Suivre le Seigneur : vocation générale et appel particulier

 

Série de messages sur Simon Pierre (2)
Par Evert Van de Poll, le 13 novembre 2011, dans l'Église Évangélique Baptiste « Partage » de Perpignan


Qu’est ce que je vais faire de ma vie ? Une question que se posent les enfants. Et que se posent les ados, une fois passé le rêve de devenir pompier ou pilote de chasse, et que les choses deviennent plus sérieuses.

Et même après avoir trouvé un métier, un conjoint, ou non, et un domicile plus ou moins stable, on continue à s’interroger. Quel est le but de ma vie ? Quel en est le sens ? Les hommes et les femmes de tous les temps se sont posé cette question. Les philosophes comme les ouvriers. Les réponses sont multiples.

Il y a quelque chose en nous qui nous pousse à réfléchir sur la finalité de notre existence. Un croyant dirait : nous sommes créés comme cela. La Bible affirme que Dieu a mis l’éternité en chaque être humain.

Un chrétien est quelqu’un qui a trouvé la réponse en Jésus Christ. Nous avons trouvé en lui la vérité que tous cherchent, le chemin à suivre, et une vie durable que même la mort ne peut plus anéantir. De façon générale, nous savons pourquoi nous sommes là et où nous allons.

Mais tout chrétien que je suis, la question de la finalité de mon existence se pose encore, soit-il sous une autre forme : qu’est-ce que Dieu demande de moi ? Quel est sa volonté pour ma vie ?  Quelle est ma place dans son plan ? De quelle manière dois-je suivre le Seigneur. Qu’est-ce que cela veut dire pour moi, personnellement, et concrètement ?

Un chrétien qui ne prend pas son salut à la légère, veut savoir : quelle est ma vocation ?

 

Une feuille de route pour chacun d’entre nous ?

Est-ce que vous considérez que le Seigneur a un plan avec tout un chacun d’entre nous ? Beaucoup de chrétiens en sont persuadés, mais dès lors que l’on veut savoir quel est le plan de Dieu pour moi, on reste souvent dans le flou. Si certains semblent être convaincus d’un appel, la plupart d’entre nous ne savent pas trop, ou bien, ne savent pas du tout.

Un passage qui est souvent évoqué pour encourager les chrétiens à chercher le dessein de Dieu pour leur vie, est Éphésiens 2.8-10 (il convient d’ailleurs de lire à partir du verset 1). Là, l’apôtre Paul affirme que Dieu nous a sauvés par la grâce, par le moyen de la grâce, avec une finalité certaine :

Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions

Quelles sont les œuvres que le Créateur à préparées pour nous afin que nous pratiquions  ?

Est-ce de dire qu’il existe pour chacun de nous une sorte de feuille de route, établie d’avance, que nous aurions à découvrir et à suivre ?

Je pense qu’il faut se garder d’en tirer une telle conclusion. Avant de penser à ce que moi je suis censé faire, il faut d’abord connaître la volonté générale de Dieu pour tous. A mon sens, les œuvres bonnes dans ce passage sont d’abord les œuvres que Dieu à préparées pour chaque croyant.

Nous avons tous vocation

(1) à vivre en relation avec Dieu, par Jésus Christ,

(2) à mettre en pratique les valeurs que nous enseigne la Parole de Dieu, au jour le jour, là où nous sommes placés,

(3) à contribuer au développement de l’Église, et à soutenir sa mission dans le monde

(4) à être des témoins de notre Seigneur auprès de nos contemporains, et

(5) à pratiquer l’amour du prochain, par des actes de bienfaisance.

En ce faisant, nous glorifions Dieu.

L’apôtre Pierre le résumé dans un passage magistral :

Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière, vous qui autrefois n’étiez pas un peuple, et qui maintenant êtes le peuple de Dieu, vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde, et qui maintenant avez obtenu miséricorde. Bien-aimés, je vous exhorte, comme étrangers et voyageurs sur la terre, à vous abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme. Ayez au milieu des païens une bonne conduite, afin que, là même où ils vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ils remarquent vos bonnes œuvres, et glorifient Dieu, au jour où il les visitera (1 Pierre 2.9-12).

Voilà le grand dessein. La volonté générale pour chaque disciple du Maître.

Tout cela constitue la vocation de tous les croyants.

Si vous voulez savoir quelle est la volonté du Seigneur pour vous, voilà la réponse.

Pas besoin de prier longuement le Seigneur afin qu’il vous permette de la découvrir. Vous la trouvez clairement énoncée dans la Parole de Dieu, en particulier dans l’enseignement de Jésus.

 

Chacun de sa manière à lui

Nous avons tous vocation à suivre l’exemple de Jésus-Christ, à apprendre et à mettre en pratique ses commandements, à vivre une relation avec Dieu. Mais nous avons aussi une grande liberté de choisir notre chemin dans la vie. Si quelqu’un a envie d’exercer le métier d’avocat, qu’il suive le désir de son cœur. Si quelqu’un veut travailler dans le bâtiment, puisqu’il s’y sent capable, qu’il le fasse. Parfois, ou bien souvent, on finit par travailler dans un domaine que l’on n’a pas vraiment choisi, que l’on n’aime pas, mais toujours faut-il que l’on le fasse comme pour le Seigneur. Et le Seigneur lui accordera sa bénédiction.

Vous voulez épouser telle jeune fille ? Suivez le désir de votre cœur. Vous restez célibataire ? Cela peut aussi être vécu comme une grâce, quelque chose que le Seigneur vous donne à vivre, et qui vous permet de vous épanouir.

Où habiter ? Quels loisirs ? C’est à vous de construire votre vie, tenant toujours compte de la volonté générale du Seigneur. Que tout ce que nous fassions, soit fait pour honorer Dieu.

Tout cela pour dire, que la vie de chaque croyant s’inscrit dans la volonté générale de Dieu, mais que chacun va la mettre en œuvre de sa manière à lui. Les bonnes œuvres que Dieu a préparées pour nous tous, vont s’articuler en fonction de notre individualité, notre singularité. Nous avons tous un rôle particulier à jouer. Selon notre caractère, selon nos capacités, et selon notre situation, et selon nos possibilités.

 

Appel particulier

Il faut distinguer la vocation générale qui s’applique à nous tous, de l’appel spécifique d’une personne.

Le Seigneur peut appeler quelqu’un à tel ou tel service, et ce sera pour lui un appel particulier.

On voit cela très bien dans la vie de Pierre, l’apôtre que j’ai introduis dans le message précédent, et dont nous allons suivre les traces aujourd’hui.

En faisant la synthèse de quatre Evangiles, on voit que Pierre

-        a fait la connaissance de Jésus et qu’il s’est intéressé à lui pendant un certain temps ;

-        s’est véritablement converti après la pêche miraculeuse

-        est devenu, ce jour-là, un disciple qui a fait de Jésus sa priorité absolue.

En Luc 5, le récit de la conversion de Simon finit par la remarque : « Simon et les autres laissèrent tout derrière eux pour suivre Jésus».

Or, à ce moment-là, Simon ne devient toutefois pas encore un compagnon de route qui reste avec Jésus où qu’il aille.

Cette démarche, Simon le fera plus tard, lorsqu’il reçoit un appel particulier.

Un jour, après avoir longuement réfléchi et prié, Jésus appelle douze personnes parmi ses disciples.

Lisons le récit de Luc 6.12-16

En ce temps-là, Jésus se rendit sur la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. Quand le jour parut, il appela ses disciples, et il en choisit douze, auxquels il donna le nom d’apôtres : Simon, qu’il nomma Pierre ; André, son frère ; Jacques ; Jean ; Philippe ; Barthélemy ; Matthieu ; Thomas ; Jacques, fils d’Alphée ; Simon, appelé le zélote ; Jude, fils de Jacques ; et Judas Iscariot, qui devint traître (Cf. Marc 3.13-19, Matthieu 10.1-4).

Simon est l’un des douze. ls sont des envoyés spéciaux – c’est comme ça que nous pouvons comprendre le mot ‘apôtre’, allitération du grec apostolos.

Luc dit que ce jour-là, Jésus appela ses disciples et qu’il en choisit douze. C’est une sorte de sélection.

Ce fut pour eux un appel particulier.

La mission d’être apôtre ne fut pas confiée à tous les disciples, mais au seul groupe de Douze. Leur appel consistait à annoncer l’Évangile, la bonne nouvelle de Jésus-Christ et de son règne. Ils étaient également mandaté de délivrer les opprimés des esprits démoniaques, et de prier pour les malades en vue d’une guérison. Il ne s’agissait pas là d’un but en soi, mes des signes accompagnateurs du message annoncé. L’objectif n’était pas simplement de faire du bien aux gens, mais de montrer que Jésus est le véritable Seigneur, afin que les gens se convertissent. L’essentiel était de faire connaître le message de Jésus, et d’inviter leurs contemporains à mettre leur confiance en lui, à se convertir, et à rejoindre la communauté de ses disciples.

 

La vocation particulière de Simon

S’agissant de ceux qui ont un appel spécial d’annoncer l’Évangile, ils ne l’exercent pas de la même manière non plus. Regardons, par exemple, le cas de Simon.

Le jour de sa conversion, Jésus avait déjà indiqué sa vocation future : désormais tu seras pêcheur d’hommes (Luc 5.10). Aujourd’hui, cela devient officiel. Il est nommé apôtre.

Mais parmi les apôtres, Pierre a une vocation spéciale. Jésus le fait comprendre de deux manières.

Il l’appelle en premier. Bien qu’il ne fût pas le premier à devenir un disciple du Christ, il est mentionné en premier, comme il figure systématiquement en tête dans toutes les listes des Douze. Matthieu écrit que Pierre était « le premier » d’entre les apôtres.

Puis, Jésus lui donne maintenant son nouveau nom : Pierre, Roc. Ce changement d nom, il l’avait déjà annoncé lors de leur première rencontre : tu es Simon fils de Jonas, tu seras Pierre (Jean 1.54).

Dans quel sens, Pierre était-il le premier, le Roc ? On va le découvrir un peu plus tard, quand Pierre confesse sa foi en Jésus le Messie. A ce moment-là, Jésus affirme qu’il va construire son Eglise sur cette Pierre, ce Roc, c’est à dire sur cette confession de foi, exprimée par le premier d’entre les apôtres.

Or, Pierre ne faisait qu’exprimer ce que pensaient tous les apôtres. Mais il est significatif que c’est lui qui prend la parole pour les autres.

Les Évangiles le dessinent comme le porte-parole du groupe, comme celui qui exprime leurs convictions, leurs doutes, leurs interrogations, leurs émotions, leur joie et leur peine.

En d’autres termes, c’est Simon qui met des mots avec ce que vivent tous les autres.

En cela, il est un vrai dirigeant, un leader. Son appel particulier est de donner une cohésion au groupe des apôtres, et d’être le premier responsable de l’Église primitive de Jérusalem.

 

Certains sont appelés à un ministère à part entière

Est-ce que nous allons tous recevoir un appel particulier pour un service particulier dans le Royaume de Dieu ?

On a parfois cette impression, mais je ne pense pas qu’elle est réaliste.

Du vivant de Pierre et les autres apôtres, il y avait beaucoup plus de disciples qu’eux. Ils avaient leur place dans la nouvelle communauté autour de Jésus, mais ils n’étaient pas tous désignés pour un service à plein temps.

Dans les Église primitives dont nous avons une description dans le livre des Actes, il y avait une multitude de croyants, mais ils n’étaient pas tous des évangélistes, des missionnaires, des pasteurs, des docteurs et des prophètes.

En réalité, Dieu appelle certaines personnes à consacrer leur vie à un ministère dans son Église et dans la mission. C’est un privilège, et une responsabilité. Le Seigneur fera en sorte que la personne concerné ressente cet appel. Par de différentes manières. Et c’est à la personne concernée de vérifier la conviction naissante dans son cœur, de demander conseil  aux autres, et puis de s’engager dans le domaine dans lequel il se sent appelé.

L’Église a besoin de telles vocations !

Et si vous avez l’impression que le Seigneur vous appelle à un service, un ministère à part entière, prenez le temps pour en avoir une plus grande certitude.

 

Nous recevons tous des dons de grâce

Le parcours de Pierre nous enseigne qu’il y a une vocation générale, et un appel particulier.

Pourtant, force est de constater, que Dieu n’appelle pas tous à consacrer leur vie à un ministère dans l’Église ou dans la mission. Nous n’avons pas tous vocation à servir en qu’apôtres, évangélistes, pasteurs, prédicateurs, ou missionnaires.

Ceux qui reçoivent un tel appel, sont-ils meilleurs chrétiens, une catégorie hors du commun ? Loin s’en faut. Certes, ils ont le privilège particulier d’investir leur vie dans un ministère. Mais c’est aussi une lourde tâche. Ils ne constituent pas une classe spéciale. Leur appel, leur privilège, si vous voulez, est tout simplement de se faire serviteur des autres, à l’instar du Maître qui s’est fait serviteur de tous.

Et les autres, où sont-ils dans tout cela. Est ce qu’ils sont laissés sur la touche dans le développement de l’Église et sa mission dans le monde ?

Pas du tout.

Le Seigneur veut nous impliquer nous tous. Nous recevons tous des dons de grâce, des charismes, des dons spirituels. Le Seigneur les répartit parmi nous, de sorte que chacun puisse apporter sa pierre à l’édifice. Un don de grâce est quelque chose que je donne pour le bien de tous, une œuvre bonne spécifique.

C’est là encore un privilège d’un chrétien : servir le Seigneur d’une manière spécifique, qui met en valeur ma personnalité, mes dons, qui je suis, moi. On ne devient pas uniforme. Si nous servons le Seigneur ensemble, chacun est dans son rôle.

Certains croyants ont vraiment un appel, comme on le dit, pour se consacrer à un quelconque ministère. Pour d’autres, il est moins évident quel est leur rôle. Mais je crois que nous avons tous quelque chose de particulier de contribuer à l’œuvre du Seigneur.

Le NT dresse plusieurs liste de dons de grâce, on y trouve pas moins de 27 différentes manière de recevoir quelque chose de la part du Seigneur et de le mettre en œuvre comme un service.

Et les listes ne sont pas exhaustives.

Chacun est important dans l’œuvre du Seigneur. Chacun est mis en valeur – dans une diversité et une complémentarité qui permet à chacun d’y trouver son compte.

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