pas un seul moment, mais tout le temps, continuellement. Car l’eau que Jésus nous donne est une source d’eau vive. Ca coule, car des fleuves d’eau vive découleront de lui.

Une nouvelle vie sans cette vie de  l’Esprit Saint est bibliquement impensable. Sinon, la foi devient une religion, une tradition, sans vie. Le fondateur de l’Armée du Salut, William Booth,  écrivait à la fin du 19ième siècle : "Le plus grand danger du vingtième siècle sera une foi sans le Saint-Esprit ».  Lui-même  a aspiré à cette puissance de l’Esprit Saint, que le Seigneur lui a accordée, car il concluait : « Quelle triste corvée que la vie chrétienne quand elle n’est pas portée, inspirée et stimulée par la puissance active de l’Esprit de Dieu en nous » !

Alors, l’Esprit Saint, une source d’eau vive qui nous inspire chaque jour pour vivre notre nouvelle vie en Christ.  Mais son œuvre ne s’arrête pas là.  Jésus parle dans notre texte d’une autre action puissante du Saint-Esprit : vous serez mes témoins.


2.      2. Jésus nous donne une mission, une vocation

C’est mon deuxième point : Jésus donne à ses disciples une mission, une vocation. On pourra dire que l’Ascension est la fête des vocations : vous serez mes témoins.

Le Seigneur le disait à ses disciples, mais cette parole est aussi adressée à nous : nous sommes ses témoins.  Et pour être les témoins de Christ dans le monde, les disciples ont besoin d'une force particulière, ils ont besoins d’une puissance d’en haut, sans laquelle il est impossible d’accomplir la mission. Car ils auront de la résistance dans ce monde.

N’oublions pas que les disciples  étaient des hommes qui avaient vécu longtemps dans l'intimité de Jésus. Ils l'avaient vu mourir, ils l'avaient vu ressusciter des morts. Mais ni leur connaissance personnelle de Jésus, ni leur amour pour lui, ni les richesses de leurs expériences suffisaient pour accomplir cette mission que le Seigneur leur confiait :« Vous serez mes témoins, à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre » (Actes 1.8).

Ils devaient annoncer la bonne nouvelle d'abord dans leur propre ville.

Ensuite, dans la Judée, leur région. Puis, la Samarie.Les Samaritains étaient les voisins des Judéens. Des voisins issus d'une invasion étrangère et qui avaient épousé une forme frelatée de Judaïsme. L'Évangile précise que les Judéens contournaient la Samarie lorsqu'ils voulaient se rendre en Galilée, rendant le voyage bien plus long et compliqué, tant était grande leur aversion des Samaritains. Par la puissance de l’Esprit, les disciples devaient vaincre leur aversion des Samaritains. Jésus leur a donné un exemple quand Il a parlé à une femme Samaritaine, et après tout son village a cru en Lui.

Par là, Jésus nous montre qu’il n’y a pas de frontières dans l’annonce de la parole de Dieu. Ni politiques, ni culturelles, ni sociales, ni économiques  etc.

Les disciples devaient annoncer la bonne nouvelle aux  extrémités de la terre. C’est une expression prophétique utilisée par Jésus qui exprime son amour pour le monde entier.

Mais en fait, de quoi les disciples étaient-ils des témoins ? En fait, Jésus en avait déjà parlé quand il a dit aux disciples : « Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, et qu’il ressusciterait des morts le troisième jour, et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. Vous êtes témoins de ces choses » (Luc 24.46-49).

A l’époque les disciples n’étaient pas encore prêts pour cette mission, car pour être à la hauteur d'une si noble mission, ils avaient besoin d’une puissance d’en  haut.

Et quand l’Esprit est venu pendant la Pentecôte, nous avons vu la puissance de cet Esprit en œuvre, car quand Pierre a prit la parole, en ce jour-là  trois mille personnes se convertirent.

Dans le discours de Pierre, on remarque qu’il a prêché la repentance et le pardon des péchés.  Exactement comme Jésus l’a annoncé.

Ce qui est très beau dans la mission que Jésus nous confie , c’est qu’Il nous a dit : vous êtes mes témoins.  Nous  pourrions penser que pour "promouvoir" l'Évangile, ou l'église, il faut une bonne formation professionnelle, il faut de la psychologie,  de la persuasion, des moyens adaptés, car il faut attirer l'attention et convaincre les gens, comme le font les entreprises commerciales pour la promotion de leurs produits.

Mais la mission que Jésus  nous confie n’est pas dans cette logique. Nous n'avons pas à "vendre' au monde, selon ses méthodes, ni l'évangile, ni l'église ! Pas de marketing !

Jésus demande seulement à ses disciples d’être ses témoins.

C’est-à-dire, qu’on témoigne de ce que Jésus  a fait dans notre vie : le pardon de nos péchés par la mort et résurrection de Jésus. Ce salut, qui procure une joie immense et qui donne la paix avec Dieu qui dépasse toute l’intelligence.

Et par la suite, on ne peut plus garder cette bonne nouvelle pour nous-mêmes. On a envie de la partager. Et du coup, on n’a plus peur.

Voyons Pierre. Lui  qui tremblait jadis devant les moqueries d'une servante, mais après la Pentecôte quand il paraissait devant le Sanhédrin, il parlait avec une telle hardiesse, que les Anciens et les Scribes restent muets d'étonnement. Le faible et timide Simon, fils de Jonas, est devenu l'apôtre Pierre, l'homme qui prêchait la parole avec beaucoup d’autorité, car les gens « étaient vivement touchés » (Actes 2.37).

Ce qui est remarquable, qu’après la Pentecôte, après l’effusion du Saint Esprit, la puissance d’en haut, rien ne pourra plus arrêter les disciples à témoigner. À tous ceux qui voulaient les empêcher de parler de Jésus, ils répondaient : « nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu »  (Achtes 4, 20).

Voilà, la puissance du Saint Esprit en œuvre. Car Il donne un nouveau courage pour ne pas avoir peur de proclamer l’évangile.

Si Dieu a pu donner aux disciples cette puissance d’en haut, Il peut le faire pour nous aussi, aujourd'hui.  

Un signe que la puissance du Saint Esprit agit en nous, est que l’amour du Christ nous pousse vers les autres pour leur annoncer la bonne nouvelle. En effet, l’Esprit Saint nous donne un amour pour ceux qui sont perdus. Un amour que nous n’avons pas naturellement.

Comme le dit l’apôtre Paul aux Corinthiens : «  L’amour de Christ nous étreint » (2 Cor 5.14).

J’ai lu quelque part la prière de John Knox, un Ecossait qui vivait au 16ième siècle qui demandait à Dieu « Seigneur, donne-moi l'Écosse ! ». Il voulait l'Écosse, sa Judée, pour la gagner pour Dieu.  L’amour de Christ le poussait à prier pour son pays. John Knox, un homme remarquable, courageux et intègre. Il n’a jamais fléchit  sous la menace, et il y en avait comme à l’époque des disciples. Animé par une foi inébranlable, il ignorait la peur et la lâcheté. Et le Seigneur l’a béni. La Réforme fini par atteindre l’Ecosse.

Pour être un témoin efficace, nous avons besoin, nous  aussi de cette puissance d’en haut. Et dans ce travail d’aller vers les autres, nous pouvons compter sur l’Esprit Saint. C’est Lui qui va convaincre les cœurs :

« Et quand il [le Saint Esprit] sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement: en ce qui concerne le péché, parce qu'ils ne croient pas en moi » (Jean 16:8-9).

La question qui se pose c’est :  comment recevoir cette puissance ?  C’est mon troisième point : pour recevoir cette puissance d’en haut, le texte nous éclaire, il dit que les disciples persévéraient dans la prière.


3.      3. Ils persévéraient dans la prière

Après avoir reçu cette belle promesse de la part de Jésus et la mission, les disciples ont compris qu’ils faillaient faire quelque chose. Ils n’attendent pas la puissance d’en-haut sur une chaise, tranquillement. Non, ils prenaient le temps pour se préparer intérieurement. Ils ont compris que les paroles de Jésus demandent une bonne disposition du cœur, une consécration.

Ils devaient être prêts à recevoir le Saint Esprit.

En plus, le texte nous dit que leur attente n’était pas dans la solitude, mais ensemble.  « Tous, d'un commun accord, persévéraient dans la prière » (Actes 1.4).


Une prière ardente, une prière dans l'unité, une prière dans la persévérance, voilà les conditions à remplir pour devenir des témoins efficaces. Ne nous imaginons pas que cette puissance nous soit donnée après une petite prière hâtive, individuelle. Non, les disciples persévéraient d'un commun accord.

Ils prient tous ensemble: dans l'attente de l’action de Dieu promis par Jésus. Car imaginez-vous, ils étaient entre deux mondes. L’ancien monde de l’Ancienne Alliance qui se terminait et le début d’une nouvelle ère par l’Esprit Saint, la nouvelle Alliance en Christ. Ils étaient dans cette attente.

Il est écrit qu'ils persévéraient, car ils ont compris qu’ils étaient au commencement d’une nouvelle ère. Pas de question de baisser les bras même si rien ne se passait. Pendant dix jours les disciples priaient, et rien ne se passait. Pourtant, ils comptaient sur la promesse de Jésus. Cela m’encourage. Ne faiblissons jamais, ne baissons jamais les bras quand on ne voit pas encore l’intervention de Dieu, mais gardons les mains tendus vers Dieu dans la prière.

Dans l’histoire il y a beaucoup de témoignages qui ressemblent à l’histoire de ce matin. Je vous donne un exemple de John Wesley au 18ième siècle. Il  naquit en 1703 en Angleterre. A l’époque l’Angleterre passait par une crise morale extrêmement grave. Tous les historiens s’accordent pour décrire le 18ième siècle comme celui de la décadence et de la pourriture. La moralité publique était parvenue à un niveau si bas que c’est un miracle si la race anglo-saxonne a pu survivre à sa propre déchéance, principalement en raison de son énorme consommation d’alcool. L’immoralité des grands, comme celle du peuple, était sans bornes, en dépit de toutes les tentatives de rétablissement d’une bonne moralité.

John Wesley était dans l'œuvre de Dieu depuis treize ans. Son zèle et son dévouement étaient extraordinaires, mais les fruits étaient maigres. Il se demandait : comment apporter l’évangile à ces gens-là, à cette nation entièrement corrompue d’une manière efficace ? Wesley a compris qu’il fallait prier davantage et il a décidé de prier avec d’autres fidèles pour recevoir la puissance d’en haut. Pour être encore plus efficace dans son témoignage.

Ils priaient pendant des mois avec d’autres disciples en Christ. Et voici son témoignage : « Un jour, vers trois heures du matin, tandis que nous nous attardions ensemble dans la prière, la puissance de Dieu descendit soudain sur nous.....nous élevâmes la voix d'un commun accord, dans l'adoration, en disait : « Nous te louons, ô Dieu! Nous te reconnaissons comme notre unique Seigneur. »

A partir de ce moment-là, où l’Esprit Saint a bouleversé sa vie, il fut un prédicateur hors normes avec d’autres prédicateurs comme Whitefield.  Depuis lors un grand réveil éclatait en 1904 dans le pays des Galles qui a inspiré et qui inspire toujours les générations suivantes, dont la nôtre. Il y avait des dizaines de milliers de conversions. Les lieux de culte regorgeaient de monde. Les bars qui vendaient autrefois des boissons alcoolisées fermaient leur porte, faute de clients et devenaient des lieux de réunion; les prisons se vidaient. Nous en parlons encore aujourd’hui. Et le secret ? La persévérance dans la prière.

A part cet exemple, il y a eu d’autres réveils partout dans le monde. Même en France, pensons aux Vaudois, et aux Huguenots.

Car le Seigneur est fidèle. Il agit dès que nous nous engageons.Serait-ce encore possible en ce temps de perdition de la foi ?Oui, car le Seigneur n’a pas changé. Il est le même aujourd’hui, hier et demain.A nous de désirer que la même action du Saint-Esprit s'opère dans notre église, dans notre ville, dans notre société.  Car notre monde est aussi corrompu et violent comme à l’époque de Wesley, comme à l’époque de John Knox ou encore à l’époque de Noé.

Mon souhait est que nous aspirions tous ensemble,  de tout notre cœur à cette puissance d’en haut, à cette force que le Seigneur veut nous donner, à nous aussi,  pour que notre témoignage dans notre beau pays de Languedoc –Roussillon soit efficace et puissant.

Pour cela nous avons besoin d’un engagement dans la prière. Nous avons besoin d’une persévérance dans la prière. Moi, je suis prête à m’engager. Et s’il y a d’autres qui ont envie de se consacrer à la prière d’une manière ou d’une autre, qu’ils s’approchent de moi pour qu’on puisse voir ensemble comment s’organiser.

Prions ensemble, au travers du cantique suivant (JEM 407) :

Esprit de sainteté, viens combler nos cœurs, 

Tout au fond de nos vies, réveille ta puissance.

Esprit de sainteté, viens combler nos cœurs,

Chaque jour, fais de nous des témoins du Seigneur.

Tu es la lumière qui vient nous éclairer,

Le libérateur qui vient nous délivrer,

Le consolateur, Esprit de vérité,

En toi l'espérance et la fidélité.

Message par Yanna Van de Poll, le 8 avril 2012, dans l’Église Évangélique Baptiste « Partage » de Perpignan

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