Qu'est ce que la conversion ?

 

Série de messages sur Simon Pierre (1)
Par Evert Van de Poll, le 30 octobre 2011, dans l'Église Évangélique Baptiste « Partage » de Perpignan

 

Simon bar Jonas, surnommé Pierre, était le premier parmi les disciples autour de Jésus, et le premier parmi les dirigeants de l’Église primitive après l’ascension de Jésus et le jour de Pentecôte.

Il est aussi le disciple dont nous avons le plus d’information. Cela fait de lui un personnage très intéressant pour nous, les disciples de Jésus, vingt siècles plus tard. Son vécu est pour nous source d’encouragement et d’apprentissage.

Simon bar Jonas, surnommé Pierre, nous est donné comme un exemple. Son histoire est une histoire emblématique, remplie de réussites et d’échecs. Tantôt il est un exemple à suivre, tantôt il est un exemple à ne pas suivre.

La question que je poste ce matin, est la suivante : comment est-il devenu disciple ?

Ou, de façon plus générale : comment devenir chrétien ?

Force est de constater qu’il y a là une grande confusion, puisque plusieurs réponses sont données.

Cette confusion en cache une autre : Qu’est-ce qu’un chrétien ?

Là aussi, les réponses varient énormément.

Pour les uns, il s’agit d’appartenir à une communauté de croyants, pour les autres il suffit d’être membre d’une institution. Certains se disent chrétien sans appartenir à une quelconque Église. Est-ce que l’on naît chrétien, ou est ce que l’on le devient par démarche de foi ?

Quelqu’un qui adhère aux valeurs chrétiennes peut se dire chrétien, mais cette revendication culturelle, suffit-elle vraiment ?

Dans les Églises évangéliques on souligne le fait que l’identité chrétienne passe par la conversion.

En clair :

Etre chrétien est une activité : suivre l’exemple de Jésus et mettre an pratique son enseignement.

Autrement dit, un chrétien est un disciple de Jésus, le Fils de Dieu.

C’est aussi un vécu : vivre la présence de Dieu par son Saint Esprit, vivre une relation personnelle avec lui.

Autrement dit, un chrétien est un enfant de Dieu, le Père.

 

Le jour où tout a changé

Regardons l’exemple de Pierre. Le récit de sa conversion se trouve en Luc 5 à partir du verset 1 :

« Comme Jésus se trouvait auprès du lac de Génésareth, et que la foule se pressait autour de lui pour entendre la parole de Dieu, il vit au bord du lac deux barques, d’où les pêcheurs étaient descendus pour laver leurs filets.

Il monta dans l’une de ces barques, qui était à Simon, et il le pria de s’éloigner un peu de terre. Puis il s’assit, et de la barque il enseignait la foule.

Lorsqu’il eut cessé de parler, il dit à Simon : Avance en pleine eau, et jetez vos filets pour pêcher.

Simon lui répondit : Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je jetterai le filet.

L’ayant jeté, ils prirent une grande quantité de poissons, et leur filet se rompait. Ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l’autre barque de venir les aider. Ils vinrent et ils remplirent les deux barques, au point qu’elles enfonçaient.

Quand il vit cela, Simon Pierre tomba aux genoux de Jésus, et dit : Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur. Car l’épouvante l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la pêche qu’ils avaient faite. Il en était de même de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon.

Alors Jésus dit à Simon : Ne crains point ; désormais tu seras pêcheur d’hommes.

Et, ayant ramené les barques à terre, ils laissèrent tout, et le suivirent. »

Voilà comment tout a changé pour Simon, ainsi que pour ses collègues Jean et Jacques. On peut dire que ce jour-là, ils ont vécu une véritable conversion.

Ils n’étaient pas les premiers à faire la démarche : André, le frère de Simon, avait déjà fait la démarche. Mais nous ne savons pas exactement comment, sauf qu’il a décidé, lui aussi, de tout laisser et de suivre Jésus.

 

Héritage et conversion

On a l’impression qui tout s’est passé très vite, et de façon dramatique.

Jésus arrive, il dit quelques mots, fait un miracle impressionnant, et tout de suite, trois hommes se convertissent.

Mais ce n’est pas tout à fait le cas. Prenons le cas de Simon, surnommé Pierre, parce que nous pouvons retracer son histoire en faisant la synthèse de ce que nous disent les quatre Evangiles.

Simon avait reçu une éducation dans la religion de son peuple. Il croyait en le Dieu unique. Il allait à la synagogue, connaissait la Parole de Dieu, participait à la prière. Il attendait la venue d’un Messie.

Autrement dit, on lui a transmis une tradition, un héritage.

La transmission de l’héritage biblique, chrétien, est importante.

Elle nous enseigne, nous donne des connaissances, et cela nous prépare à devenir chrétien.

Mais le point décisif est la rencontre avec Jésus.

Sinon, les enfants à qui on transmet l’Évangile et la tradition de l’Église, vont développer un comportement plus ou moins chrétien, sans qu’ils connaissent le Seigneur personnellement.

Etre chrétien égale un certain comportement, aller à l’Église, s’activer dans l’humanitaire, le social, essayer de faire du bien pour les autres… Dans la vie quotidienne, et au boulot, rien ou presque ne nous distingue de nos concitoyens.

On se dit croyant, on adhère à certaines doctrines, croyances, enseignées par l’Église.

On croit en Dieu, mais on n’entretient pas de relation directe avec lui, plutôt un lien indirect par le biais de l’Église. La présence du Seigneur vivant ?

Mystère.

C’est pourquoi la conversion est si importante, aussi pour ceux qui sont nés dans un milieu chrétien. Les enfants des croyants convertis. La « seconde génération »

 

Le processus de conversion

Revenons sur Simon. Tout commence à changer quand il rencontre Jésus pour la première fois.

C’est son frère André qui l’a amené, le dernier avait sans doute été profondément touché par le message et le personnage de Jésus.

A cette occasion-là, Jésus voyait déjà potentiel du frère d’André, le potentiel d’un leader.

Tu es Simon, tu seras Pierre (Jean 1.34)

Or, ce n’est pas encore sa conversion définitive. Plutôt le début d’un processus de rapprochement. Simon va s’intéresser à Jésus. Il va lui ouvrir sa maison, lui offrir le gîte et le couvert, lui qui n’avait pas de domicile fixe !

Il passe du temps avec lui, s’intéresse à son enseignement. Il voit des miracles, la guérison de sa belle-mère par exemple. Et quand Jésus a besoin d’une estrade pour mieux se faire entendre par la foule qui se rassemble autour de lui, c’est Simon qui lui offre son bateau.

On dirait un chrétien engagé !

Or, il ne l’était pas encore.

Quelque chose manquait encore, quelque chose d’essentiel. Cela nous amène à l’histoire que nous venons de lire.

Une conversion ne se fait jamais du jour au lendemain. Il y a toujours un chemin précédant, une préparation, des évènements, des rencontres, par lesquels l’Esprit de Dieu parle à nos cœurs. Par son Esprit, Jésus frappe à nos portes, gentiment.

Mais cela ne continue pas à jamais. Tôt ou tard, on doit prendre position. Se convertir.

Le message de Jésus se résume ainsi : repentez-vous et croyez la bonne nouvelle. Autrement dit : tournez vous de votre façon de vire et mettez votre confiance en la Parole de Dieu que je vous apporte.

C’est dire non au péché, et dire oui à Jésus. Voilà les deux éléments de la conversion

 

Conversion : acte de confiance (foi)

Pour Simon, le moment de décision arrive quand Jésus est au bord du lac, entouré d’une grande foule.

Après avoir terminé son enseignement, il demande à Pierre de jeter les filets.

Sur ta Parole je jetterai les files…

Un homme de terrain n’obéit pas si facilement à une demande qui va à l’encontre de toute son expérience professionnelle. Du point de vue des professionnels, c’est complètement aberrant ce que Jésus demande.

Et pourtant, Simon le fait.

S’il le fait, c’est qu’il a déjà compris certaines choses par rapport à Jésus. Il a déjà vu que ce Jésus pouvait opérer des miracles. Avec Jésus, on peut s’attendre à tout.

On voit bien que son cœur a été préparé à cet acte d’obéissance.

Maintenant, Simon résiste à sa tendance ô combien humaine de suivre ses propres conseils, en disant oui à ce que Jésus lui demande. Il place toute sa confiance en la personne de Jésus. C’est un acte de foi. C’est sa conversion, le jour J de sa vie.

 

Conversion : acte de repentance

Or, se convertir n’est pas seulement un acte de confiance vis-à-vis du Seigneur, c’est aussi un acte de repentance par rapport à son mode de vie.

On le voit chez Simon. Dès lors qu’il a mis sa confiance totale en Jésus, les choses commencent à changer profondément.

Survient la pêche miraculeuse.

Simon Pierre tomba aux genoux de Jésus

C’est une véritable conversion : Simon reconnaît son problème : le gouffre qui le sépare de Dieu. Il a beau croire en Dieu, il a beau connaître les commandements de la Torah, il a beau adorer et prier Dieu, mais quand Dieu s’approche de lui dans sa splendeur et sa divinité, dans la personne de Jésus, il se rend compte de ce qu’un être humain ne mérité rien de la part de Dieu.

Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur

Le péché est l’opposition à Dieu. La rébellion. La pulsion de faire sa propre volonté. La tendance d’adorer d’autres dieux, d’autres idoles, d’obéir à d’autres valeurs. De laisser Jésus en dehors de sa vie.

Cela ne veut pas dire que l’on est totalement mauvais, mais que le mal se mélange du bien.

Le péché nous sépare de Dieu.

Alors Jésus dit à Simon : Ne crains point

Jésus ne le rejette pas, mais lui tend la main. La main de la grâce. Il lui ouvre ses bras, lui ouvre son cœur. Simon sait qu’il n’a rien mérité, mais il se laisse gagner par ce geste d’amour de Jésus. Il reconnaît que Jésus est le seul qui peut le guérir de la maladie dont souffrent tous les êtres humains, cette maladie spirituelle qui s’appelle le péché.

 

Conversion continue

Simon ne veut plus vivre sans Jésus. Il décide de devenir son disciple.

Dans les années qui suivent, le processus qui a conduit à la conversion, continue. Simon est transformé par la présence et les paroles de Jésus. Au fur et à mesure qu’il passe tu temps avec le Maître, il devient un pêcheur d’hommes. Il va devenir Pierre, un leader spirituel.

Trop souvent, les chrétiens pensent que la conversion est une sorte de transaction ponctuelle entre Dieu et moi, conclue par l’intermédiaire de Jésus, qui me donne le droit d’entrée dans le ciel. Lui efface mes péchés, et puis, l’affaire est réglée.

Comme une assurance vie, ou un plan de retraite, que l’on souscrit, et ça y est. Sans que la vie de tous les jours change vraiment. On continue, mais on a maintenant l’assurance vie éternelle.

Telle conception de la conversion est fausse.

D’une part, la conversion est l’aboutissement d’un processus de rapprochement. D’autre part, elle n’est qu’un début. Elle se poursuit par une conversion continue.

Dieu a un projet pour chacun, un projet qui se réalise progressivement.

Il m’a accepte tel que je suis, homme pécheur. Mais il ne me laisse pas tel que je suis. Il va me changer, me transformer à son image, afin que je vive autrement, ici et maintenant.

Et il va m’impliquer dans son grand projet de sauver l’humanité, de changer le monde.

 

Faire de la cause de Jésus sa priorité

Simon et ses associés laissèrent leurs barques.

Cela ne voulait pas encore dire qu’ils ont abandonné toutes leurs responsabilités. Ce jour-là, ils ont choisi de rester avec le Seigneur. A partir de ce moment-là, ils ont orienté leur vie sur lui. Se convertir, veut dire, faire de la cause de Jésus sa priorité.

En effet, Jésus demande de laisser tout, dans le sens où son Royaume doit être notre priorité absolue. Plus tard, il va jusqu’à dire qu’il faut haïr ses proches. Cela ne veut pas dire que nous devions détester nos contemporains qui ne partagent pas notre foi. C’est une hyperbole. Même nos proches, même nos bien-aimés dans le monde, ne peuvent pas prendre la place du Seigneur. Nous continuons de les aimer, mais quand ils nous demandent quelque chose qui va à l’encontre de la volonté du Seigneur, nous chemins se séparent

Jésus, sois le centre … Chanter ce beau chant, que j’aime beaucoup, c’est une chose. Vivre les paroles au jour le jour, c’en est une autre.

Quand vous dressez une liste de priorités dans votre vie, en termes de temps consacrés, en termes d’importance accordé, très honnêtement, qu’est-ce que cela donne ? Est-ce que la prière, la lecture de la Parole et la mise en pratique de l’enseignement de Jésus viennent en premier ? Quand il faut choisir entre la vie de l’Église et le boulot ? Entre faire ce que le monde attend de vous et être un témoignage du Christ ?

Et pourtant, quand ont est touché par la grâce et l’amour de Dieu, manifestés en Jésus-Christ, un désir très fort va naître dans le cœur : laisser la barque de mes soi-disant certitudes, laisser la barque de ce qui me semblait être le plus important, laisser la barque du bien-être que le monde me propose, laisser la barque de mes péchés dissimulés, et suivre Jésus, pour vivre cette paix qui ne se trouve nulle part ailleurs.

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