Le pain venant du ciel

 

Les signes de Jésus (3)
Message par Yanna Van de Poll, le 25 mars 2012, dans l’Église Évangélique Baptiste « Partage » de Perpignan

Nous sommes en train de réfléchir aux miracles dans l’évangile de Jean, qui sont pour lui des signes d’une vérité spirituelle importante. Nous avons déjà parlé de deux signes. Ce matin, je vous propose de réfléchir à un troisième signe, qui se trouve en  Jean 6.1-18, 32-35.

Le signe de la multiplication des pains.

La multiplication des pains est un geste qui nous parle. Le Seigneur qui utilise le peu qu’on a pour nourrir toute une foule. Et même au-delà des besoins de la foule, car on ramassait les morceaux des pains qui restaient après le repas et on remplissait encore douze paniers. C’est merveilleux ce que le Seigneur a fait pour son peuple, au point même que les gens disaient après ce miracle : « Vraiment c’est Lui le prophète qui vient dans le monde » (6.14).

Ce qui nous intéresse particulièrement ce matin c’est la signification de ce miracle. Pour l’apôtre Jean la signification est tellement importante qu’il consacre tout un chapitre pour l’expliquer.  En fait, on va découvrir que le pain est très riche en signification.

  1.     Le pain, signe de la nourriture que Dieu donne

D’abord, le pain nous renvoie au passé du peuple d’Israël quand il était dans un endroit désertique. Le désert, c’est le lieu de la faim, le lieu de la soif, le lieu de la mort. Tout au long de cette période Dieu les a nourris avec la manne. Dans la multiplication des pains, Jésus montre à tous qu’Il continue cette œuvre du Père qui ne veut pas que les gens meurent de faim. La volonté de Dieu c’est de nous nourrir et le pain en est le signe, le signe de la vraie nourriture.

Pour Jean c’est clair, ce ne sont pas des miracles qui nourrissent notre foi, mais Jésus lui-même, sa Personne, sa Présence. L'enthousiasme de la foule est éphémère, car elle s’intéresse seulement au pain comme substance matérielle et pas au Messie, pas à la Personne même, qui donne le pain.  

Le Seigneur montre aux Juifs que la manne n’était qu’une image du « véritable pain » que son Père voulait leur donner. Le véritable pain, c’est lui, Jésus-Christ, le pain de Dieu.

Car le pain de Dieu n'est pas un pain qui maintient notre vie terrestre, qui maintient en état de fonctionnement nos organes, mais c'est un pain qui nous donne la vie éternelle. Le pain comble le besoin physique tandis que le pain que Dieu veut leur donner à travers son Fils Jésus, donne la vraie vie : « Je suis venu pour que tous les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » (Jean 1.10).

Le pain de Dieu est un pain éternel, un pain impérissable, un pain qui nourrit véritablement.

Le pain de Dieu est une Personne, le pain de Dieu est Jésus. Il est véritablement notre nourriture. Il nous comble au delà de toute mesure, comme ces douze corbeilles de pain que les disciples ont amassé après le repas. Il ne cesse d'être cette nourriture qui demeure en éternité.  Il est le pain de vie, le pain véritable qui comble la faim de notre cœur.

  2.     Le pain, signe de la parole

Mais au juste, en quoi consiste le pain de vie, le pain véritable. Dans l’évangile de Jean on découvre que Jean compare ce pain venu du ciel à plusieurs reprises à la Loi de Dieu que Moïse a transmit au peuple en Exode. La Loi de Dieu, donc la Parole de Dieu, conduit le peuple sur le chemin de la vie. Cette loi est la parole de Dieu nécessaire pour vivre. Car :  « L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ».

Dans le discours de notre chapitre, Jésus déclare que la manne que Dieu a donné par l’intermédiaire de Moïse n’était pas encore le vrai pain du ciel,  la Thorah que Dieu a donné par Moïse n’est qu’une préfiguration de la vraie Thorah.

Mais c’est une image de Celui qui incarne le vrai pain du ciel, la vraie Thorah, la vraie parole de Dieu : Jésus qui a dit : « Moi, je suis le vrai pain du ciel » (vs 32), « le pain de vie » (vs 48). Jésus incarne en Lui la loi de Dieu, les principes morales de Dieu, le Verbe de Dieu s'est fait chair en Jésus.

  3.     Le pain, signe de la divinité de Jésus

Pour être le vrai pain, pour que le pain nous nourrisse, il faut qu’il soit céleste. Qu’il ait son origine dans le ciel. Seule une nourriture céleste peut nous nourrir véritablement. Jésus dit bien : la nourriture terrestre périt. « Ne travaille pas, dit-Il pour la nourriture qui périt ».

Cela sert à des choses terrestres, à produire de la nourriture pour notre corps, pour notre santé physique. Mais au final, cela ne sauve pas notre vie.  Pour preuve, les Israélites  qui ont mangé la manne sont tous morts.

Mais la véritable nourriture se trouve en Jésus, Il est descendu du ciel, Il est Dieu en dépit de son apparence humaine. Comme Jésus déclare : « Oui, le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel ».

Incompréhensible pour les Juifs, ils ont beaucoup de difficulté  à suivre ce discours de Jésus. Car ils voyaient un  homme : « Celui-là n'est-il pas Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment peut-il dire maintenant : Je suis descendu du ciel ? » (vs 42).

Même aujourd’hui : qui n’a pas entendu  nos contemporains dire que Jésus n’est qu’un prophète, ou un homme remarquable ? Mais surtout pas Dieu ?

Pourtant, Jésus le confirme à maintes reprises dans ce discours : « Je suis descendu du ciel, je suis le pain de Dieu ». Jésus est la révélation de Dieu.

  4.     Le pain,  signe de sa mort expiatoire

Mais alors, comment ce pain du ciel peut-il nous nourrir ? Pour le comprendre il est important à noter  que Jean souligne le contexte de son miracle. Il nous donne une date juste avant ce miracle :  « Peu avant la Pâque qui est la fête des Juifs » (v. 4).

Pour dire que Jean  associe fortement le signe des pains aux événements qui débouchent à la mort de Jésus. Par sa mort, Jésus nous donne sa vie. Par sa mort et résurrection, il nous nourrit, en nous donnant la vie éternelle. « Or le pain que moi je donnerai, c’est ma chair, laquelle je donnerai pour la vie du monde » (6:51b).

La « chair » que Jésus donne, indique sa mort expiatoire. Il parlant du don de sa chair, il anticipe sa mort qu'il subirait sur la croix en faveur de nous tous. Pour que le pain nous nourrisse vraiment, Jésus doit subir la mort pour nous tous. La nourriture véritable repose sur le sacrifice de Jésus, le don de sa vie. La nourriture véritable n’est donc pas bon marché. Au contraire, c’est un pain très très précieux. Le pain qui donne la vie, passe par le don de la vie de Jésus, car, disait Jésus, ma « chair donnera la vie au monde ».

  5.     Manger le pain, signe de notre foi

Maintenant, est-ce que  nous savons tout sur ce pain extraordinaire ? Est-ce qu’on peut s’arrêter là ? Non, surtout pas.  Car nous allons passer de côté de l’essentiel de ce que Jean veut nous dire par son discours sur le pain. Car pour lui le pain n’est pas seulement un signe de Jésus, le Messie tant attendu, le Fils de Dieu, la parole de Dieu, la vie par sa mort,  mais il est aussi et avant tout un signe de notre propre foi, car Jésus déclare : « Celui qui mangera de ce pain vivra à jamais » (vs 51).

Qui mangera de ce pain vivra à jamais. Une expression très forte.  Manger la chair de Jésus ? Un horreur pour nous tous, surtout pour un Juif. Comment un homme peut-il dire qu’il donne sa chair en nourriture alors que toute la tradition juive a consisté précisément à échapper aux rituels païens des sacrifices humains ? Comme le christianisme d’ailleurs. On peut s’imaginer que les Juifs étaient scandalisés. Pour eux c’est inimaginable ce que Jésus dit là. Manger sa chair. Car Dieu a interdit de manger le sang. Même pour nous, imaginons la réaction de nos proches, de nos collègues ou de nos amis si nous leur disons : vous recherchez quelque chose qui donne sens à votre vie ? Vous recherchez quelque chose qui vous nourrit véritablement spirituellement parlant ?

Alors, approchez-vous de  Jésus, Il est le Pain vivant car celui qui mangera de ce pain, vivra à jamais. Quelle sera leur réaction pensez-vous ? Ne nous considèrent-ils pas comme des fous ? Ou sectaires ?

Alors, qu’est-ce que Jésus voulait dire par cela ?

Plusieurs ont pensé que le Seigneur faisait allusion à la Sainte Cène, lorsqu’il parle de manger sa chair et de boire son sang.  Effectivement, on pourrait y penser. Mais je pense plutôt que cette expression renvoie avant tout à notre volonté de nous identifier à Jésus, à nous approprier ce qu'il nous offre. Car dans ce même discours Jésus utilise d’autres expressions qui vont dans le même sens comme : Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif"  (vs 35), ou encore : « quiconque voit le Fils et croit en Lui ait la vie éternelle (vs 40).

C’est pour cela que je pense que le signe du  pain est un signe de notre propre foi.Une invitation à se confier entièrement à Lui. « Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif ». C'est l’équivalent de : « celui qui mangera de ce pain vivra à jamais ».

C’est là où Jean veut  nous amener ce matin : le signe de pain est une invitation à venir à Jésus et à croire en Lui. Les Juifs avaient en face d’eux Dieu incarné qui venait de nourrir 5000 hommes en dehors les femmes et les enfants, avec cinq pains et deux poissons.

Pourtant, ils n’acceptaient pas Jésus comme Fils de Dieu. Ils ne pouvaient pas voir en Jésus le Pain de vie, la véritable manne qui est  descendu du ciel.

Donc, même si la réponse de Jésus est simple : venez à Moi et croyez seulement pour ne plus jamais avoir faim et soif, les Juifs restaient incrédules. Ils demandaient encore un signe : « Quel miracle fais-tu donc afin que nous le voyions et croyions ? » (vs 30).

Ils ont encore besoin des preuves tangibles, des preuves visibles. Comme beaucoup des gens modernes, des preuves scientifiques, c’est reconnaissable. Nous les hommes, nous sommes de nature très incrédules.

La réponse de Jésus face à cette incrédulité, est sans ambiguïté (v.43-44) : « Ne murmurez pas entre vous. Personne ne peut venir à moi, à moins que le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai le dernier jour’ ».

Jésus expose ici la raison de leur incrédulité: « Personne ne peut venir à moi, à moins que le Père qui m’a envoyé ne l’attire ».

Dieu attire à lui des hommes désespérément pécheurs, rebelles et perdus pour les donner à Jésus-Christ son Fils, afin qu’ils croient en lui et qu’ils aient la vie éternelle. Dieu ne nous impose pas le salut, Il nous attire par son amour : viens et crois, je t’aime, j’ai donné ma vie pour toi, pour que tu aies la vie éternelle. Pour que tu ne sois pas perdu pour l’éternité !

Ce qui est beau dans notre texte, c’est que l’incrédulité des Juifs ne le conduisait pas au désespoir. Au contraire, Jésus continue à nous inviter, car Il  nous aime.  

C’est grâce à la puissance de Dieu qui nous attire à lui que nous sommes sauvés. Il n’a pas décidé  de nous sauver parce que nous avons décidé de le suivre. C’est l’inverse : nous avons décidé de le suivre parce qu’il a  décidé d’abord de nous sauver, de telle sorte que l’homme ne mérite rien dans son salut. Tout est grâce.

« Il nous a aimés  le  premier », déclare  Jean plus tard dans son premier épître (1 Jean 4.19). Son amour précède notre amour pour Lui. La seule choses que nous puissions faire, c’est d’ouvrir notre cœur au Seigneur, quand Il nous attire vers Lui et de ne pas rester incrédules.

  6.     Le pain, signe d’espérance

C’est pour cela que dernièrement, le signe de pain, est aussi un signe d’espérance. Car celui qui vient à Lui n’aura plus  jamais faim. Cette parole signifie en fait qu’il ne connaît plus ce vide profond que sa rencontre initiale avec Jésus a comblé.

Venir et croire en Jésus c’est confier à Dieu sa vie et son avenir. A se nourrir de sa parole et de sa présence dans notre vie par son Esprit. Avoir confiance en Dieu, c’est avoir confiance que, aujourd’hui, demain, et après-demain, quoi qu’il nous arrive, Il portera notre vie et nous donnera la force de vivre. Il  nous donnera la nourriture qu’il faut pour surmonter toutes sortes d’épreuves. Nous pouvons être certains qu’il nous accueillera toujours et qu’Il ne nous rejettera jamais à cause de nos péchés qu’on va encore commettre après notre choix de venir à Lui. Car Jésus déclare : «  Celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors, car la volonté de mon Père, c'est que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné » (6.37).

Jésus  ne nous mettra jamais dehors à cause de la faiblesse de notre foi, à cause de nos péchés, à cause de nos multiples reniements – mais Il nous gardera, Il nous restaurera, Il nous guérira, Il nous relèvera, Il nous redressera, par sa grâce.

Car Jésus dit :  « je ne perds rien de tout ce que Dieu m’a donné ». Il nous garde jusqu’à quand ? Il nous garde  pour l’éternité.  Car Jésus nous promet de nous ressusciter le dernier jour : « «  Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif, et je le ressusciterai au dernier jour » (6.40).

La volonté de notre Père céleste c’est que tous ceux qui tournent leur regard vers le Fils et croient en Lui, seront ressuscités au dernier jour, au jour où Jésus reviendra, pour vivre éternellement avec Lui. Jésus est déjà sûr de sa victoire sur la mort par sa résurrection.

Sa résurrection est le signe de notre propre résurrection. « Comme Dieu a ressuscité le Seigneur d’entre les morts, Il nous ressuscitera, nous aussi, par sa puissance », écrit l’apôtre Paul fdans l'un de ces épîtres (1 Corinthiens 6.14). « Celui qui a ressuscité le Christ d’entre les morts rendra aussi la vie à vos corps par son Esprit qui habite en vous », affirme-t-il ailleurs (Romains 8.11).

Quelle belle perspective. Jésus voit bien au-delà de  notre vie terrestre. Il nous voit déjà dans son Royaume : « les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père » (Matthieu 13.43).

Que cette parole nous accompagne et nous encourage à venir et croire en Lui, à vivre entièrement pour Lui pour faire part à l’avenir glorieux de Christ.

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