Elisabeth, les sources inépuisables de la joie inexplicable

 

En route vers Noël (3)
Message par Yanna Van de Poll, le 10 décembre 2011, dans l'Église Évangélique Baptiste « Partage » de Perpignan.

Dans le cadre de la série des personnages autour de la naissance de Jésus, j’aimerais ce matin vous parler d’Elisabeth.  Lisons  Luc1. 39-45, et 1 Pierre 1 v 3-9.

Ces deux passages font référence à la même chose. En effet l’un comme l’autre emploie cette expression un peu particulière : Tressaillir d’allégresse.

Pour ce qui est du passage en Luc, qui nous relate la visite de Marie à Elisabeth, on peut dire que c’est un texte de circonstance, mais ce n’est pas le cas pour l’exhortation de Pierre qui se situe bien après la venue de l’enfant Jésus, après sa mort, après sa résurrection et son ascension, et même bien après la Pentecôte. 

Cela veut dire que la joie de Dieu peut être occasionnée par telle ou telle circonstance, mais qu'au fond, elle ne dépend pas de circonstances. 

J’ai trouvé un témoignage d’un homme du troisième siècle qui confirme cela. Il écrivait quelques mots à un ami :

« Nous vivons dans un monde mauvais, un monde incroyablement mauvais. Mais j'ai découvert au milieu de ce monde des gens tranquilles et consacrés qui ont appris un grand secret. Ils ont trouvé une joie qui est mille fois plus grande que tout plaisir que ce monde peut nous offrir. Ils sont méprisés et ils sont persécutés, mais ils sont joyeux. Ces gens sont les chrétiens et je suis l’un d'eux » !

Comme s’il avait décrit notre monde. Nous pouvons être joyeux au milieu d’un monde corrompu.

Mais alors, d’où vient cette joie exceptionnelle ? Le texte en Luc nous offre trois sources de cette joie qui dépasse notre intelligence.

La première source ce cette joie que Luc discerne est le Saint Esprit.

 

1. La joie et l’Esprit Saint 

Luc nous dit qu’Elisabeth tressaille d’allégresse en son sein quand sa cousine Marie vient lui rendre visite. Il s'empresse de mettre tout de suite en lumière l'action de l'Esprit Saint dans cet évènement, car il met en relation la joie et le Saint Esprit : l'enfant tressaillit dans son sein et Elisabeth fut remplie d'Esprit Saint (Luc 1. 40-41).

Cette action de l'Esprit Saint, vécue par Elisabeth d'une manière particulièrement joyeuse au moment de sa rencontre avec Marie, se rattache au destin mystérieux de l'enfant qu'elle porte dans son sein. L’ange qui a annoncé la naissance de Jean-Baptiste à Zacharie, l’a déjà annoncé : « il sera rempli d'Esprit Saint dès le sein de sa mère » (Luc 1.15).

C'est très intéressant de noter la relation entre le Saint-Esprit et la joie dans plusieurs passages bibliques. Par exemple, il est écrit de Jésus : « Jésus tressaillit de joie par le Saint-Esprit » (Luc 10.21).

Il est écrit des disciples en Actes : « Les disciples étaient remplis de joie et du Saint-Esprit » (Actes 13.52).

Quand les  Thessaloniciens avaient reçu la parole, ils l’avaient reçu  « avec la joie du Saint-Esprit » :

(I Thessaloniciens 1.1).

L’apôtre Paul écrit en Romains 14.17 : »Car le royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. »

La joie et le Saint-Esprit sont indissociables, car la joie est un fruit de l’Esprit (Galates 5.22). 

Nous pouvons affirmer dès maintenant que les joies de notre monde sont passagères et vite ternies par les épreuves de la vie, tandis que la joie du Saint-Esprit, la joie du Seigneur, demeure, elle est éternelle, même dans les moments les plus difficiles, parce que sa source est en Dieu, qui est éternel.

Dieu nous accorde sa joie par le Saint Esprit même au sein des difficultés et des tribulations.

Or il arrive que cette joie s'estompe et que nous ne ressentions plus cet élan intérieur que la joie du Seigneur procure. Dans ce cas nous avons alors besoin d'être rafraîchis.

Demandons à Dieu de nous  remplir du Saint Esprit, comme écrit l’apôtre Paul : soyez remplis du Saint Esprit (Eph 5.18). C'est-à-dire : demandez à Dieu autant qu’on veut d’être rempli de son Esprit. On peut prier chaque jour : Seigneur, remplis-moi de ton Esprit.

 

2. La joie et le salut en Jésus

La deuxième source dans notre passage est le salut en Jésus.

Elisabeth salue Marie avec un grand  enthousiasme : tu es bénie entre les femmes.  En effet, Marie est bénie plus qu'aucune autre femme, puisqu'elle portait dans son sein Celui qui sera le Sauveur du monde. C’est pour cela qu’Elisabeth ajoute d’une voix forte :  « Béni soit le fruit de ton sein » (Luc 1.42)

Elisabeth et Jean son fils, qui tressaillit de joie dans son sein,  avaient compris, bien avant tout le monde, que l’enfant dans le ventre de Marie  était venu accomplir les promesses du salut, annoncé par les prophètes.

En effet, presque tous les prophètes de l’Ancien Testament ont attendu le Messie, même languit après Lui, car Il va apporter le salut. Comme par exemple David :

Il écrit dans un de ses psaumes : « Mon âme languit après ton salut, J'espère en ta promesse » (Ps 119.81).

Quand Joseph et Marie amenaient Jésus dans le temps, il y avait Siméon. Il prophétisait sur Jésus en disant : « maintenant, laisse ton serviteur s’en aller car mes yeux ont vu ton salut » (Luc 2.29-30).

Il a attendu ardemment le salut de Dieu.

Mais c’est le prophète Esaïe qui met une relation directe entre le salut et la joie :  « Voici notre Dieu, c’est en Lui que nous avons espéré, et c’est Lui qui nous a sauvé, soyons dans l’allégresse et réjouissons-nous de son salut »,écrit-il.

Ou encore : « Car l’Eternel est devenu mon salut. Vous puiserez de l’eau avec joie aux sources du salut » (Esaïe 12.1-6).

Jésus incarne le salut. Et son salut est une source inépuisable de joie. C’est là où l’apôtre Pierre rejoint le texte en Luc. Il emploie la même expression quand il parle du salut en Christ « pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps. Vous en tressaillez d’allégresse » (1 Pi 1.5).

 

La joie et le pardon

Qui dit salut, dit bien le pardon de nos péchés. On oublie trop souvent que le Christ est venu pour sauver les hommes de leurs péchés. Qu'il est mort à cause du péché et que la joie du salut vient de l'assurance que nos fautes ont été effacées.

Considérez le Psaume 51 de David, il introduit son thème en parlant de la joie de quelqu'un dont les péchés sont pardonnés.

 « Purifie-moi avec l’hysope et je serai pur, lave-moi de je serai blanc que la neige, annonce-moi la félicité et la joie » (Ps 51.9-10).

La félicité ne peut pas être produit par l’homme, c’est une joie qui ne peut venir que de Dieu,

elle est d’origine éternelle.

Conclusion : il y a donc une joie immense dans la repentance, contrairement à ce qu’on ne pense.

Oui, la repentance produit la joie et pas la tristesse. Prenons pour exemple la parabole de la brebis perdue, c’est bien la joie de quoi Jésus parle par rapport aux retrouvailles !  Le berger qui a retrouvé sa brebis assemble amis et voisins et leur dit : « Réjouissez-vous avec moi, car je l’ai retrouvée, ma brebis qui était perdue » (Luc 15).

La femme  qui a perdu une pièce de monnaie, remue toute la maison et quand elle l’a retrouvée, elle assemble amies et voisines et leur dit : « Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce que j’avais perdue ».

Dans ces deux cas, Jésus conclut en disant : « C’est ainsi qu’il y aura plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui se repent que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de repentir » (Luc 15).

Quand un pécheur manifeste sa repentance et reçoit le pardon, il y aura de la joie dans le ciel.

Alors je me pose cette question : faisons-nous  aussi des bonds de joie, même dans notre for intérieur quand nous recevons le pardon en confessant nos péchés ?

Ces exemples nous montrent aussi que la joie n'est pas une conquête mais une conséquence.

Une conséquence du salut, une conséquence du pardon.

Cherchez la joie et vous ne la trouverez point.

Mais cherchez le Seigneur et son pardon, et la joie sera au rendez-vous.   

 

3.  La joie et la parole

La  troisième  source de la joie en Luc est la parole de Dieu. Elisabeth dit à Marie : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur » (Luc 1.45).

Ce qui a été dit. C’est-à-dire : les paroles de Dieu.

La parole de Dieu est en soi une source de joie immense.

Ecoutons David : «  Je me réjouis en suivant tes préceptes, comme si je possédais tous les trésors… Je fais mes délices de tes statuts, je n’oublie point ta parole » (Psaume 119.14, 16).

Ou encore : «Heureux ceux qui gardent ses préceptes, qui le cherchent de tout leur cœur, …. et qui marchent dans ses voies! » (Psaume 119 :1-3).

Heureux : c’est-à-dire : un bonheur suprême, une joie immense qu’on éprouve en marchant dans les voies du Seigneur.

Pour exprimer ce bonheur  qu’on trouve dans la parole de Dieu, le peuple d’Israël a instauré une fête qui s’appelle la fête de Simchat Torah. Simhat Torah signifie la « joie de la Torah. » Le nom de la fête vient du mot simhah :  réjouissances,  joyeux,  joyeusement, sujet de joie, cris de joie, jour de gaieté, bonheur, plaisir, etc. Simhat Torah n’est ni d’origine biblique ni d’origine talmudique. Elle est liée au cycle des lectures de la Torah dans la synagogue, et serait apparue au IXème siècle.

Pourtant, même si cette fête n’est pas biblique, elle exprime une vérité biblique. Car la parole de Dieu nous procure une joie. Comment est-il possible qu’il y ait tant de joie dans la parole ?

Parce que Jésus est la Parole de Dieu. Jésus nous donne sa joie en nous donnant sa parole : « Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. », dit-Il aux disciples (Jean 15.11). 

 

La joie et la foi

Trois sources de joie de Dieu. La question qu’on peut se poser c’est : éprouvons-nous cette joie dans notre cœur chaque fois qu’on lit la parole de Dieu ?  Ou chaque fois qu’on s’adresse à Dieu par l’Esprit Saint ? Comment peut-on obtenir cette joie immense ?

C’est justement l’apôtre Pierre qui nous aide à répondre à cette question dans le passage qu’on a lu : « Vous croyez en Lui et vous tressaillez d’une allégresse indicible et glorieuse » ( 1 Pi 1.9).

« Heureux celle qui a cru », dit Elisabeth à Marie.

Heureux sommes-nous qui avons cru.

Nous qui croyons en Jésus. Nous qui faisons confiance en Lui.

Nous sommes heureux.

Le livre des Actes nous apprend que ceux qui croyaient en Jésus-Christ et se convertissaient étaient remplis de joie.  Il est écrit des premiers chrétiens : « Tous ceux qui avaient cru étaient ensemble….Chaque jour, avec persévérance ils étaient au temple d’un commun accord, ils rompaient le pain dans les maisons et prenaient leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur » (Actes 2.44 ; 46).

Sans la foi en Christ, nous ne pouvons pas faire l'expérience d’une joie durable.

Pierre nous invite à tressaillir d’allégresse, en contemplant l’œuvre de Jésus-Christ, même au milieu des moments difficiles, des moments d’épreuve. Car la joie de Jésus demeure.

La joie est une réjouissance intérieure profonde et constante qui a été promise à ceux qui croient en Christ (Jean 15.22).

Quand j’ai cru en Jésus,  il y a bien longtemps, c’était la joie de Dieu qui m’a convaincu de sa présence. Une joie inexplicable. Et cette joie est toujours là, elle ne m’a jamais quittée. Chaque fois quand je lis la parole ou quand je prie, j’éprouve toujours une grande joie.

Nous connaissons bien les livres de Narnia, écrit par C.S. Lewis. C.S. Lewis est né dans une famille protestante, à Belfast en 1898. Mais assez jeune il a repoussé la foi et devenait athée à la suite du décès de sa mère en 1908. Il avait 9 ans et ne comprenait pas que Dieu est un Dieu d’amour en prenant sa mère.  

Pourtant,  il ne pouvait pas se débarrasser de la foi chrétienne. Dans son autobiographie, il retrace des moments de sa vie où sa quête personnelle débouche sur une expérience intense, une expérience de la présence de Dieu. En expliquant cette expérience Lewis emploie le  mot « joie ».  D’où le titre de son livre autobiographique : "Surpris par la joie ».

Dès qu’on croit en Dieu, dès qu’on se confie en Lui, il y a de la joie, comme dit David en Psaumes 16.11 :« Tu me feras connaître le sentier de la vie. Il y a d’abondantes joies devant ta face ».

Que le Seigneur nous remplisse de ses abondantes joies, chaque jour, car nous en avons besoin. Combien je serai heureuse de voir notre église rayonnante de joie, voire débordante d’une joie qui ne dépend pas des circonstances.

Ce qui est sûr, c’est que c’est le projet de notre Seigneur, car il y a d’abondantes joies devant sa face.

Approchons-nous de son trône de grâce pour qu’Il nous visite, nous aussi, pour qu’Il nous remplisse de sa joie, pour que nous puissions tressaillir de joie en dépit de nos circonstances.

Que le Seigneur bénisse sa parole,

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