Je n’ai personne... ?

 

Les signes de Jésus (2)
Message par Yanna Van de Poll, le 29 janvier 2012, dans l’Église Évangélique Baptiste « Partage » de Perpignan


Nous poursuivons notre série sur les signes dans l’Évangile de Jean. La dernière fois, on a réfléchi au premier signe : les noces de Cana. En fait, ce miracle renvoie au cœur du ministère de Jésus : la transformation.  La transformation de l’ancienne alliance en une nouvelle alliance et la transformation de notre propre vie. Car en Christ nous sommes une nouvelle création, par son œuvre à la croix, par son Esprit.

Aujourd’hui je vous propose de réfléchir à un autre signe, qui se trouve en Jean 5.1-19.

Comme vous pouvez constater, Jean aime les fêtes. Il rattache constamment son récit aux différentes fêtes juives. Celle-ci n’est pas identifiée de façon précise, mais le texte pourrait suggérer qu’il s’agit de la fête des tabernacles ou de la Pâque, car les gens montaient à Jérusalem. Mais, en fait, on ignore à quelle fête Jean fait allusion. Jean se sert de cette mention tout simplement pour expliquer la présence de Jésus à Jérusalem. De toute façon, ce qui est clair, l’homme dans notre histoire n’a rien à fêter. Il ne se trouvait pas à la fête, mais à Béthesda, auprès du “grand nombre des malades, des aveugles, des boiteux, des paralytiques”.

Le lieu providentiel où se déroula la guérison s’appelle la piscine de Bethesda, qui signifie

 « la maison de miséricorde ». Les fouilles archéologiques révèlent l’existence d’un quartier de Jérusalem situé au Nord-est du Temple, où on a retrouvé une piscine. En fait, on a trouvé deux grandes piscines avec cinq portiques. Il y eut à cet endroit un sanctuaire consacré à Sérapis, dieu guérisseur, où une multitude de malades trouvaient refuge et guérison à des moments spécifiques. Une fresque située sur l'un des murs représente un ange remuant l'eau. Cela renvoie à Jean qui parle justement d’un ange qui y descendait et agitait l’eau. Et le tout premier malade qui touchait cette eau était guéri quelle que fût sa maladie, nous dit l’Evangile.
J’en relève trois points de cette histoire, qui nous amènent à l’explication de ce signe.

 

1.      Jésus voit

D’abord, ce qui frappe dans cette histoire c’est l’attitude de Jésus envers l’homme malade.

Par contre, le texte ne révèle rien sur le malade, nous ignorons son nom, son âge, sa situation familiale, sa profession, de quelle maladie il souffrait et ce qui en était la cause. Nous savons seulement qu’il était malade depuis 38 ans - la plus grande partie de sa vie qu’il avait donc passée à Béthesda.
Jean précise seulement que le paralytique n’avait ni famille ni ami pour s’occuper de lui : « Je n’ai personne ». Il devait donc se débrouiller tout seul.
C’est pour cela qu’il était toujours en retard! Il n’arrivait jamais à temps pour se jeter à l’eau dès que l’ange descendait.

Et l’homme a fini par accepter sa situation. Il est probable qu’au début il avait souvent espéré, mais il avait été déçu tant de fois qu’il n’osait  plus espérer. Le bonheur est toujours pour les autres : « un autre descend avant moi ».

Ce qui nous intéresse donc ce matin c’est l’attitude de Jésus envers l’homme dans son désespoir. Notre récit remarque, que : « Jésus le vit couché ». (vs 6). Il y avait plein d’autres dans cette piscine, mais Jésus ne voit que cet homme que personne ne regardait, que chacun avait déjà abandonné. Jésus le voit couché. Jésus savait que cet homme se trouvait là depuis longtemps.

Et Il connaissait sa vraie situation : couché, seul dans son coin.

L’attitude de Jésus était  un réconfort pour l’homme malade, mais cela s’applique à nous également. Car Jésus nous voit aussi tels que nous sommes, telle que notre situation se présente. Nous pouvons nous sentir très seuls, nous pouvons peut-être dire avec cet homme : je n’ai personne.

Ce matin, Jésus nous voit aussi. Il sait tout sur nous: notre passé, nos souffrances, nos erreurs, mais aussi nos désirs, nos ambitions, nos espoirs. Mais ce qui est important, ce n'est pas seulement que Jésus nous voie, c'est aussi la manière dont Il nous regarde. Car Jésus ne nous regarde pas comme les êtres humains, mais Il nous regarde  comme Dieu nous voit.

C’est-à-dire,  là où nous disons : je suis sans espoir, Jésus est d’un autre avis. Car Il ne voit jamais une personne sans espoir. Pour Lui il n’y a pas de cas désespérés!

Dans notre histoire, Jésus va l’homme couché et Il s’approche de lui pour lui poser simplement une question :

 “Veux-tu être guéri ?” Question étrange n’est-ce pas! Quel malade ne veut pas être guéri? Surtout lorsqu’on a été malade si longtemps. “Veux-tu être guéri ?” Pourquoi cette question ? Je pense que par cette question, Jésus dessine un tout nouveau portrait pour cet homme. Il s’est toujours vu comme un cas désespéré, comme un malade incurable. Mais tout d’un coup Jésus parle de guérison : « veux-tu être guéri ? ». Cette  idée lui était devenu insaisissable, voire impossible ! Mais Jésus le voyait là, couché, malade, mais pas  incurable. Où nous voyons un paralytique, Jésus voit un homme marcher! Là où nous voyons un cas désespéré, Jésus voit un espoir. Là où nous voyons un homme qui n’a plus rien à attendre de la vie, Jésus voit un avenir merveilleux! La seule chose qui compte c’est répondre à la question de Jésus : “Veux-tu être guéri?”

Par cette question, Jésus nous montre qu’Il ne fait rien sans que nous le voulions. Son pardon, la guérison, la délivrance ne viennent jamais automatiquement. Nous devons toujours le vouloir. Je crois en un Seigneur qui pardonne, qui guérit, qui délivre, mais Il ne le fait jamais sans notre consentement. La question n’est pas: “Est-ce que Dieu le veut?”, non, mais: “Veux-tu ...?”  Notre homme a pris espoir, même s’il a répondu amèrement : je  n’ai personne ... Pourtant, Jésus voyait son cœur et Il donne de l’espoir. : « Lève-toi, prends ton lit, et marche » (vs 8).

Lève-toi”, ne reste pas couché, dans ton besoin; change d’attitude; ne crois plus que tu sois un cas désespéré, qu’il n’y ait plus d’espoir ni d’avenir pour toi; crois seulement la parole de Dieu.

Prends ton lit”: finis avec ce qui t’a tenu lié toutes ces années. Jésus ne donne pas de solution temporaire à nos besoins, mais un pardon, une guérison, une délivrance totale. On n’a plus besoin du lit!
Marche”: ordre impossible pour un paralytique, humainement parlant.  Pourtant, il obéissait et il marchait !

 

2.      Mon Père travaille

L’histoire peut se terminer par cette bonne nouvelle  que l’homme est guéri, mais Jean veut nous dire davantage, car ce miracle est pour lui un signe d’une vérité importante.  

Creusons donc un peu plus cette histoire.

On découvre que le Seigneur a fait ce miracle pendant le Sabbat : le jour du repos du Seigneur.  En plus, Il n’a pas seulement guéri l’homme, mais Il lui a dit de porter son lit.  Or, la loi dit clairement que le jour de sabbat doit être gardé saint, et qu’aucun travail ne doit être fait. C’est ça ce qu’il est écrit en Exode : « vous ne faites aucun ouvrage » (Ex 20.10). Selon les pharisiens : porter un fardeau le jour de sabbat était un travail. Mais alors, par la suite ils devaient définir un fardeau.. Vous vous imaginez qu’ils passèrent des heures sans fins se disputant si un homme pouvait ou ne pouvait pas déplacer une lampe d’un endroit à un autre le jour de sabbat, si un tailleur commettait un péché s’il sortait de la maison avec une épingle dans sa poche, si une femme pouvait mettre une broche ou une perruque, ou si un homme pouvait sortir le jour de sabbat portant son enfant. Et au fur et à mesure, la foi des Juifs était donc devenue une religion constituée des règles et encore des règles à respecter pendant le jour de sabbat.

Pourtant, l’interdiction de travailler le jour de sabbat s’appliquait au travail que les Israélites accomplissaient normalement durant les six autres jours de la semaine. Or, cette interdiction pouvait difficilement s’appliquer au cas d’un homme, infirme pendant trente-huit ans, qui portait son lit après une guérison miraculeuse. Cela ne rentre pas vraiment dans le cadre de son travail.

N’empêche, en guérissant l’homme malade pendant le sabbat, les chefs religieux attaquaient Jésus violemment.  En plus, dans sa réponse, Jésus affirme que son Père travaille et Lui aussi.

Mais ça alors ! Est-ce que les chefs religieux ont raison de dire que Jésus n’a pas respecté le sabbat ? Jésus, voulait-Il provoquer ces chefs religieux en déclarant qu’Il travaille comme son Père?

Mais au juste, en quoi consiste le travail de son Père ? Le sabbat, n’était-il pas prévu pour le repos ? N’est-il pas écrit en Genèse 2:1-3 que Dieu se reposait de ses œuvres le jour de sabbat car Il avait fini le travail de la création. Par la suite Il a instauré le jour de sabbat comme un jour de repos que son peuple devait respecter. Alors, de quel travail Jésus parle-t-Il ?

Pour les chefs religieux, l’essence du quatrième commandement était ce précepte : Vous ne devrez pas travailler.

Cependant, pour Jésus, l’essence de ce commandement était ce principe :  « souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier »  (Ex 20.8). Jésus souligne le but essentiel du sabbat : un jour pour honorer Dieu, pour mettre à part pour Lui, pour le consacrer. « Observer le jour de sabbat » dit la parole, « pour en faire un jour consacré à l'Eternel ».  

Cela signifie que quelqu’un pourrait arrêter de travailler le jour de sabbat (comme les pharisiens le faisaient) sans le consacrer à l’Eternel. Au contraire, Jésus pouvait observer le sabbat et le consacrer à l’Eternel en travaillant. Les pharisiens étaient si dévoués au précepte de pas travailler qu’ils négligeaient le principe de sanctifier le sabbat.

Jésus  pouvait travailler le jour de sabbat parce qu’Il était le Fils de Dieu (vs16-17), Puisque Dieu le Père était le Créateur du sabbat, Jésus, comme Dieu,  pouvait travailler le jour de sabbat, et plus que ça,

Mais encore une fois, en quoi consiste  le travail de Dieu et de Jésus ?

Cela signifie qu’en Jésus une autre œuvre a commencé, l’œuvre  de la rédemption, de la restauration, de  la guérison, de la  délivrance. L’œuvre de création est terminée, Dieu se repose de cette œuvre, mais à la fois Il travaille à la rédemption, à la restauration, à la guérison, à la délivrance. Car Dieu n’abandonne pas l’homme qu’Il a crée, Il lui offre la vie éternelle, le vrai repos.

Le sens profond du sabbat est ce repos de Dieu.  « Venez à moi », dit Jésus, « vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos » (Mt 11.28). Il nous donne un repos qui dépasse largement un repos physique, c’est la rédemption en Christ.

En guérissant le paralytique, Jésus montre en quoi consiste  le vrai repos de Dieu, un repos bien plus supérieur au repos de l’Ancien Testament, et surement bien meilleur que tout repos que les chefs religieux puissent offrir.

« Mon Père est à l'œuvre jusqu'à présent, et moi aussi je suis à l'œuvre » (Jean 5:17).

 

3.      Jésus se montre égal à Dieu

Mais il  y a encore autre chose dans la réponse de Jésus qui a suscité la fureur des chefs religieux.

Jean note que la réponse de Jésus fut pour eux une raison de plus pour chercher à le faire mourir car, en disant que « Dieu est son propre Père, Il se faisait ainsi lui-même égal à Dieu » (vs 18).

Toute agression  du sabbat est grave et pouvait susciter la violence de la part des chefs religieux, mais un homme qui se faisait l’égal de Dieu, alors là, cela mérite pour eux la mort. Car Il remettait en cause la distinction fondamentale entre le Dieu saint, tout-puissant, éternel et infini, et des êtres humains pécheurs.  

Dans la discussion qui suit cette déclaration, Jésus affirme que son Père et Lui sont de même nature : « Le Fils ne peut rien faire de lui-même, à moins qu’il ne voie faire une chose au Père, car quelque chose que celui-ci fasse, le Fils aussi de même le fait » (vers. 19).

A toute évidence, les Juifs ne se sont pas trompés sur la portée de cette déclaration de Christ qui se faisait égal à Dieu, et se plaçait sur la même ligne en travaillant comme le Père. Il  l’affirme encore plus fortement dans les versets suivants, où il déclare qu’en union intime de volonté et d’amour avec le Père, il possède et accomplit lui-même et par lui-même tout ce qui caractérise Dieu, comme de donner la vie et d’exercer le jugement, « afin », ajoute le Seigneur, « que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils, n’honore pas le Père qui l’a envoyé » (en verset 23).

Dans ce discours Jésus révèle sa vraie identité. Pas de doute, Il est le Fils de Dieu,, Il est Dieu.

Alors, la question centrale et fondamentale n’est plus ce qu’a fait l’homme guéri pendant le sabbat en portant son lit, mais l’identité de Jésus.  

Dans l’Évangile de Jean, l’identité de Jésus est un thème principal. Jean a écrit son évangile pour convaincre ses lecteurs que Jésus est « le Christ, le Fils de Dieu » (20:31) Jean souhaite que ses lecteurs comprennent que tout ce qu’il écrit dans son évangile contribue à la seule grande vérité que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu (20:31).

C’est pour cela que ce miracle est un signe, un signe de la divinité de Jésus.

Jean le dit dès le début de son évangile :  la Parole est Dieu, ou encore Dieu le Fils unique,  Il est la gloire de son Père (Jean 1:1 ; 18 ; 14). Tout au long de son évangile Jean confirme la divinité de Jésus :  Moi et le Père nous sommes un.” (Jean 10:30) Ou encore :
Celui qui m'a vu a vu le Père” (Jean 14:9).

Pourquoi c’est important ? Parce que si Jésus n’est pas Dieu, notre foi est vide. Si vous ôtez Jésus-Christ de notre foi, il ne reste plus rien. La foi  biblique n'est ni une simple philosophie de vie, ni une norme d'éthique, ni une obéissance à des rites religieux, mais une relation vivante avec Jésus, Emmanuel, Dieu avec nous. Notre foi est une relation vivante avec Dieu.

Beaucoup de gens ont des problèmes avec la divinité de Jésus, comme ces chefs religieux de l’époque de Jésus.

Même dans notre époque, les gens luttent avec la divinité de Jésus, qu’on ne peut découvrir que par la foi.

Par exemple. C.S. Lewis, professeur à Oxford, était agnostique et niait la divinité du Christ depuis des années. Mais lui aussi, par honnêteté intellectuelle, s'est tourné vers Jésus comme son Dieu et son Sauveur après avoir examiné toutes les preuves de sa divinité.

Dans son livre très connu, Etre ou ne pas être, Lewis dit : « Quelqu'un qui est un simple homme et qui a dit les choses que Jésus a dites ne peut pas être un grand homme d'éthique ou de moralité. Il serait soit, un fou - soit il serait le diable tout droit de l'enfer. Vous devez faire votre choix... Vous pouvez refuser de le croire parce que vous pensez qu'il était fou ou vous pouvez tomber à ses pieds et l'appeler Seigneur et Dieu. Mais n'essayons pas d'avancer des théories ridicules et condescendantes prétendant qu'il était un grand enseignant humain. Il ne nous a pas laissé cette possibilité ».

Ou encore, Lew Wallace, un savant très connu, a cherché dans les meilleures bibliothèques d'Amérique et d'Europe pour trouver des informations qui détruiraient à jamais le christianisme. Ennemi déclaré de la foi chrétienne, il faisait tout pour la jeter en discrédit. Et il s’est mis à faire l’inventaire de tous les arguments et tous les témoignages possibles, pour faire le procès du christianisme.

Mais confronté à des preuves solides et irréfutables qu’il trouvait dans la Bible, il devait se rendre à l’évidence de ce qu’il cherchait à dénier. A un moment donné, il ne pouvait plus nier que Jésus-Christ est vraiment le Fils de Dieu.

En rédigeant le deuxième chapitre du livre qu'il voulait écrire contrer le christianisme, il s'est retrouvé à genoux, en criant à Jésus : “Mon Seigneur et mon Dieu !”

Plus tard, ce même Lew Wallace a écrit Ben Hur, l'un des plus grands romans sur l'époque du Christ.

Et nous ? Quelle est notre réponse ? Qui est Jésus pour nous ?  . A travers notre réponse, notre vie sur cette terre et pour toute l'éternité est en jeu. Venez à moi et je vous donnerai le repos, dit Jésus. Jésus n’est pas seulement notre Seigneur, Il est notre Dieu. C’est Dieu qui nous offre la vie éternelle, qui nous offre le vrai repos, le salut pour nos âmes.

Et le chemin est Jésus comme Jésus l’a dit clairement :

“Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.” (Jean 14:6). 

Que le Seigneur bénisse sa parole.

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