Porteurs de la parole de Dieu, instruments de guérison

 

Message par Evert Van de Poll, le 18 septembre 2011, dans l'Église Évangélique Baptiste « Partage » de Perpignan

Dans les médias, nous entendons beaucoup parler de la Syrie - un pays bouleversé par les protestations de la population et la répression sanglante par un régime autoritaire. Tandis que le peuple se soulève pour réclame plus de liberté, le président et son entourage de ministres et de généraux militaires s’accrochent au pouvoir.

Ce même pays de Syrie est le décor du passage biblique que nous allons écouter ce matin. La Bible nous relate une histoire tout à fait remarquable, qui s’est produite environ sept siècles avant notre ère. Elle a commencé au palais du roi, au centre du pouvoir.

En fait, les rois de Syrie régnaient sans partage et d’une main de fer. Leurs armées étaient redoutées pour leur cruauté terrifiante, non seulement envers les peuples soumis mais aussi envers leur propre peuple. A en voir les images des affrontements dans les villes syriennes aujourd’hui, on a l’impression que l’histoire se répète.

Mais il y a de l’espoir. L’histoire que nous allons écouter dans un instant, montre bien que les choses peuvent changer, dans la mesure où la parole de Dieu fait son chemin dans les cœurs des hommes et des femmes.

C’est ce qui s’est passé dans le temps, et c’est ce qui peut se reproduire aujourd’hui encore !

Lecture : 2 Rois 5 v. 1-19.

Nous sommes dans l’histoire de deux grands prophètes d’Israël. Eli et son successeur Elisée.

Si le prophète Eli est souvent considéré comme un modèle avant-coureur de Jean Baptiste, le ministère d’Elisée préfigure celui à Jésus. Tous les deux ont nourri, de façon miraculeuse, une grande foule. Tous les deux ont ressuscité un mort. Et tous les deux ont opéré des miracles de guérison. La ressemblance va plus loin encore : Jésus a guéri la fille démoniaque d’une femme Syrienne, originaire de la ville de Tyr (Matthieu 15.21-28), tandis qu’Elisée a permis à un général syrien de retrouver la pleine santé.

C’est l’histoire que nous venons de lire.

Le général en question est atteint d’une maladie très grave : la lèpre. A la longue, un lépreux se verrait mis en quarantaine, exclu de la société. Il n’y avait pas de remède, pas de perspective. Un lépreux était condamné à dépérir et mourir dans l’isolement.

Le général est prêt à tout pour trouver un remède. Même s’il doit s’humilier en cherchant de l’aide dans un pays étranger, auprès d’un guérisseur inconnu.

Alors, il arrive dans le village d’Elisée.

Imaginez-vous la situation délicate dans laquelle se trouve le prophète ! Arrive chez lui un chef de guerre, un ennemi juré du peuple d’Israël, entouré d’un bataillon de féroces soldats.  

Après tout le mal que les Syriens avaient fait à Israël, quel Juif aurait encore compassion de cet homme ?

S’il retrouve sa santé, il est fort à craindre que, tôt ou tard, il reviendra avec toute une armée pour envahir nos campagnes

Non, cet homme ne mérite pas d’être guéri ! La lèpre, maladie incurable, voilà une juste punition !

Or, Elisée ne se laisse pas guider par les ressentiments, ni par la soif de revanche, mais par le cœur miséricordieux de Dieu, qui cherche à sauver les hommes, qu’ils soient Juifs ou païens. Même les pires oppresseurs.

Et Dieu va intervenir, miraculeusement.

Le général se baptise sept fois dans le Jourdain, et repart chez lui, totalement guéri !

La clé

Mais ce n’est pas pour cela que la Bible nous la raconte cette belle histoire. La guérison n’en est qu’un élément. Une illustration parmi d’autres de ce que la Parole de Dieu peut accomplir dans la vie des hommes et des femmes.

Quand nous avons entendu le message de Dieu, et que nous connaissons sa présence dans notre vie, nous avons le privilège de transmettre une parole de sa part aux autres. Un simple témoignage, accompagné d’un geste qui parle…

Porteurs d’une parole de Dieu, nous devenons instruments de guérison.

Dans cette histoire, voit qu’une situation désespérée peut totalement changer dés lors que les hommes et les femmes s’ouvrent à la Parole de Dieu et la transmettent aux autres.

Regardons de plus près.

Qui détient la clé de cette histoire ?

Non pas un roi. Non pas un général. Non pas les grands de ce monde qui décident du sort des milliers d’autres.

Ce n’est même pas un prophète, un homme de Dieu, qui détient la clé de l’histoire, mais une esclave juive. Une jeune femme, déportée loin de son pays, réduite à la servitude à vie, quelqu’un qui ne compte pas du tout dans ce monde. Une des tout petits, sans famille, sans biens, sans avenir, cloué à la résidence de son maître.

Mais elle n’a pas oublié la religion de ses parents. Elle n’a pas oublié l’Éternel. Elle sait que le Dieu de son peuple est vivant. Elle sait qu’il peut faire ce qu’aucune divinité de la Syrie n’est capable de faire. Dans son cœur, la flamme de la foi brille encore.

Etait-elle timide ? Craintive ? Nous ne le savons pas.

Mais ce que nous savons, c’est que tous les changements dans notre histoire commencent quand cette jeune fille prend le courage de parler du Dieu unique, le Créateur du monde. Une simple parole : si mon seigneur va vers tel prophète dans mon pays, et qu’il prie le Dieu de mon peuple, il trouvera la guérison (v. 2-9).

Pour insignifiant que l’on puisse se sentir, on peut, par un témoignage simple et sincère, déclencher de grandes choses dans le royaume de Dieu.

Peu importe notre statut social, nos capacités, nos expériences, nous pouvons tous être un instrument entre les mains de Dieu pour que son œuvre avance. Pour que quelqu’un soit guéri et trouve le salut.

C’est la première leçon que nous apprend cette histoire. Il y a un énorme potentiel dans notre manière de vivre notre foi. Entre les mains de Dieu, notre témoignage peut porter des fruits bien au-delà de ce que nous imaginons. Porteurs de la Parole de Dieu, de quelle manière que ce soit, nous devenons des instruments entre ses mains pour changer la vie des autres.

Comme dans l’Église primitive

L’histoire de cette jeune fille et tout ce qu’elle a déclenché par ses quelques paroles qui témoignaient de sa foi, fait penser à l’Église primitive. Pendant les trois premiers siècles de son existence, elle a connu une croissance extraordinaire, partout dans le Moyen Orient et dans les régions autour de la Méditerranée. Sans aucune action d’évangélisation, et malgré toutes les oppressions et toutes les discriminations dont les chrétiens faisaient l’objet. Le jour de Pentecôte, quand le Saint Esprit est descendu, ils n’étaient que cent-vingt fidèles. Quelques siècles plus tard, plus de dix pour cent de la population du grand Empire Romain était gagné pour la foi. Dans certaines régions même plus de vingt pour cent !

La clé de cette histoire étonnante ?

Les spécialistes nous disent que le facteur de loin le plus important était le témoignage des esclaves, devenus disciples de Jésus. C’est parmi ces pauvres que l’Évangile trouvait bon accueil. Ces hommes et ces femmes ont changé leur style de vie, devenant fidèles et fiables, et ils ont parlé de leur foi à leurs maîtres. Ils priaient pour eux.

Ainsi sont-ils devenus des instruments de changement.

Interpellées par le témoignage de leurs esclaves, des maîtresses sont ensuite venues à la foi, elles aussi. Par conséquent, elles ont changé leur mode de vie, consacrant leurs biens à de bonnes œuvres, et refusant le lit aux hommes qui les réclamaient. Certains hommes dans leur entourage – des sénateurs, des magistrats, des généraux, et compagnie – se mettaient en colère et persécutaient les chrétiens. D’autres ouvraient leur cœur à la parole de Dieu, transmise par leurs esclaves et leurs concubines.

Tout au long de l’histoire de l’Église, on voit le même schéma se répéter.

Et de deux… Elisée

Porteurs de la parole de Dieu, instruments de guérison.

A commencer par une esclave juive dans la capitale de la Syrie.

Puis, le prophète Elisée prend la relève. Lui aussi va parler de Dieu, et il fait comprendre ce ne sont pas ses mains qui vont guérir le malade. Non pas des actes magiques ou rituels (v. 11), ni des dispositifs importants (v. 12).

Le prophète n’est pas un guérisseur, mais tout simplement un porte-parole de Dieu, qui seul peut nous guérir des maladies de notre cœur.

Au final, le sort du général malade va dépendre de ce qu’il obéisse ou non, à la Parole de Dieu, communiquée par le prophète. C’est cela qui donnera la guérison (v. 10).

En fait, il doit se plonger dans l’eau – signe de purification, non seulement du corps mais aussi, et surtout de l’âme.

Nous avons ici une image du baptême !

Elisée transmet la parole, et le général finit par y obéir.

Et de trois… le général converti

Porteurs de la parole de Dieu, instruments de guérison.

A commencer par une esclave juive dans la capitale de la Syrie.

Et de deux : le prophète Elisée

Et de trois : le général syrien. Venu lépreux, il repart en bonne santé.

Mais plus important encore que sa guérison corporelle, est sa guérison spirituelle.

Il va désormais servir le Dieu d’Israël, le seul Dieu (v. 17-19).

Chose étonnante : il demande et obtient l’autorisation de continuer à servir son roi lors du culte officiel dans le temple royal. Mais son cœur est désormais acquis au Dieu d’Israël.

Le voilà, porteur de la Parole de Dieu à la cour du roi, au milieu des prêtres de la religion païenne. Tandis que tous fléchissent leurs genoux devant des statues des divinités de tout genre, il prie le Dieu unique. Comme un Daniel à la cour de la Babylone, comme un Joseph à la cour d’Egypte. Mais cette fois-ci, ce n’est pas un Juif mais un païen converti.

C’est possible, vivre dans une société corrompue, faire partie d’un système politique injuste.  C’est là que nous allons témoigner du message de l’Éternel, en paroles et en actes.

Il faut que le message soit transmis. Nous sommes porteurs du message du Christ. Nous avons le privilège de le communiquer aux autres, afin qu’ils soient touchés et trouvent, eux aussi, la guérison intérieure.

Nous ne savons pas quel a été le fruit du témoignage du général converti. La Bible ne nous le dit pas.

Mais nous savons que plus tard, il y avait de nombreux païens dans ce pays qui se sont associés aux Juifs dans leurs synagogues.

Et c’est dans ce même pays que l’Évangile de Jésus a trouvé bon accueil dans la population juive et non-juive.

Saul, lui aussi, y a trouvé le salut – plus précisément sur le même chemin qu’a emprunté le général de notre histoire !

Guérison spirituelle

Je disais : Porteurs de la parole de Dieu, nous devenons, par notre simple témoignage, des instruments de guérison.

Ce terme est à prendre au sens plus large. En hébreu et en grec, les langues de la Bible, guérison veut aussi dire salut, rétablissement spirituel.

Le véritable miracle dans l’histoire est la conversion du général. Voilà la finalité de tout miracle de guérison que le Seigneur nous accorde ! Parfois le Seigneur guérit quelqu’un physiquement, mais cela n’arrive pas systématiquement. C’est toujours une grâce. Et un signe de quelque chose de plus important.

L’enjeu principal n’est pas simplement une bonne santé, mais une relation saine avec le Seigneur d’abord, puis avec les hommes et les femmes qui jalonnent notre chemin.

Guérison sociale

Plus encore, il se produit une guérison sociale. La Parole de Dieu est capable de rapprocher des personnes de différentes cultures, ethnies, langues et classes sociales.

Un chef de guerre, ennemi déclaré d’Israël, rencontre le prophète et trouve la guérison dans le pays qu’il a toujours combattu.

En obéissant à la Parole de Dieu il va être guéri de sa haine, de ses préjugés.

Et Israël découvre que Dieu prend soin des païens, même s’ils sont leurs ennemis.

Le message de Dieu porte en lui le germe d’une guérison, non seulement individuelle mais aussi sociale.

Si un prédicateur israélite va jusqu’à prendre soin d’un militaire syrien, un haut gradé dans l’armée ennemi, et que le dernier arrive à adorer le Dieu d’Israël, d’autres barrières sociales et culturelles deviennent surmontables.

C’est exactement dans ce sens que Jésus évoque cette histoire de guérison lorsqu’il annonçait la bonne nouvelle dans la synagogue de sa ville natale, Nazareth (Luc 4.27).

Cela fait penser…

…à nous, dans notre communauté. Dans nos églises, dans une société de plus en plus multiculturelle. Nous sommes d’origines et de cultures si diverses. Dans le Seigneur nous pouvons vivre une unité, sur fond de la fraternité qu’il a créée en Jésus-Christ, qui nous permet de surmonter les susceptibilités culturelles et sociales. C’est là un signe fort pour notre société où les gens ont du mal à s’accepter réciproquement. Vivre ensemble sur le sol français, ce n’est pas évident. Mais dans la famille de Dieu, cela devient une réelle possibilité. Dans la mesure où nous obéissons tous à la Parole de Dieu : « accueillez-vous réciproquement comme le Christ vous a accueillis » (Romains 15). Tout comme Élisée et le général se sont fait bon accueil réciproquement.

Cela fait penser également aux Israël et peuples arabes voisins au Proche Orient. Il arrive que des croyants juifs et arabes se retrouvent ensemble dans le désert pour se réconcilier et prier les uns pour les autres. Pour écouter ensemble la Parole de Dieu. Ainsi sont-ils guéris de la haine. Les Arabes vont accepter le plan de Dieu pour Israël, et la présence des Juifs parmi eux. Et les Juifs vont accepter que les Arabes ne soient pas des ennemis tout court mais des partenaires, des frères et sœurs en Christ.

Et cela fait penser, enfin, aux peuples arabes en pleine tourmente aujourd’hui. Aux chrétiens parmi eux, qui soupirent après plus de liberté. Au témoignage de celles et de ceux qui prient le Dieu d’Israël, le Père, et qui croient en son fils Jésus-Christ.

Leur témoignage est d’une importance capitale pour le devenir de leur pays.

Le Seigneur est le même, aujourd’hui comme dans le temps d’Elisée.

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